lundi 31 octobre 2005

Actuel

ACTUEL « première manière » était un mensuel qui paraissait au début des années 70. Surfant sur la vague contestataire de mai 68, ce journal « underground » au début devint rapidement le mensuel incontournable des contestataires de tous poils. On y lisait pour la première fois des mots comme « écologie », « freak », « communautarisme », « zonard », « psychédélisme » etc.
Mais ce canard nous faisait surtout découvrir des auteurs comme Jack Kerouac, Jerry Rubin, Richard Brautigan Alan Ginsberg ou Charles Bukowski.. Des BD aussi : Crumb, Masse, Shelton (freak brothers) et tant d’autres. Point de vue musique, c’était Soft machine, Frank Zappa, Velvet underground et les groupes allemand de musique « planante ». C’était un mensuel « fourre tout » ou le maoïsme fricotait avec la mescaline, le rock et les poètes beatniks. Il y avait chaque mois des dossiers sur l’avortement, le MLF, le porno, l’insoumission à l’armée, les différentes drogues, le théâtre alternatif, l’anti psychiatrie… bref LE mensuel de la contre culture et de la contestation à tout va ! La couverture présentée ici est celle du dernier numéro. Le seul d’ailleurs que j’ai gardé. En l’ouvrant maintenant je me rend compte combien les idées nouvelles (souvent fumeuses et incohérentes) foisonnaient. C’était un journal de découvertes mais nous le prenions sans doute trop au sérieux à l’époque. J’en garde quand même un sacré souvenir de cet ACTUEL qui nous esquintait les yeux avec sa typographie et sa mise en page étonnante, ses coquilles, lignes inversées et ses pages colorées souvent illisibles car les caractères étaient de la même couleur !

dimanche 30 octobre 2005

Les albums de photographies

Les livres de photographies ont une place à part dans ma bibliothèque et dans mon esprit. Il s’agit toujours de livres car une photo c’est aussi une histoire. Je ne suis pas un grand connaisseur en la matière mais, comme pour les romans ou essais, j’aime ou je peux détester « l’écriture » d’un photographe. Mes préférences vont aux clichés où apparaissent des personnages mais des paysages peuvent aussi relater une anecdote, parler à l’imaginaire. J’aime aussi qu’une photo soit « intemporelle » c'est-à-dire quand, sans, l’éventuelle légende, on ne puisse guère la dater. En fait j’apprécie qu’il y ait un certain mystère, une interrogation. Où se passe la scène ? De quand date le décor ? Que font ses gens ? Pourquoi l’artiste a-t-il ressentit le besoin de « prendre » ce moment au temps ? La photographie me fait rêver. Il est hors de question pour moi de parcourir « en vitesse » un album. Je prends mon temps. Il peut rester plusieurs jours, voir plusieurs semaines sur ma table de lecture. Bien sûr, je peux passer une heure sur une épreuve et ne consacrer que quelques minutes à une autre mais en général j’essaye d’attendre que l’œuvre me parle (ou pas). Un simple portrait peut être une source de rêveries infinie.
La partie technique de la chose m’importe peu. Mes rares essais dans la partie m’ont convaincue que ce n’est pas par hasard que l’on devient photographe. Il faut un don et, je crois, énormément de travail et d’expérience pour pouvoir réussir des clichés vraiment bons. (Encore une fois, je ne parle pas de la technique mais du « coup d’œil ». De la capacité à saisir l’instant ou l’angle idéal.)

J’ai quelques beaux recueils de photographies. Trop peu hélas. Je citerai : Robert Doisneau , Eugène Atget, Man Ray, Berenice Abbot, André Gamet, Willy Ronis, Jeanloup Sieff et quelques autres. Je conseillerais à tous d’acheter à chaque parution (environ deux fois par an) l’album qu’édite «Reporters sans frontières » consacré à chaque fois à un artiste différent.

samedi 29 octobre 2005

Bukowski, charles : Souvenirs d'un pas grand-chose. (Le Livre de Poche)

Bukowski n’a rien oublié : ni la violence, ni la douleur des premières années de sa vie. Il parle vrai et dur. Les coups reçus et donnés, les désespoirs d’un jeune homme laid qui n’a jamais la bonne « attitude », les mesquineries des petits débrouillards, la bouteille, la guerre qui se prépare et n’engloutira pas indistinctement tout le monde, tout cela est dit sans détour.
Le constat est effrayant, mais drôle : on sait rire aussi que diable ! La machine à durer en verra bien d’autres, c’est évident. Les outrances, ici, ne sont, après tout, que celles de la vie elle-même. Et puis l’émerveillement n’est jamais loin, même derrière le souvenir de jeunesse le plus cruel. Chez Bukowski, le cœur est tendre mais bien accroché. (L'éditeur)

Sans doute le seul livre de Charles Bukowski que je n’avais pas encore lu. Comme souvent, c’est un récit autobiographique. Jusqu’à quel point ? Comme souvent aussi nous ne le savons pas. Mais dans ce livre extrêmement touchant, on retrouve les obsessions de l’auteur : l’alcool (ce n’est ici que le début) et le cul. On y voit les peurs de « Hank », sa désinvolture feinte, ses colères rentrées, sa révolte permanente. Son enfance faite d’humiliations et de coups, la pauvreté et la bêtise de sa famille et de son entourage vont façonner la personnalité de Bukowski. On devine le futur ivrogne, poète et écrivain génial. Ce livre est fort, âpre et formidable. L’auteur n’était pas seulement un provocateur mais aussi un immense écrivain au style puissant et personnel.


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vendredi 28 octobre 2005

Gran, Iegor : Ipso facto. (J'ai Lu)

Ce n’est pas tous les jours que l’on perd son baccalauréat, on peut même dire que c’est un jour clé, comme le jour de la damnation, ce fameux jour où Adam croque la pomme. Moi ça m’est arrivé alors que j’étais casé à l’institut avec mes iguanodons à m’occuper, je venais d’avoir une promotion, dans la paume on m’avait mis le derrière de Nadine, ça me faisait des idées érotiques. Qui aurait cru que le malheur frapperait ce jour-là ? (L'éditeur)
« IPSO FACTO est un régal. Vous allez rire comme rarement, avec un premier roman loufoque, grinçant et formidablement écrit. »
Christian Sauvage : Le Journal du Dimanche.
« Un roman virevolté et survoltant. »
Eric Loret : Libération.
« Le bac, une formalité sans valeur ? Après la lecture de ce roman formidable, vous le ferez encadrer. »
Fabrice Gaignault : Elle.

