samedi 30 septembre 2006

Kill Bill 1 & 2.

Au cours d'une cérémonie de mariage en plein désert, un commando fait irruption dans la chapelle et tire sur les convives. Laissée pour morte, la Mariée enceinte retrouve ses esprits après un coma de quatre ans. Celle qui a auparavant exercé les fonctions de tueuse à gages au sein du Détachement International des Vipères Assassines n'a alors plus qu'une seule idée en tête : venger la mort de ses proches en éliminant tous les membres de l'organisation criminelle, dont leur chef Bill qu'elle se réserve pour la fin…

Mon jeune pote Juju me tannait depuis longtemps pour que j'achète et regarde ces deux DVD. J'espère qu'il me laissera en paix maintenant que je lui ai obéi...
:yaka:
Un film en deux parties et plusieurs chapitres bien définis et signalés à l’écran.
L’histoire proprement dite est assez banale (une vengeance) mais le traitement du sujet ne l’est pas, lui. Tarantino s’en ai donné à cœur joie et ce film représente surtout le joyeux délire du cinéaste. Rien ne nous sera épargné, pour notre plus grand plaisir. Le film entremêle toutes les références du cinéma populaire (westerns, films d’arts martiaux, thrillers, animations …) C’est un condensé de tous les clichés des films d’action et il n’y a strictement aucune tentative mais surtout aucun désir de crédibilité ou de vraisemblance quelconque. Tout est flamboyant dans cette œuvre. Les combats au sabre bénéficient d’une superbe chorégraphie et les geysers de sang et autres membres coupés sont totalement réjouissants sans être effrayants. (Seul une scène ou un œil est arraché et écrasé sous le talon, dans la deuxième partie, est un peu « gore ».) On passe de la couleur au noir et blanc, du réel à l’animation et ceci sans aucune espèce de transition. Ce diable de Tarantino se permet même, sans aucune raison valable d’éteindre la lumière pendant un combat et ceci pour bénéficier de magnifiques ombres chinoises. L’humour est omniprésent et la musique variée, souvent décalée avec les situations mais toujours très bonne. Des « flash back » à foison permettent de divulguer, petit à petit des indications et de donner des pistes sur le sens du film. L’intrigue est simple certes mais bien amenée et n’est souvent qu’un prétexte à de fréquents clins d’œil au cinéma populaire. L’action est omniprésente dans la première partie. Dans la deuxième une place plus importante est réservée à la réflexion et aux explications, au point même parfois de générer quelques (petites) longueurs et de faire chuter un peu le rythme du film.
Mais l’ensemble donne une œuvre totalement divertissante et je qualifierai même ce film d’un mot que je n’aime pas trop habituellement mais qui est tout à fait adapté : jubilatoire !
Si il n’est peut-être pas du niveau de PULP FICTION (que je ne tarderai pas à revoir d’ailleurs), c’est un très bon moment de divertissement pur. Tous les acteurs sont formidables (à commencer par l’actrice principale : Uma Thurman) et on peut affirmer que Tarantino a tout compris de l’art populaire.
Si vous n’avez pas encore vu ce film, précipitez vous sur les deux DVD. Vous ne le regretterez pas.

:boing:


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jeudi 28 septembre 2006

Cadmos : Revue culturelle et scientifique. N° 9

CADMOS est une revue culturelle et scientifique. Chaque numéro est consacré à un sujet. Particulier. Le numéro 9 présenté ici a pour thème, L’identité. Et cela n’empêche nullement la variété.
Jugez-en plutôt avec le sommaire…


ÉDITORIAL

HISTOIRE / POLITIQUE

- L’Europe fille de la Grèce ? De Gérard Nissim Amzallag.
- L’identité européenne ou la construction progressive d’une puissance à part. De Jean-Louis Georget.
- L’identité peule : objet singulier, réalité complexe. De Yacouba Barry.

