mercredi 31 mai 2006
Noblet, André : Révérence gardée. (Éditions Saint-Germain Des Prés)
OBLIGÉ
Prendre congé de moi, je ne peux,
Jour et nuit, je me retrouve,
Sans pouvoir réprimer ce besoin impérieux
Qui sans cesse m’éprouve.
C’est dire combien je souhaiterais être seul,
Loin de ces pensées qui sans fin m’assaillent
Et qui parfois, sans suite, comme des éteules,
Bien trop souvent, en moi, ferraillent.
Donc à moins d’ignorer ce problème,
En rejetant ce que je suis,
Vivre m’oblige à rester moi-même
Pour honorer ce qui est Écrit.
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AU-DELÀ DU TEMPS
Dans un monde glacé, sans repères,
Toute vie est absente,
En ce cruel vide polaire
Où s’épuise l’attente.
Des morsures du temps,
Les jours engourdis s’étirent
Jusqu’à ce que vienne un moment
Où, en eux-mêmes, ils expirent.
Car en ce lieu, point d’alternance
Des jours et des nuits,
Seul le sens des saisons balance
Dans le cours de ceux-ci.
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D’UN TEMPS ÉCONOME
Dans la fuite du temps, que mon esprit ne s’égare,
Si je ne veux pas qu’en moi s’immolent les jours,
Que leurs cendres froides s’offrent à mon regard,
Sous le ciel des tropiques aux nuages lourds.
Là , en ce paysage de rêve, comme une drogue,
Sous le charme envoûtant des îles,
Le passé ne serait que l’épilogue
D’un temps, d’un présent, d’un présent sans profil.
Dans cet état second, comment pourrais-je vivre ?
Donner au temps ce qui lui revient,
Quand, seul à ma table de travail, je peux poursuivre,
Tous les possibles, aussi bien.
De belles réflexions poétiques sur le problème du temps.
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Par Fantasio, mercredi 31 mai 2006 à 00:00 :: Mes lectures