Ce roman est un petit chef d’œuvre d’humour décalé. Il part d’un fait insignifiant (la perte d’un diplôme), et bascule très vite dans l’absurde d’un univers kafkaïen. Le livre est en fait une fable qui dénonce la nécessité d’obtenir une « peau d’âne » pour avoir sa place dans la société. Sans le bac, point de salut ! Une véritable réussite que ce bouquin. Attention cependant aux âmes prudes car la sexualité est toujours présente dans des situations parfois scabreuses (inceste). De ce même auteur j’ai lu aussi et apprécié (mais beaucoup moins) : ACNÉ FESTIVAL et O.N.G ! Deux livres au ton également grinçant et sous des dehors légers, très critiques et polémistes. Un livre à lire absolument.


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jeudi 27 octobre 2005

Vuillemin/Berroyer : Raoul Teigneux contre les druzes. (J'ai lu BD)

Santiags commak et cuir râpeux, c’est Raoul Teigneux.
Banane qui flambe et peigne crasseux, il a la haine, Raoul laTeigne.
Quand sa baigne pour Raoul la Teigne, il pleut des châtaignes !
Ceux qui s’en plaignent, ça le rend furieux, Raoul Teigneux.
Raoul la Teigne faut qu’ça saigne, c’est un hargneux, Raoul Teigneux.
Les jeunes, les vieux, y les casse à qui mieux mieux.
Raoul la Teigne, faut pas qu’ça craigne, il est odieux, Raoul Teigneux.
Y laisse crever sa daronne et crie « Maman » quand les vers sont dedans.
T’es pas cool Raoul !

La plus crade des BD crades jamais publiées. Un chef d’œuvre de mauvais goût indispensable dans sa BD thèque. Berroyer comme scénariste et Vuillemin comme dessinateur ont vraiment fait fort pour pondre cette réjouissante horreur. Vous connaissez, je pense, « LES SALES BLAGUES DE L’ÉCHO » de Vuillemin ? Et bien ce sont de délicates bluettes pour enfants sages à côté de cette géniale petite monstruosité ! Quand la laideur devient un art... Tout le monde a lu cette BD, sauf mon copain Wallace sur qui la honte n’a aucune prise mais à qui je donne une dernière chance d’échapper à mon mépris en l’achetant avant décembre. (Car ce n’est vraiment pas un achat de Noël !)


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mercredi 26 octobre 2005

Lansdale, Joe, R. : Tape-cul. (Gallimard/Série noire)

Hap Collins se sent vieux. Malgré son copain Léonard et sa fiancée Brett, il se sent grisonner, picole trop et voudrait bien trouver un autre job que videur au Black Lace Club de Laborde (Texas). Aussi, quand Brett lui demande un coup de main pour sortir sa fille, Tillie, des pattes de Big Jim Clemente, maître maquereau et seigneur de Hootie Hoot (Oklaoma), il embarque Leonard et les voilà partis… L’ennui, c’est que Big Jim Clemente a revendu Tillie aux Banditos Supremes, un gang de bikers tendance nazie dont le Q.G. est juste de l’autre côté de la frontière mexicaine… (L'éditeur)

Un bon petit roman que ce « TAPE-CUL ». De l’action (beaucoup), du cul (un peu) et de l’humour (suffisamment). On ne s’ennuie pas une seule seconde à la lecture de ce livre d’aventures et les nombreuses invraisemblances du récit ne gênent pas du tout tant le roman se lit (vit) à cent à l’heure. Ce n’est qu’une fois refermé le bouquin que l’on se rend compte de l’énormité et du rocambolesque des situations. Preuve donc que l’écriture est suffisamment prenante pour faire avaler cette histoire à dormir debout. Je suis prêt pour en lire un autre du même auteur.


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mardi 25 octobre 2005

Saumont, Annie : Aldo, mon ami et autres nouvelles. (GF Flammarion)

Alors là, je suis énervé ! J’avais dans mes rayons depuis un bon moment un petit bouquin d’Annie Saumont : ALDO, MON AMI. Hier, au moment de le lire, je m’aperçois qu’une bonne moitié des nouvelles de ce recueil étaient reprises d’autres livres de l’auteur et surtout, SURTOUT qu’il s’agissait d’une de ces éditions commentée et expliquée. Une horreur ! Toute les trois lignes, un renvoi en bas de page pour des éclaircissements débiles s’adressant sans doute à des demeurés. Du style :
- « gomina : produit qui fait briller les cheveux. »
- « dauphine : voiture très en vogue dans les années 60. »
- « embolie : obstruction d’un vaisseau sanguin. »
- « Cambrai : ville du département du nord (59). »
- « troufions : soldats (populaire). »
- « Candide : innocent, naïf. »
- « soutif : soutien-gorge (familier). »
Des centaines comme ça !
Je sais que j’aurais dû faire attention en achetant …la chose car il y a bien l’indication « présentation et dossier » sur la couverture, mais par contre, aucune mention de ce que ces nouvelles ont déjà été publiées. Je remarque aussi que ces bouquins qui pourraient décourager très vite un adolescent de la lecture se généralisent de plus en plus.
Bon ce livre va aller s’enterrer au plus profond de la plus éloignée de mes bibliothèques.
Par ailleurs, Annie Saumont est une très bonne nouvelliste et pour le lien Amazon, je vous suggérerai plutôt celui-ci : NOIR COMME D'HABITUDE qui est vraiment très bon.


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lundi 24 octobre 2005

Sternberg, Jacques : 188 contes à régler. (Folio)

Les extraterrestres ? Trop différents de nous pour qu’une quelconque communication soit possible, ou trop semblables à nous pour exciter notre curiosité.
Les planètes étrangères ? Piégées.
Les objets ? Suspects.
Le temps ? L’espace ? Sujets à d’étranges sautes d’humeur.
Les humains ? Pollueurs, prétentieux, belliqueux, avides de profits et de records, vulgaires, rongés par l’ennui, mortels dans tous les sens du terme.
Et Dieu dans tout ça ? Tranquillement sadique.
En 188 contes-gouttes, Jacques Sternberg décline ses haines et ses dégoûts sur le seul monde qui trouve grâce à ses yeux : l’absurde, l’humour noir, le sarcasme glacé. (L'éditeur)

Ces très courts récits sont autant de petites perles d’humour surréaliste. Humour certes, mais humour désespéré. Sternberg est un auteur qu’il faut lire avec modération. Son horreur de la vie, sa terreur de la mort transparaît à chaque ligne. Je suis un familier de l’œuvre de cet écrivain, ayant déjà lu : « LA SORTIE EST AU FOND DE L’ESPACE » et « ENTRE DEUX MONDES INCERTAINS » (romans) et « HISTOIRES À DORMIR SANS VOUS » (nouvelles). De plus j’ai dans mes réserves « HISTOIRES À MOURIR DE VOUS ». Des livres sans équivalent dans la littérature. Des livres à lire ou plutôt à déguster en prenant son temps. Il faut noter les superbes illustrations de Roland Topor.