SCIENCES / PHILOSOPHIE

- L’intégrité comme identité. De Sylvie Pouteau.
- Identité et organisation autistique de la personnalité. D’Alain Gillis.
- La personne : une identité d’exil. D’Emmanuel Housset.

ART / LITTÉRATURE

- Sculptures en fonte d’aluminium. D’Hubert Pauget.
- « Toutétil » Chuchotis insulaires. De Serge Meitinger.
- Le plus vivant des effacements… De Bernard Vargaftig.
- De Clara Wieck à Clara Schumann. De Shirley Prunier-Dollé.

NOTES DE LECTURE.

J’aime énormément cette revue qui apporte beaucoup à la réflexion. J’ai beaucoup apprécié, entre autres, le texte de Shirley Prunier-Dollé sur la rencontre de Clara Wieck avec le futur compositeur Robert Schumann. Ce texte est admirablement écrit.
Les poésies de Bernard Vargaftig sont très belles aussi.
L’article d’Alain Gillis est vraiment fort intéressant.
Le seul petit regret est la présentation de sculptures sans aucun commentaire ni texte de présentation d’aucune sorte.
CADMOS est une revue exigeante mais passionnante dont je ne rate aucun numéro.

mardi 26 septembre 2006

Lambert, Jean-Clarence : Octavio Paz : le feu des mots. (Esperluète éditions)

Les textes ici réunis disent l'amitié de deux hommes : le mexicain Octavio Paz, prix Nobel de littérature en 1990, et celui qui fut son premier traducteur français, le poète et critique d'art Jean-Clarence Lambert.
Entre poésie et témoignage, ce livre révèle par son assemblage la force et la richesse de cette rencontre. Une amitié que " la mort même d'Octavio Paz ne saurait interrompre ". ‘L’éditeur)

Très curieux petit livre ! En tête du volume, un poème de Jean-Clarence Lambert : LE FEU DES MOTS écrit à la mort d’Octavio Paz et dédié à celui-ci. Ensuite, des souvenirs, des considérations diverses, des témoignages, des correspondances se succèdent, tous consacrés à la relation amicale des deux hommes. Quelques photos illustrent le bouquin. La dernière partie est consacrée à quelques poèmes d’Octavio Paz. Même si je ne suis pas franchement fanatique de ces poésies, l’ensemble donne un petit livre curieux et sympathique qui se lit plaisamment.
Une poésie d’Octavio Paz que je trouve très belle :


PAUSE
A la mémoire de Pierre Reverdy

Soudain
Quelques oiseaux
Et une idée noire.

Rumeur d’arbres
Rumeur de trains et de moteurs :
L’instant vient ou s’en va.

Le silence du soleil
Transperce rires et plaintes
Plante sa pointe
Jusqu’au cri de pierre des pierres.

Cœur-soleil, pierre qui bat
Pierre de sang devenue fruit
Les blessures s’ouvrent sans souffrance :
Comme la vie coule ma vie.


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dimanche 24 septembre 2006

Boyll, Randall : Monssstre. (Pocket)

Un monstre peut en cacher un autre…
Comme vous, Arnold White, dix ans, est un fan des romans de terreur. Mais il sait que la réalité peut-être bien plus effrayante. En fait, sa vie est peuplée de monstres.
D’abord il y a son beau-père, alcoolique, qui, dans ses crises de rage, l’a envoyé plus d’une fois à l’hôpital. Et puis, il y a ce fou avec son rasoir qui menace de le tuer pour lui arracher ses secrets.
Et, maintenant, il y a le monstre enterré dans la vieille ferme des Parker : une momie qu’Arnold a bêtement ramenée à la vie. Lui qui croyait tout connaître de l’horreur va s’apercevoir qu’il a encore beaucoup à apprendre. (L’éditeur)