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dimanche 23 octobre 2005

Zola, Émile : La Terre.

Il est terrible et quasiment impossible de choisir pour cette rubrique un des romans tirés des « Rougon-Macquart » d’Émile Zola. Donc, dans une « bibliothèque idéale » il devrait figurer les vingt volumes de cette œuvre. Le premier roman de cette série : « LA FORTUNE DES ROUGON » commence à paraître (en feuilleton comme beaucoup de romans à l’époque) en 1870. Le vingtième et dernier « LE DOCTEUR PASCAL » en 1893. Ils ont tous eu un impact énorme sur les lecteurs et, pour certains, choquèrent profondément l’esprit de l’époque. Certains comme « L’ASSOMMOIR » ou « LA TERRE » se virent même qualifiés de romans pornographiques. En fait cette chronique intitulée : » histoire naturelle et sociale d’une famille sous le second empire » décrivait dans un style âpre et dur comme le caractère des hommes de ce temps l’histoire de bourgeois mais surtout de petites gens, prolétaires, ou, comme dans « LA TERRE » de paysans. C’est une vision globale et très critique de sa société que décrit Zola dans ces romans. Amis des peintres impressionnistes, il leur consacre un ouvrage avec « L’ŒUVRE » La défaite de Sedan en 1870 lui inspire « LA DÉBÂCLE ». Bref c’est tout une période que l’auteur explore avec son écriture enlevée, sans rêverie ni poésie, toute en force et en description. On dirait que ces récits ont été écrits hier. D’une lecture très facile, chaque livre peut être lu séparément mais j’estime que l’ensemble cohérent des « Rougon-Macquart se doit de figurer en bonne place sur le rayonnage le plus en vue d’une bibliothèque.
Pour l’illustration et le lien Amazon, j’ai choisi de proposer « LA TERRE » qui est sans doute son roman qui a suscité le plus de polémiques mais qui est aussi une critique sociale terriblement lucide et honnête. Une lecture qui donne à la fois un plaisir exceptionnel de par la narration et le style de l’auteur, mais également de la fureur à découvrir les conditions de vie de ce siècle pourtant si proche.


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samedi 22 octobre 2005

quelques petits achats sans conséquence...

Hier, je suis passé dans la rue de tous les dangers. En effet, dans cette rue et presque face à face se trouvent deux magasins à hauts risques pour moi. D’un côté une librairie et de l’autre un marchand de bières. Il m’arrive de craquer pour les deux. Mais cette fois ce n’est qu’à la librairie que j’ai sacrifié mes euros. (En fait le deuxième magasin étant fermé, mon formidable effort de volonté était peut-être un peu factice).Mais je m’en suis tiré à bon compte. Juste quelques petits bouquins (et un beau stylo).
Un recueil de nouvelles d’Oscar Wilde. Ce sera avec plaisir que je retrouverai cet auteur.



Un bouquin de Hunter S. Thomson que je voulais lire depuis longtemps. Ce journaliste déjanté est l’auteur notamment de HELL’S ANGELS et de LA GRANDE CHASSE AUX REQUINS.



Un livre de Ivan Tourgueniev. (Si vous ne connaissez pas cet auteur, vous devriez avoir honte !



SERVICE CLIENTÈLE de Benoît Duteurtre. Je ne connais pas mais ce bouquin a l’air très drôle.



Un classique (1939) d’Erik Frank Russell que je n’ai pas lu. (J’ai honte).


Et enfin une bd de Reiser qui me fera, j’en suis sûr, passer un chouette moment.
Bonne journée et vive la lecture !

:danse:

vendredi 21 octobre 2005

O' Connor, Joseph : Á l'irlandaise (10/18)

« Un père, un père abattu, défait, seul, à bout de douleur. Sweeney.. Qui écrit à sa fille – Maeve-, dont on découvre qu’elle est enfermée dans le coma depuis que quelques petites frappes l’ont agressée, battue et plus encore. Au tribunal, le représentant en antennes paraboliques, Bill Sweeney, croupit dans sa douleur, avant de ruminer sa vengeance. Elle va le conduire bien plus loin que ce petit-bourgeois terne ne pouvait l’imaginer. Á travers des paroxysmes de violence – certaines scènes sont à la limite du soutenable- et des méditations sur la vie – la rencontre de la mère de Maeve, leur séparation, leurs retrouvailles, leur rupture pour cause d’alcoolisme, le procès des agresseurs, la traque du principal d’entre eux, la vengeance, etc.-, le journal de Sweeney est une formidable histoire humaine. Touchante, bouleversante même. Quasi-polar, Á L’IRLANDAISE est aussi une leçon de vie tout entière bâtie sur le pardon. Avec, aussi, quelques éclairs de génie. »
Christian Sauvage, Le Journal du Dimanche.

Un formidable, mais assez terrifiant, livre sur l’amour, la vengeance et surtout sur le pardon. Un récit qui tient en haleine de la première à la dernière page. Âmes sensibles s’abstenir. J’ai adoré ce livre tout à fait étonnant d’inspiration et d’originalité.

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jeudi 20 octobre 2005

Franquin : Toute son oeuvre

Dans toute bibliothèque actuelle, la BD trouve une part plus ou moins importante. En ce qui me concerne, sans être un fan, j’aime de temps à autres me plonger dans un album illustré. Mais si j’aime beaucoup les auteurs et dessinateurs contemporains (Édika, Bilal, Druillet, Lelong, Fred, Fmurr, Binet ou Wuillemin) je reste fidèle aux bandes dessinées de ma jeunesse (pour ne pas dire de mon enfance). Parmi celles-là, un auteur de détache. Il s’agit de Franquin. Merveilleux dessinateur, scénariste de talent, sous sa plume, la série des« Spirou et Fantasio » a connue les sommets. Pour l’illustration, j’avais le choix et c’est un peu par hasard que j’ai sélectionné la couverture de LE PRISONNIER DU BOUDDHA. Un grand album, drôle, poétique et passionnant. Après Franquin, la série, à quelques exceptions près, a vraiment baissé de niveau.
Mais n’oublions pas le célèbre et socialement incorrect Gaston Lagaffe. Monument de la contestation « soft » et, plus ignorés, les premiers « Modeste et Pompom », série publiée dans l’hebdomadaire Tintin et qui en délicieux petits gags d’une page représentait tout à fait l’atmosphère de la fin des années 50 et le début des années 60.
Toute l’œuvre de Franquin est empreinte de gentillesse, de poésie et de trouvailles toutes plus cocasses les unes que les autres. Á posséder, lire et relire en toutes occasions.


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mercredi 19 octobre 2005

Curval, Philippe : Rasta solitude. (Flammarion)

Dans un complexe touristique au Kenya, une force mystérieuse s'empare de l'esprit d'un vacancier pour former une entité qui s'agglomère à d'autres humains. Au même moment, sur la côte africaine, un vaisseau extraterrestre vient de s'échouer..
Lorsqu'un jeune architecte arrive à Heraklion pour vendre son projet visionnaire à des promoteurs, les héros mythologiques endormis, déjà irrités par le tourisme de masse qui ravage la Crète, se révoltent... Tandis que la terreur informatique règne sur les cinq continents, un nain artificiel et une adolescente à peine humaine vivent des amours bizarres sur les pentes du lac Baïkal.
En onze nouvelles écrites pour la plupart au cours de voyages, et puisant leur inspiration dans l'exotisme du lieu, Philippe Curval s'interroge sur la solitude de l'étranger en terre étrangère. Il y devient au choix un extraterrestre, un "rastaquouère" à force d'éprouver la réalité comme décalée. Celle-ci prend alors, naturellement, les couleurs de la science-fiction ou du fantastique.

Philippe Curval est l'un des inventeurs de la science-fiction en France. Ecrivain, photographe plasticien, découvreur de talents, critique au Magazine littéraire, il a à son actif plus de vingt-cinq romans et une centaine de nouvelles traduits dans une douzaine de pays.

Onze nouvelles donc. Franchement je ne suis pas enthousiasmé. L’écriture est plutôt bonne. Les récits sont assez originaux et la narration est bien menée mais je me suis un peu ennuyé à lire ce recueil. Une très bonne exception : LA VIE EST COURTE, LA NATURE HOSTILE ET L’HOMME RIDICULE. Splendide et étrange nouvelle.


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mardi 18 octobre 2005

Perret, Jacques : Le caporal épinglé. (Folio)

A Düren, au siège social du stalag qui nous prenait en consigne, je passais d’abord à la fouille. Tandis qu’un spécialiste épluchait mon portefeuille, un autre étudiait minutieusement mes habits, tâtait la veste, sa doublure et ses ourlets. Il m’obligea même à tomber le froc sur mes talons, ce qui m’infligeait une posture assez humiliante, mais je pensais surtout à la boussole et au billet de cinq marks dissimulés à tout hasard dans la voûte plantaire droite entre chaussette et peau.

Ce livre n’est pas un roman mais il y ressemble. Jacques Perret raconte ses souvenirs de captivité pendant la guerre de 39-45 et surtout de ses multiples tentatives d’évasions. Au-delà de l’histoire proprement dite, c’est le ton de la narration qui fait l’intérêt du récit. L’auteur raconte ses évasions et ses échecs sur un ton souvent cocasse. Le sujet ne prête pourtant guère au rire, mais Jacques Perret réussi à relater ses multiples avatars et mésaventures en gardant toujours une part d’ironie et même de moquerie sur son propre sort qui fait que ce bouquin, passionnant par ailleurs, est aussi une formidable leçon d’optimisme. Il y a certes des moments tragiques, des descriptions de camps de prisonniers guères réjouissantes mais les nombreuses anecdotes et le ton de l’ensemble du bouquin en font une lecture quasi jubilatoire. J’ai lu pour la première fois ce livre à l’âge de treize ans et je l’ai relu plusieurs fois depuis. Je vous recommande ce gros bouquin qui se lit d’une traite.


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lundi 17 octobre 2005

Baricco, Alessandro : Sans sang. (Folio)

« Dans la campagne, la vieille ferme de Mato Rujo demeurait aveugle, sculptée en noir contre la lumière du crépuscule. Seule tache dans le profil évidé de la plaine. Les quatre hommes arrivèrent dans une vieille Mercedes. La route était sèche et creusée – pauvre route de campagne. De la ferme, Manuel Roca les vit.
Il s’approcha de la fenêtre. D’abord il vit la colonne de poussière s’élever au-dessus de la ligne des maïs. Puis il entendit le bruit du moteur. Plus personne n’avait de voiture dans le coin. Manuel Roca le savait. Il vit la Mercedes apparaître au loin puis se perdre derrière une rangée de chênes. Ensuite il ne regarda plus.
Il revint vers la table et mis la main sur la tête de sa fille. Lève-toi, lui dit-il. Il prit une clé dans sa poche, la posa sur la table et fit un signe de tête à son fils. Tout de suite, dit son fils. C’étaient des enfants, deux enfants. »

C’est une petite déception que j’ai ressentie à la lecture de ce petit roman. Ce n’est pas franchement un mauvais livre mais par rapport à d’autres du même auteur comme OCÉAN MER, SOIE mais surtout CHÄTEAUX DE LA COLÈRE et NOVECENTO PIANISTE, il est assez quelconque. Une histoire de vengeance, bien écrite certes, mais assez banale. La première partie pourrait être celle de n’importe quel roman policier. La deuxième est plus originale et si elle avait été plus développée aurait sans doute remonté l’ensemble. Le bouquin n’est pas du tout mauvais et se lit sans déplaisir mais sans grande passion non plus. Je pense l’oublier assez vite.