Ce roman se dévore littéralement. L’écriture fait irrésistiblement penser à Stephen King (auquel l’auteur fait d’ailleurs de fréquentes allusions) et le récit et vraiment prenant. Au départ, l’histoire de cet enfant martyr peut serrer le cœur mais très vite, l’outrance même des sévices, la caricature des caractères des personnages (tous, dans ce bouquin sont affreusement méchants, alcooliques, lâches ou le plus souvent les trois en même temps) et les excès en tout genre font que l’on a plus à faire à une parodie qu’à un livre de terreur proprement dit. Le shérif du patelin dans lequel se déroule le roman est un modèle de stupidité et quand à Arnold, le gamin héros du livre, son courage est surhumain. Essayez voir de creuser un trou toute une nuit et la plus grande partie d’une journée avec un bras dans le plâtre, une fracture du crâne, un tympan crevé, une déchirure interne de l’estomac et une dizaine de dents cassées et on en reparlera. Plus tard, le même Arnold délassera ses baskets et les ôtera alors que ses deux jambes venaient d’être brisées.)
Beaucoup d’invraisemblances donc et une fin un peu bâclée. Et pourtant, comme je l’affirme au début de ce billet, on ne peut se détacher de ce livre avant la dernière page tournée. Le rythme effréné de l’histoire y est pour beaucoup et, surtout dans la deuxième partie, l’humour est omniprésent. (Ah cette balade à dos de momie !)
Un livre excitant donc qui malgré quelques faiblesses dans l’intrigue se lit d’une traite.



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vendredi 22 septembre 2006

La semaine de Suzette. (9 janvier 1930)

Aujourd’hui, je vous présente un exemplaire d’une revue qui a eue un succès incroyable dans la France du début du siècle. Il s’agit de LA SEMAINE DE SUZETTE. Créé en 1905, ce petit journal qui s’adressait aux jeunes filles de 8 à 14 ans présentait des récits illustrés, des romans-feuilletons, des jeux, contes et autres recettes de cuisine. Le tout enrobé dans une morale religieuse très accentuée. En fait l’hebdomadaire (paraissant le jeudi) véhiculait une certaine idée de la bonne éducation nécessaire à la petite fille qui devait se préparer à devenir une bonne épouse, bonne croyante et bonne française.
Le journal est bourré de conseils de morale, charité et d’éducation religieuse orientés vers un royalisme tout à fait évident.
Après la seconde guerre mondiale, les ventes déclinèrent fortement jusqu'à la disparition du titre en 1960. Il faut noter que l’énorme réussite du magazine tenait aussi à la présence de BÉCASSINE, célèbre BD présente sur deux pages de la revue.
L’exemplaire présenté ici date du 9 janvier 1930. On peut remarquer le prix assez élevé pour l’époque de 35 centimes. Je remarque aussi que les gamines de l’époque avaient de bons yeux, les caractères de la typographie étant vraiment petits.
Merci à mon amie Lys la rouge pour m’avoir permit de lui piquer ce petit journal.







mercredi 20 septembre 2006

Little, Eddie : encore un jour au paradis. (Folio Policier)

Bobbie n'est qu'un môme lorsque Mel lui sauve la vie. Initié à des réalités que bien des adultes ignorent, le gamin va se former au métier de truand de haut vol, de ceux qui risquent beaucoup pour ramasser gros mais qui peuvent tout perdre sur une trahison, une erreur ou un hasard. La violence demeure. La marginalité reste. Bobbie, grièvement blessé, soigné à l'héroïne, découvre une autre forme de survie où l'amour trouve difficilement sa place. Bobbie le sait : demain ne sera peut-être pas un autre jour. Pourtant, comment ne pas l'espérer ?