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dimanche 16 octobre 2005

L'oeuvre de E.P. Jacobs

Bon alors aujourd’hui, pour meubler mon dimanche, je vais me taper la relecture de toute l’œuvre de E.P. Jacobs tout en feuilletant ce très beau et très bien fait bouquin : « LE MONDE DE EDGAR P. JACOBS. De Claude Le Gallo. C’est un bouquin admirable qui renferme des dessins, croquis, projets de couvertures et autres documents sur les créations de ce maître de la BD belge. Je vais donc relire les « Blake et Mortimer » bien sûr mais aussi une BD moins connue : LE RAYON » U »
Que celui qui n’a pas lu LA MARQUE JAUNE se précipite en vitesse chez son libraire. C’est sans doute la plus célèbre mais aussi la meilleure de l’auteur. Une lecture indispensable pour l’amateur de BD. Je vous engage à lire "L'avis des lecteurs" sur le lien Amazon. Manifestement je ne suis pas le seul à trouver que LA MARQUE JAUNE est un bouquin génial !



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samedi 15 octobre 2005

Daudet, Alphonse : Contes du lundi. (Le Livre de Poche / Classiques)

Parus en 1873, les CONTES DU LUNDI évoquent dans la première partie, « la fantaisie et l’Histoire », cette période de défaite et de bouleversements que fut la guerre de 1870. Fierté blessée, grandeur ou malice animent des textes devenus des classiques comme « Le porte-drapeau », « la dernière classe », « l’enfant espion ». L’humour noir ou rose, domine dans « Caprices et Souvenirs » de la seconde partie.
Simplicité, finesse, émotion, poésie, vérité du trait sont les qualités maîtresses de ce recueil qui, avec les LETTRES DE MON MOULIN, fait d’Alphonse Daudet un des plus célèbres écrivains du XIX° siècle. (L’éditeur)

D’Alphonse Daudet, j’hésitais entre LES LETTRES DE MON MOULIN et CONTES DU LUNDI pour cette rubrique. Les deux sont des grands livres. J’ai finalement opté pour celui-ci car il est peut-être un peu moins connu et pour une partie s’adresse peut-être plus aux adultes.
Il faut se remettre dans le contexte de l’époque (La défaite de 1870, la Commune) pour comprendre le désespoir et les rancoeurs qui accompagnent certains de ces récits. Mais la charge de drame, l’humour et le style finement subtil de l’écriture font de ce livre un formidable enchantement. Daudet ne mérite vraiment pas d’être classé dans les « livres pour enfants », et il faut redécouvrir les CONTES DU LUNDI, LE PETIT CHOSE et les LETTRES DE MON MOULIN. (Personnellement, je serais peut-être un peu plus réservé sur TARTARIN DE TARASCON.)



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vendredi 14 octobre 2005

Simenon, georges : Le crime du Malgracieux suivi de trois autres nouvelles. (Libretti)

« C’était arrivé le 6 décembre exactement.
Le 8, un locataire, garçon de café à Montparnasse, avait trouvé dans le jardin un chien crevé que des gamins avaient lancé par-dessus la haie. Il s’était mis à creuser la terre pour enterrer la charogne. Et sa stupeur avait été grande de mettre au jour des restes humains. Il avait prévenu la police. Depuis lors, chaque jour apportait une surprise. Et naturellement, Mme Smith allait de plus en plus mal. Elle recevait les enquêteurs sans desserrer les dents, mais en fixant sur eux un regard aigu, effilé comme un stylet. »
Tranches de vie souvent saignantes, saisies au vol puis découpées en fines lamelles dialoguées par l’impitoyable écrivain frappé de stupeur devant le destin des « petites gens » dont il se sent si proche, les nouvelles de Simenon nous ramènent à l’essentiel… (L’éditeur)

Quatre courtes nouvelles du grand écrivain liégeois. Plus que l’enquête, c’est l’ambiance noire et lourde qui compte ici. Une impitoyable description de la pauvreté et des « vices » qu’elle induit. Des nouvelles brèves mais tranchantes et achevées. Des textes parfaitement ciselés où le malheur à un air de main courante de poste de police.
Curieuse idée de réunir deux textes de 1930 avec deux autres de 1941. Mais l’ensemble parait pourtant cohérent. Et c’est toujours un plaisir de lire Simenon, écrivain totalement à part dans la littérature policière du XX° siècle.
Pas de lien Amazon car comme à son habitude, cette librairie en ligne ne daigne pas vendre de livres à moins de 3 €. C’est d’ailleurs parfaitement idiot car je ne vois pas qui serait près à payer des frais de port plus élevés que le prix de l’ouvrage. Par contre je suis sûr que beaucoup seraient tentés de rajouter quelques petits livres de ce type à une commande plus conséquente.

mercredi 12 octobre 2005

Mort de la Série noire

Je viens de lire dans Télérama.
Meurtre à la Série noire. Chez Gallimard, on parle de lifting, mais les amateurs ne s’y trompent pas. La Série noire est en train de vivre un enterrement de première classe. L’année de ses 60 ans. La collection de poche disparaît pour faire place à des romans policiers grand format, ce qui, par voie de conséquence, double son prix. Certes, les ventes s’érodaient et dépassaient rarement les 5000 exemplaires. Le public, qui fit le succès de la collection jaune et noir créée dans l’euphorie de l’après-guerre par Marcel Duhamel, la délaissait, et la concurrence d’autres maisons d’édition plus récentes se faisait de plus en plus sévère.
En 2001, Gallimard avait imposé un nouveau look à la série, en changeant sa typographie, en lui offrant quelques centimètres supplémentaires et une photo sur la couverture. Peine perdue. La menace était claire depuis le printemps dernier, quand son directeur, Patrick Raynal, émigra chez Fayard. En devenant chic et chère, la Série noire perd son identité et sa vocation initiale de collection populaire. On se croirait à La Samaritaine : on ferme rapidement et discrètement les locaux, on reclasse le personnel. Demain, les seuls à se réjouir seront les collectionneurs et les bouquinistes.
Christine Ferniot

Vraiment c'est dégueulasse, tout fout le camp ! Cette collection mythique éditait (et surtout rééditait) en général de très bons livres à un prix abordable (entre 8 et 15 € quand même). J’aimais sa présentation sobre qui donnait un bel effet à un rayon de bibliothèque. C’est dommage. Je viens de regarder ma réserve et il m’en reste six d’avance à lire.
:diable: :diable: :diable:

Dick, Philip, K. : Le voyage gelé. (Folio SF)

À bord d’un vaisseau spatial en route pour une lointaine planète-colonie, un passager émerge accidentellement de son hibernation : il devra passer seul avec lui-même les dix ans qui le séparent de sa destination.
Le « voyage » auquel convie ce recueil est également celui qu’accomplit Dick de 1958 à 1981. Un voyage durant lequel sa réflexion politique et morale s’enrichit de perspectives métaphysiques vertigineuses… Neuf nouvelles, neuf clés pour ouvrir les portes des univers divergents d’un auteur ayant inspiré quelques-uns des meilleurs films de science-fiction contemporains : BLADE RUNNER de Ridley Scott, MINORITY REPORT de Steven Spielberg ou encore PAYCHECK de John Woo. (L'éditeur)

J’avais un peu peur de ne pas aimer ce bouquin car en ce moment les rééditions de tous les fonds de tiroir de cet auteur pullulent. Mais non, ce sont de très bonnes nouvelles et l’on peut simplement reprocher la trop grande différence entre les dates de publication. (1958 à 1981). On voit bien que dès le début de sa carrière d’écrivain, Philip K. Dick décrivait déjà un univers inquiétant et paranoïaque. Les premières nouvelles sont encore loin de la réalité factice de son chef d’œuvre UBIK mais l’écriture est originale et inspirée. Bref, si les neuf nouvelles de ce bouquin ne sont pas toutes géniales, la lecture du bouquin dans son ensemble apporte beaucoup de plaisir.


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mardi 11 octobre 2005

Zweig, Stefan : La pitié dangereuse. (Grasset)

« Aujourd’hui encore, après de nombreuses années, quand je me rappelle de sang froid cet incident stupide, je suis obligé de me dire que j’étais tout à fait innocent. »
Au cours d’une soirée très viennoise, dans une ville de garnison entre Vienne et Budapest, le lieutenant Anton Hofmiller commet l’impair d’inviter à danser la fille de son hôte, Édith, qui est paralysée. Le lendemain, taraudé par la mauvaise conscience et cette pitié dangereuse, « à double tranchant », le soldat rend visite à Édith. Le surlendemain, il revient. Et le lendemain encore. Tant et si bien qu’Édith se croit aimée. Le malentendu s’installe et le malaise avec lui. (L'éditeur)

Ce magnifique roman se lit d’une traite. Au-delà de l’histoire bouleversante d’un amour impossible qui se termine en tragédie, ce livre est une fine description de la société austro-hongroise de l’époque, une analyse aboutie des sentiments et de la complexité de la nature humaine. (Comme d’habitude chez cet auteur). La qualité de l’écriture et la profondeur de cette œuvre psychologique fait de ce livre un beau et grand classique de la littérature du siècle dernier. Indispensable.


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lundi 10 octobre 2005

Senneville, Gérard de : 1900, journal d'un changement de siècle. (Editions de Fallois)

Pour écrire ce livre, Gérard de Senneville a lu dans l’ordre chronologique quatre journaux de l’époque (LE PETIT JOURNAL, LA PRESSE, LE FIGARO, L’AURORE) et une revue hebdomadaire (L’ILLUSTRATION), suivant ainsi les événements au jour le jour, mais à un siècle distance. Son livre n’est donc pas un livre d’histoire mais une chronique de l’actualité. L’année 1900 y apparaît telle qu’elle se présentait aux français vivant à cette époque et non telle qu’on nous l’a racontée depuis.
Il permet de vivre « comme si on y était » une année foisonnante. L’événement majeur est l’Exposition universelle, qui accueille plus de cinquante millions de visiteurs venus du monde entier. Mais elle ne fait pas oublier la rudesse des affrontements politiques (l’affaire Dreyfus est loin d’être close !), les procès spectaculaires et la multiplication des grèves : cochers, mineurs, blanchisseuses… Les français tremblent pour leurs compatriotes menacés d’être massacrés en chine par les féroces Boxers. Ils s’enthousiasment pour les Boers qui tiennent courageusement tête à l’armée britannique en Afrique du Sud.
Le livre reflète aussi ce qu’est la vie quotidienne des français durant une année marquée par l’inauguration de la première ligne du Métropolitain, le développement de l’automobilisme, l’utilisation croissante du téléphone et de l’électricité, mais aussi par son lot de tragiques faits divers : accidents, crimes, drames passionnels, agressions… Il y est également question de la mode, des réceptions mondaines, des pièces de théâtre à l’affiche, des courses de chevaux, des duels, bref de tout ce qui rend la vie parisienne sans pareille. (L’éditeur)
C’est vraiment une bonne idée que d’avoir fait vivre cette année symbolique au travers des quotidiens de l’époque. Tout y est. Semaine après semaine, jour après jour. Même la météo ! (Un ciel gris et pluvieux sur Paris pour le premier jour de l’année). Une sélection de petites annonces, les résultats sportifs, la rubrique des « chiens écrasés »… et bien sûr les grands événements. (Guerres, catastrophes, famines, etc…) Le tout commenté avec bonheur et pertinence. C’est un livre passionnant et d’une lecture très agréable. De plus, plusieurs pages de photographies font que l’on « vit » vraiment cette année 1900. Je vous le conseille.


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dimanche 9 octobre 2005

Le bonheur...

Aujourd'hui, c'est dimanche et il fait beau. Je bouquine depuis tôt ce matin et je bouquinerai jusque sans doute très tard ce soir. Un bon gros bouquin, les volets presque fermés, La sonnette et le téléphone débranchés, des sandwichs et du Perrier. (Quelques bières aussi quand même ). Bref une journée sans télé ni radio. Je suis totalement coupé du reste du monde. Le bonheur quoi...
Vive la lecture !
(Regardez cette mignonne petite BD. C'est exactement ce que je ressens en ce moment.)
:boing: :D

samedi 8 octobre 2005

Carroll, Lewis : Alice au pays des merveilles suivi de De l'autre côté du miroir. (Marabout)

Le célèbre « ALICE AU PAYS DES MERVEILLES » est un classique. Mais combien savent que si les enfants le lisent avec plaisir et rient des situations cocasses et absurdes, ce n’est pas un conte enfantin. Il dépeint certes la découverte d’un monde extérieur (très particulier) par une petite fille mais il est aussi une satire féroce et burlesque de la société contemporaine de l’écrivain. Il faut être adulte et connaître un peu l’histoire de cette période (l’ère victorienne) pour comprendre ce chef d’œuvre incontesté de l’absurde et du « nonsense ». C’est l’histoire d’un voyage extraordinaire et extravagant, et si l’illogisme (apparent) des situations parait établi, en le lisant sur un autre niveau et avec la connaissance de la société de l’époque, ce livre devient clair, limpide et « raisonnable » jusque dans ses délires les plus grands. Lewis Carroll (Charles Dodgson de son vrai nom) était mathématicien, photographe, poète, diacre, inventeur… et bien sûr écrivain. Un mélange improbable qui explique peut-être son œuvre étonnante et surréaliste avant l’heure. « ALICE AU PAYS DES MERVEILLES » ainsi que son étonnante suite « DE l’AUTRE CÔTÉ DU MIROIR » est une sorte de revanche de la poésie sur la logique. Les règles du jeu d’échec sont pourtant omniprésentes dans la deuxième partie. Un livre à clefs, totalement à part donc, et qu’il faut relire de toute urgence.
L'exemplaire que je possède est une édition de poche mais il est richement illustré par John Tenniel et avec une préface d'André Maurois de l'Académie Française.