Ancien criminel et toxicomane, Eddie Little a trouvé dans l'écriture une forme d'exorcisme et d'exutoire pour une vie saturée par les excès. Il aura publié dans la Série Noire Encore un jour au paradis et sa suite, Du plomb dans les ailes, qui resteront comme des monuments sans concession et totalement désespérés dédiés à l'une des faces cachées de l'Amérique. Rattrapé par ses démons, Eddie Little est mort en mai 2003 dans une chambre de motel à Los Angeles. (L'éditeur)

Ce paradis là ressemble fort à un enfer. Bobbie à quatorze ans est déjà un délinquant confirmé et hyper violent quand un « vrai » truand le prend sous son aile et le forme à sa façon pour en faire un voleur et un tueur de grande envergure. Bobbie, sa copine Rosie, Mel et son amie Syd vont littéralement plonger dans un univers de drogues, vols et violences en tout genre. Et bien sûr, quand, sous héroïne, alcool et amphétamines diverses on accumule casse sur casse, expéditions punitives et fêtes à tout casser, cela ne peut pas durer très longtemps !
Je ne dévoilerai pas le reste de l’histoire mais vous vous doutez bien que la désolation et la souffrance sont au rendez-vous.
Ce livre se lit d’une traite. Il est d’une violence extrême mais c’est aussi le récit poignant d’une descente aux enfers programmée. On est littéralement happé par cette course monstrueuse et on dévore littéralement le bouquin jusqu’à la dernière ligne. C’est formidablement bien écrit et on sent par certains détails qu’il y a sûrement une part autobiographique dans cette terrible histoire.
J’ai dans mon rayon « à lire » ce qui je crois est la suite : DU PLOMB DANS LES AILES et il ne restera pas bien longtemps à prendre la poussière.
Je ne peux que vous inciter à vous procurer ce bouquin « coup de poing » et à le lire de toute urgence. Je suis quasiment certain que vous ne le regretterez pas.



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lundi 18 septembre 2006

Siegfried Sassoon : Quest-ce que ça peut faire ? - poèmes 1914-1918. (L'Arbre)



J’ÉTAIS AVEC LES MORTS

J’étais avec les morts, si seul, immobile :
Dans l’aube grise, j’étais avec les morts.
Et mon cœur disait sans y croire :
« Tue ! Tue ! C’est ton devoir :
Soldat, le matin est rouge, soldat ! »

Un moment dans le crachin glacé j’ai regardé
Les corps tombés, la disgrâce chiffonnée de leurs formes…
« Je t’aimais bien, mon gars, et il pleut sur ton visage ;
Tes yeux se voilent et s’abîment comme la plaine. »

J’étais avec les morts… Morts ! Ils étaient morts !
Ma tête et mon cœur battaient une marche désespérée :
Et c’était le vent en rafales que les canons émoussaient
« En rangs ! » J’ai gueulé. « En rangs, pour ce qui vous est dû ! »


BUISSON D’AUBÉPINE

Il ne m’est pas grand-chose ce chemin
Où je vais tous les jours ;
Mais quand une averse est tombée,
Que les oiseaux chantent gaiement dans les haies,

Je sais que mon gars qui est en France
Avec de terribles choses à voir,
Donnerait la vue pour un seul coup d’œil
A notre buisson d’aubépine.

Il ne m’est pas grand-chose ce chemin
Où lui aimerait tant marcher :
Mais quand une averse est tombée,
Je pense ne plus pleurer
Avant d’avoir appris sa mort.


QU’EST-CE QUE ÇA FAIT ?

Qu’est-ce que ça fait ? – si tu perds tes jambes ?...
Car les gens seront toujours gentils.
Pas besoin de montrer que ça t’ennuie
Quand les autres reviennent de la chasse
Et s’empiffrent d’œufs et de muffins.

Qu’est-ce que ça fait ? – si tu perds la vue ?...
Il y a de si beaux boulots pour les aveugles.
Les gens seront toujours gentils,
Et toi, assis sur la terrasse, tu te souviendras
Et tu tourneras la tête vers la lumière.

Qu’est-ce que ça fait ? – ces rêves sortis du trou ?...
Tu peux boire, oublier, être heureux,
Et les gens n’iront pas dire que tu es fou :
Ils sauront, tu t’es battu pour ton pays,
Et nul n’en aura rien à faire.


LES SURVIVANTS

Nul doute qu’ils ne se remettent vite ; secoués
Epuisés, c’est pour ça qu’ils bafouillent sans suite.
Bien sûr qu’ils meurent d’envie de sortir à nouveau-
Ces gars aux visages de vieux, affolés, qui apprennent à marcher.
Ils oublieront bientôt leurs cauchemars, la terrible
Sujétion aux fantômes des copains morts,
Ces rêves qui suent le carnage – et alors ils seront fiers
De cette guerre glorieuse qui a brisé toute leur fierté…
Des hommes qui sont partis se battre, durs et gais ;
Des enfants, la haine aux yeux, détruits, ravagés.


Ce terrible et magnifique recueil de poèmes paraît, hélas, manifestement épuisé pour le moment.




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samedi 16 septembre 2006

King, Stephen : Colorado Kid (J'ai lu)

Pour deux vieux busards du journalisme tels que Dave Bowie et Vince Teague, la présence dans leur petit hebdomadaire local de la ravissante Stephanie McCann est un bain de jouvence. Et comment donner plus sûrement à l'exquise stagiaire l'envie de rester, si ce n'est en lui révélant l'insoluble énigme qui les tenaille et qu'ils gardent jalousement depuis vingt-cinq ans ?
Cet homme retrouvé sur une plage, mort dans des circonstances insolites et inexplicables, livrera-t-il son secret à la jeune fille happée par cette histoire ?

Stephen King. Universellement reconnu comme le grand maître de l'épouvante (Shining, Ça), de la S-F et de la fantasy (La Tour Sombre), il sait aussi se faire le critique virulent de la société libérale américaine (Marche ou crève) ou relever le défi du feuilleton (La ligne verte). Renouant avec la grande tradition du mystère policier, il rend ici un vibrant hommage à Raymond Chandler et à Agatha Christie. (L’éditeur)

Décidemment, en ce moment Stephen King devrait mettre un écriteau : « Silence je me repose ». CELLULAIRE était déjà un curieux bouquin, pas vraiment mauvais mais loin, très loin derrière ses meilleurs livres. Avec COLORADO KID, voila qu’il nous fait le coup du roman policier ! Ou plutôt du roman de mystère, puisque l’enquête n’aboutit même pas !
Donc du décès cet homme venu mourir sur une plage à des centaines de kilomètres de chez lui, étouffé (peut-être) par un morceau de viande, trouvé en possession de cigarettes (alors qu’il est non fumeur) et d’une mystérieuse pièce de monnaie russe, ayant troqué son imperméable par une veste verte (perdue d’ailleurs), seul Stephen King connaît (ou pas) la solution.
Reste le style inimitable et très plaisant de l’auteur. Je ne me suis pas ennuyé à la lecture de ce bouquin. Seule la fin est frustrante (Malgré une postface assez sympa).
Mais il serait peut être temps que Stephen King se remette un peu au boulot et nous ressorte un livre bien épais, bien structuré et bourré de frissons comme il sait si bien le faire. On ne demande pas un nouveau ÇA mais quelque chose de plus consistant à se mettre sous la dent.
P.S : Rien à voir avec Raymond Chandler ou Agatha Christie comme il est indiqué dans la présentation du quatrième de couverture.



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jeudi 14 septembre 2006

Saw

Deux hommes se réveillent enchaînés au mur d’une salle de bains. Ils ignorent où ils sont et ne se connaissent pas. Ils savent juste que l’un doit absolument tuer l’autre, sinon dans moins de huit heures, ils seront exécutés tous les deux…
Voici l’une des situations imaginées par un machiavélique maître criminel qui impose à ses victimes des choix auxquels personne ne souhaite être confronté un jour.
Un détective est chargé de l’enquête…