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vendredi 7 octobre 2005

Brussolo, Serge : Brigades du chaos (Les). Tome 2. (Vauvenargues)

Une assez bonne surprise que ce tome deux ! Brussolo a redressé un peu la barre et ce bouquin est nettement plus lisible que le premier. Certes la « folie » de l’auteur qui souvent, dans d’autres livres, aligne trois idées nouvelles par page n’est pas retrouvée. Certes ce n’est pas du Grand Serge Brussolo et je ne conseillerai sûrement pas son achat, mais il faut reconnaître qu’on retrouve en partie l’ambiance et la démesure que l’auteur peut apporter dans ses bons moments. En tout cas, ce volume tranche par rapport au premier tome. Moins de blabla, plus d’action, plus d’intérêt (même si le postulat de base reste totalement ridicule) et si l’on fait abstraction du cadre de l’histoire (les planètes ne seraient que les crânes d’improbables extraterrestres morts il y a des milliards d’années et qui veulent revivre), le livre, axé sur l’aventure de « survivants » essayant d’échapper à des cataclysmes, est plutôt bien tourné.
J’ai encore un tas de « Brussolo » d’avance et j’espère qu’ils se révéleront quand même un peu plus captivants que celui-ci.



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jeudi 6 octobre 2005

Brussolo, Serge : Brigades du chaos (Les) Tome 1. (Vauvenargues)

Un psychopathe d’un genre particulier sévit à Los Angeles. Il enlève des jeunes femmes, mais, au lieu de les tuer, leur inflige d’étranges opérations chirurgicales qui, loin de mutiler ses victimes, leur confèrent des pouvoirs paranormaux.
Ce prédateur, fils d’un évangéliste fou, a en effet décidé de créer de ses mains une armée d’anges exterminateurs afin de purifier Los Angeles, la nouvelle Babylone, capitale de tous les péchés. Cette armée, taillée à la pointe du scalpel, se nommera : LA BRIGADE DU CHAOS.(L'éditeur)

Alors là, pas de pot. Moi qui voulait vous parler de Serge Brussolo, un auteur énervant mais fascinant. Un auteur de bons petits livres à l’ambiance extrêmement particulière. Un écrivain inégal certes mais souvent agréable à lire malgré sa difficulté a boucler des fins cohérentes à ces ouvrages. Paf ! Je tombe sur un de ses (assez nombreux) navets. Un bouquin que je qualifierais d’absolument nul. Dans ce livre mal foutu, décousu et même souvent grotesque, les invraisemblances pullulent. Les contradictions foisonnent. (L’histoire est sensée se dérouler en l’an 2025 à une époque ou les habitants se moquent totalement du passé à un point que les musées ferment et que les crédits alloués à la paléontologie et à l’histoire sont coupés. Cinquante pages plus loin il est écrit que la population voue un culte aux films, aux livres et à la mode de la fin du 19° et au début du 20° siècle). Ce bouquin sensé être un livre de terreur ferait sourire (ou plutôt bailler) un enfant de dix ans. Je le déconseille fortement. Pas de pot vraiment car ce n’est que le premier tome et je dois donc maintenant me farcir de deuxième !


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mercredi 5 octobre 2005

Gontcharov, Ivan : Oblomov. (Le Livre de Poche Biblio)

Oblomov ? D’abord un mythe littéraire aussi vivant et emblématique en Russie que Don Juan, Don Quichotte ou Faust pour le reste du monde. Et ce mythe a inspiré un néologisme : l’oblomovisme. Une manière d’être, de penser, d’imaginer et surtout de patienter. En un mot, une manière slave de vivre.
Oblomov, dans le moelleux de sa vieille robe de chambre orientale, est un propriétaire terrien. Un personnage qui laisse passer le temps. Parler de paresse serait trop simple. Oblomov se livre plutôt à une sorte de rêverie utopique et engourdissante. Alors il peut renouer avec les dorlotements de l’enfance. Proie facile, il est exploité, grugé, dépouillé par son entourage. Et sa fiancé Olga a bien du mérite à vouloir le sauver. En fait, Oblomov va tout perdre jusqu’à la santé. Mais dans une sorte de bonheur léthargique, d’humilité et d’accomplissement accepté du destin.
Publié en 1858, le roman de Gontcharov est l’un des plus grands romans de la littérature russe du XIX° siècle. Tour à tour émouvant, drôle, tendre, avec des moments de lyrisme teintés parfois d’érotisme. « Une œuvre capitale », disait Tolstoï. « Servie par un talent éblouissant » ajoutait Dostoïevski. (L’éditeur).

Quels bons moments de lecture ce roman m’a fait passer ! Cela faisait un sacré bout de temps que je voulais le bouquiner. Je l’avais acheté il y a trois ans environ et il y a quelques mois en relisant « Le Maître et Margueritte » de Mikhaïl Boulgakov (un autre chef d’œuvre de la littérature russe) j’ai collé ce livre dans mes priorités de lecture. C’est une œuvre indispensable. Un pur moment de bonheur, un très grand livre.
Au fil des pages, on arrive à aimer de plus en plus le personnage d’Oblomov, cet homme qui, par bien des côtés, a gardé une grande part d’enfance en lui. Oblomov n’est pas paresseux, il n’a simplement pas envie d’action. Il ne s’ennuie pas, il veut simplement la paix. Il se crée son propre monde intime, bien chaud, protégé le plus possible des malheurs (mais aussi des bonheurs) du reste de l’humanité. Grâce à une écriture magnifique, Ivan Gontcharov nous décrit le lent repli d’Oblomov, ce cœur pur, sur lui-même. Oblomov a simplement décidé de se retrancher du monde, de vivre, petitement, sans histoires, perdu dans ses songes, dans ses longues réflexions, au point de refuser l’amour et l’amitié. Jamais ennuyeux, passionnant même, ce beau et gros roman psychologique me conforte dans mon goût pour les auteurs russes.