Le récit démarre bien avec une situation pour le moins étonnante et terrifiante. Le décor est glauque à souhait et on plonge dès le début dans l’histoire. L’atmosphère est angoissante et le rythme, malgré quelques scènes un peu longuettes est assez soutenu pour que l’on ne s’ennuie pas une seconde. J’ai pourtant un sentiment mitigé à propos de ce thriller. D’abord, les acteurs ne sont pas toujours très bons. (Surtout ne pas visionner le film en version française mais choisir la V.O). Ensuite quelques incohérences gâchent un peu l’ensemble. De plus les flash back sont trop nombreux et mal amenés. Mais le film est quand même original, le suspense haletant. Les frissons sont là. Quand au dernier quart d’heure, les révélations s’enchaînent à une cadence infernale pour se terminer en apothéose. Bref la partie « huis clos » est passionnante et nous tient en haleine alors que certaines scènes d’actions, filmées à la façon d’un clip, sont moins convaincantes. Le tout donne néanmoins une œuvre forte qui cloue le spectateur à son fauteuil.
Un film à voir mais peut-être pas à revoir.



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mardi 12 septembre 2006

Fante, John : L'orgie. (10/18)

" Pour écrire l'Orgie, comme pour son Vin de la jeunesse, Fante a pressé, furiosissimo, les Raisins de la colère. De la vendange, le père Steinbeck tirait une morale ; malgré l'adversité, Fante en rapporte d'abord une extraordinaire énergie. Du désespoir ? "
Michel Grisolia, L’EXPRESS.

« Ouvrez au hasard une page de John Fante. On reconnaît aussitôt son inimitable solo de clarinette. On a envie de rire et de pleurer. Á chaque ligne crépitent le désespoir, l’humour et la nostalgie. »
Frédéric Ferney, GLOBE.

Deux courts romans d'apprentissage ayant pour cadre le Colorado des années 1920 et 1930 et pour héros une famille pauvre d'immigrants italiens. Thèmes principaux: les rêves d'un grand adolescent (le baseball et les filles) et le difficile dialogue des générations. (L’éditeur).

Il y a déjà tout de l’œuvre de John Fante dans ces deux récits. Dans le premier est raconté le désespoir d’un fils découvrant que son père, qu’il vénère, passe son dimanche à boire et tromper sa mère avec une prostituée. L’histoire débute dans un ton léger, presque humoristique pour finir dans un désespoir pathétique.
Le deuxième décrit un adolescent rêvant de devenir un « Grand » du Baseball. Il expose aussi l’impossibilité pour le fils d’un immigré très pauvre d’entretenir une amitié avec un camarade né du « bon côté » de la barrière. Quand à l’amour avec la sœur de ce dernier…
Dans ce récit, une fois encore se mêlent l’humour et la détresse, le rire et l’affliction. L’altruisme et la générosité se mélangent avec la bassesse la plus noire. Une nouvelle fois, l’auteur, comme dans GROSSE FAIM et tous ses autres romans et nouvelles, ne parle que de la misère et de ses conséquences sur l’âme humaine. John Fante est un auteur qu’il faut connaître.



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dimanche 10 septembre 2006

Spiegelman, Art : Á l'ombre des tours mortes. (Casterman)

Art Spiegelman est l'auteur de Maus, Un survivant raconte (Flammarion, 1987 et 1992), couronné par le Prix Pulitzer. Les deux volumes de Maus ont été traduits dans dix-huit langues. Art Spiegelman et sa femme Françoise Mouly ont fondé ensemble, puis dirigé de 1980 à 1991, Raw, magazine reconnu et influent consacré à la bande dessinée et au graphisme d'avant-garde. De 1992 à 2002, Art Spiegelman a travaillé comme dessinateur et journaliste au New Yorker, qui, quelques jours après le 11 septembre, a publié sa puissante couverture noir sur fond noir. (Bons Baisers de New York, Flammarion 2003). Les dessins et gravures d'Art Spiegelman ont été exposés dans les musées et galeries du monde entier. Art Spiegelman vit, en dépit de tout, dans le bas de Manhattan avec sa femme et leurs deux enfants, Nadja et Dashiell.