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mardi 4 octobre 2005

Le Larousse et Le Robert

Je ne sais pas en ce qui vous concerne, mais moi j’adore les dictionnaires. Le petit Larousse bien sûr mais aussi le Robert qui lui est complémentaire.

Je les aime ces gros bouquins car il suffit de les ouvrir au hasard pour dégotter des perles.
cristophine n.f. Antilles (voir chayote) Chayote (ou chaïote) n.f. AGRIC plante grimpante originaire du Mexique, cultivée en Europe pour son fruit charnu en forme de grosse poire rugueuse ; ce fruit. GENRE Sechium. Famille des cucurbitacées.
soleret n.m. (anc. Fr. soler, soulier). Partie de l’armure qui protégeait le pied.
biotite n.f. (de Biot, n.mpr.). MINERALOG. Mica noir, parfois abondant dans certaines roches magmatiques et métamorphiques.
C’est inépuisable et je ne m’ennuie jamais en ouvrant un dico. Bien sûr je ne parle pas des dictionnaires de travail (allemand, étymologique (quoi que celui-là soit sympa), synonymes, informatique, histoire etc…) Je me demande seulement comment les rédacteurs ne font pas d’erreurs : (passer de rafiot à rafistoler en omettant rafistolage par exemple). Allez, un dernier pour la route. :-)
zire n.f. Acadie. Faire zire : causer de la répugnance ; dégoûter.



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lundi 3 octobre 2005

Marc-Aurèle : Pensées pour moi même. (Flammarion, Le Livre de Poche et Gallimard)

Je vais parler aujourd’hui d’un monument de la philosophie romaine. Les PENSÉES POUR MOI-MÊME de Marc Aurèle. « L’empereur philosophe » comme beaucoup le surnomme écrivit ce livre (ou plutôt ces cahiers) sans l’intention de le communiquer. Ce qu’il y a de remarquable dans cet œuvre, ce n’est pas tant l’originalité de son contenu que la clarté et le raisonnement de celui-ci. Dès son plus jeune âge, Marc Aurèle fût un disciple de cette branche de philosophie qu’est le stoïcisme. Pour les stoïciens, la philosophie comprenait trois parties.
- La physique.
- La logique.
- L’éthique.
Il est clair que pour Marc-aurèle s’intéressa en priorité à la sagesse. Son recueil de pensées est, en cela, un exemple. De plus, ce philosophe est un des rares qui appliquait à lui-même ses principes. Dans ce livre, revient souvent les notions de liberté. (Sur le jugement, le choix et la personne). En cela il est très moderne. Il est émouvant de lire aujourd’hui ce livre écrit par un empereur accablé par des charges terribles, obligé, pour des raisons d’états mais contre ses principes, de faire des guerres. Ces aphorismes resteront sans doute comme un des grands moments de cette philosophie. Ils se lisent sans peine et avec grand plaisir. Je possède trois traductions différentes de cet ouvrage.
- Marc Aurèle : Pensées pour moi-même suivies du manuel d’Épictète (GF FLAMMARION)
- Marc Aurèle : Soliloques (LE LIVRE DE POCHE / CLASSIQUES)
- Marc Aurèle : Pensées (in Les stoïciens tome 2 TEL / GALLIMARD)
Je conseillerai plutôt le premier livre (suivi du très bon MANUEL d’ÉPICTÈTE) ou, pour ceux qui veulent aller en profondeur dans cette philosophie, les deux tomes : LES STOÏCIENS qui sont une somme irremplaçable. Les traductions sont différentes pour les trois ouvrages et comme je ne peux juger de leur pertinence, l’idéal est bien de lire les trois ! ;-) Voici un exemple de ses différences. (Livre VII : pensée XXXII.) Dans l’ordre, Le « Flammarion », « Le Livre de Poche »et le tome deux du « Gallimard ».
- Sur la mort : C’est une dispersion, s’il n’y a que des atomes. Mais, s’il y a retour à l’unité, c’est une extinction ou une émigration. (Flammarion)
- Sur la mort. S’il n’y a que des atomes, elle n’est qu’une dispersion. Si le monde est un tout uni, elle n’est qu’une extinction ou un déplacement. (Le Livre de poche)
- Sur la mort : une dissipation, si ce sont des atomes ; une extinction ou un déplacement s’il y a un principe d’union. (Gallimard)
Quelle que soit la traduction, c’est un très bel exemple de philosophie, antique certes, mais toujours d’actualité. Un livre admirable à lire absolument.



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samedi 1 octobre 2005

Poe, Edgar, Allan : Oeuvres en prose. (Gallimard / Bibliothèque de la Pléiade)


- Dédicace à Maria Clemm (par Charles Baudelaire)
- Histoires extraordinaires
- Nouvelles histoires extraordinaires
- Les aventures d’Arthur Gordon Pym
- Euréka
- Histoires grotesques et sérieuses
- Notices de Baudelaire

En un seul volume, toutes les nouvelles et récits de ce « monstre » de la littérature américaine : Edgar Allan Poe. Comment qualifier cet écrivain ? Un monument bien sûr. Qui n’a pas lu « Le chat noir » ou «Le puits et le pendule » ou encore « La barrique d’Amontillado » ne sait pas ce qu’est une nouvelle de suspense. L’art de l’écriture au service du fantastique et de l’inquiétant dans une ambiance extraordinairement morbide. Des effets quasiment cinématographiques pour des récits fascinants. Une modernité de style assez incroyable pour des livres écrits entre 1856 et 1865. Vous avez compris, je pense, que je vénère cet auteur. Au point de m’avoir acheté ses œuvres dans l’édition assez onéreuse de la bibliothèque de la pléiade. Ce livre comporte énormément de notes et variantes (brouillons et ratures de Poe) qui sont indispensables pour un passionné de l’écrivain. La traduction de Charles Baudelaire ajoute (intellectuellement) au plaisir de la lecture. J’adore E.A. Poe. (Le lien vers Amazon vous emmène vers cette luxueuse édition mais toute l’œuvre existe aussi (heureusement) en édition de poche.)


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