Entre autobiographie et manifeste politique, une bande dessinée en carton épais inspirée des attentats terroristes survenus à New York le 11 septembre 2001. Le format géant ainsi que la mise en page de style collage évoquent la page de journal. L'auteur a d'ailleurs inséré à la fin de l'ouvrage des bandes dessinées américaines publiées à la fin des 19e et 20e siècles (Krazy Kat, Little Nemo, Hogan's Alley...).

Cet album est un OVNI. Il ne ressemble à rien de ce qu’est une BD habituelle. D’ailleurs ce n’est pas une BD. Enfin pas tout à fait. Très grand format. (Mon scanner est trop petit pour numériser l’intégrale d’une seule page), des pages cartonnées très épaisses et une mise en page assez curieuse. Voila pour la forme. Quand au fond…. Il mêle d’une façon étonnante des vieilles BD du début du siècle, des images cauchemars et surtout un reportage/introspection sur le trop fameux 11 septembre 2001.
Ce livre n'est que questions. Pourquoi cet attentat ? Pourquoi à New York ? Qu’avons-nous fait ? C’est une tentative d’analyse effarée sur l’événement que Spiegelman essaie de transmettre à travers des planches qui toutes forment un immense point d’interrogation. De l’humour pourtant dans cet examen presque psychanalytique de l’effondrement des tours du World trade center. Et encore une fois une belle réussite pour cet auteur exceptionnel.
Une œuvre totalement à part, d’une originalité insolite. Une grande œuvre indispensable qui fait réfléchir sur cette catastrophique action terroriste tout en étant prodigieusement unique.
Á lire absolument.


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vendredi 8 septembre 2006

Squevin, François : "Forêt du corps" suivi de "Neige" (Société des écrivains ardennais -collection : Preuve)





SANS LISIÈRE.

La forêt n’attend pas

Elle ronge
Chacun de nos regards
De nos silences
Inhabités

Se venge de nos enclos
Renferme nos étreintes

Nos corps sont devenus sans lisières
Sans références
Que la trace des chemins
La profondeur du boisement
La précision d’une enclave
D’une coupe

Nous sommes trempés d’une vieille fièvre
Qui nous éreinte
Dans la fuite ou la quête
De la profondeur
De l’enracinement.

mercredi 6 septembre 2006

Schott, Ben : Les miscellanées de Mr Schott. (Éditions Allia)

Impossibles à lire d’un trait mais impossibles à refermer, LES MISCELLANÉES DE Mr SCHOTT sont une collection unique de petits riens essentiels.
Quel autre livre peut s’enorgueillir d’un index où se côtoient L’ENFER de Dante et l’entretien du linge ; le caviar et les degrés Celsius ; le concours de l’Eurovision et la fauconnerie ; le nombre π, Pimpanicaille et les plaies d’Égypte ?
Où trouveriez-vous d’ailleurs, en ouvrant une seule page, le nom des scores de golf, l’échelle de piquants des piments, l’histoire de l’impôt britannique sur les chapeaux, les longueurs de lacets et le drapeau de la Guadeloupe ?
Où, sinon dans LES MISCELLANÉES DE Mr SCHOTT, pourriez-vous trouver des informations sûres concernant le chat de John Lennon, le fournisseur officiel de cornemuses d’Élisabeth II, les travaux d’Hercule, ou encore les méthodes des homicides élucidés par Miss Marple ?
LES MISCELLANÉES DE Mr SCHOTT sont un livre comme il n’en existe aucun autre : divertissant, imprévisible, et pour tout dire indispensable. (L’éditeur)

Ce livre est un génial fourre-tout, une sorte d’almanach fou où en tournant chaque page on tombe sur une information totalement indispensable à laquelle on n’avait jamais imaginé être confronté un jour… un petit délire surréaliste composé d’une foultitude de renseignements aussi baroques que véridiques. Sa lecture en est savoureuse et il est destiné à devenir sans aucun doute le « livre de chevet » idéal pour tous. J’ai pris un immense plaisir à le lire ou plutôt à découvrir ses innombrables révélations sur les sujets les plus invraisemblables.
Un livre nécessaire auquel je ne reprocherai que sa longueur. En effet, il nettement trop court et devrait s’étendre sur plus d’un millier de pages et devenir ainsi LE livre incontournable. En attendant, je conseille fortement la lecture de ce petit bijou.
Un grand merci à mon ami le « Baron » Matthieu pour ce cadeau aussi inattendu que bienvenu.



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lundi 4 septembre 2006

Hine, Lewis, W. (Photographies présentées par Rosenblum, Naomi & Walter). (Photo Poche)

Sociologue de formation, Lewis Hine prit très tôt conscience de l’impact idéologique de la photographie. « La bonne photographie est un art » écrivait-il. C’est en jumelant art et engagement qu’il donna toute sa valeur au documentaire social. Moralement concerné par les causes qu’il illustre, habile et généreux, Lewis Hine donne toujours un caractère sentimental à ses reportages. En mettant l’accent sur l’expression ou le geste le plus évocateur, il cherche à faire de ses acteurs des héros. (L’éditeur)





Ce beau petit album montre des photos du tout début du siècle à 1930 environ.
Ce ne sont pas des photographies forcément divertissantes dans le sens ou le but de l’artiste n’était pas de plaire mais de montrer une réalité sociale. Beaucoup de clichés présentent des pauvres travaillant ou au repos. Le résultat est toujours empreint d’humanité. Ce sont des photos « parlantes » qui décrivent un monde qui n’est pas forcément celui que l’on aimerait voir. En tout cas, ce sont des œuvres attachantes et l’on passe un long moment sur chacune de ces photographies. Lewis W. Hine fut un artiste admirable.































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samedi 2 septembre 2006

Heyriès, Hubert : Garibaldi, le mythe de la révolution romantique. ( Éditions Privat)

Les révolutions engendrent les mythes. Celui de Guiseppe Garibaldi naît de la proclamation de la République italienne le 2 juin 1946. Ce livre montre le développement de la légende révolutionnaire de Garibaldi, légende forgée par Garibaldi lui même, de son vivant, par ses amis Alexandre Dumas, Victor Hugo, par sa famille, et instrumentalisée par tous les régimes et les partis politiques italiens : les libéraux, les fascistes, et après 1945, les communistes. Avec le recul, le mythe de Garibaldi au XIX° et XX° siècles préfigure, parmi les révolutionnaires et la jeunesse, le culte contemporain de Che Guevara. (L'éditeur)

Étonnant destin que celui de Garibaldi ! Né français à Nice, il est condamné très tôt à mort en Italie, s’illustre en Amérique du Sud, participe à la guerre d’indépendance contre l’Autriche, se bat contre les français en défendant la République romaine, s’exile en Orient… Revient défendre la république française…
Politique visionnaire sur l’Europe notamment, inventeur de la guérilla, anticléricale primaire, chef charismatique, idéaliste, opportuniste… Cet homme aux multiples visages, ce vaillant combattant bourré de contradictions fut sans doute l’une des premières légendes politiques internationales.
Ce livre parvient assez bien à cerner la personnalité de Garibaldi. Sa lecture en est aisée grâce à la clarté de l’écriture d’Hubert Heyriès. De nombreux encarts viennent freiner un peu la fluidité de l’ouvrage. C’est hélas une mode de plus en plus fréquente et que l’on trouve parfois dans des magazines à un point que la lecture de certains articles en devient pénible. Ce n’est pas le cas ici et je ne peux que conseiller ce livre à ceux qui voudraient en savoir un peu plus que les quelques lignes des manuels scolaires qui sont consacrées à ce personnage étonnant. L’iconographie est de qualité sans être envahissante.



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