mardi 30 janvier 2007

Brussolo, Serge : Captain Suicide. (Vauvenargues)

C'était une planète vivante.
Un gigantesque oeuf de pierre flottant dans la nuit du cosmos et qui abritait depuis des millénaires une bête dont on ignorait jusqu'à la forme. Jour et nuit, tous ceux et celles qui vivaient à la surface de la coquille écoutaient avec angoisse les griffes de l'animal gratter le sol sous leurs pieds. C'était une planète terrifiante, qui n'épargnait pas même les morts. On l'avait surnommée La Dévoreuse.

Mon premier « Brussolo » de l’année. C’est un très bon cru d’ailleurs malgré le titre ridicule de l’ouvrage. Une histoire baroque et incroyable, comme d’habitude, mais tellement bien menée que l’on est littéralement happé par ce récit à la fois inquiétant et non dénué d’humour.
Sur une planète, que l’on pense creuse, un monstre arrache les cercueils de la terre pour dévorer les cadavres et ainsi se développer. Tout est essayé, sarcophages blindés, mausolées en hauteur… Enfin, d’immenses cimetières aériens planent en permanence dans une atmosphère empoisonnée croisant sur leur chemin des processions de vieux bombardiers de la deuxième guerre mondiale bourrés d’une foule d’êtres humains essayant par un sommeil aérien de fuir l’angoisse de l’insomnie créée par le bruit incessant des griffes monstrueuses de la « bête »…
Tout le livre baigne dans une ambiance onirique, sinistre et effrayante. Le héros, David, envoyé spécial de LA COMPAGNIE INTERGALACTIQUE DE POMPES FUNÈBRES, RITUELS ET CÉRÉMONIES ADAPTÉS est tout à fait crédible dans le rôle d’un homme qui d’abord, blindé de certitudes, commence à douter et sent enfin sa raison basculer. Le bouquin fourmille d’éléments étonnants, insolites ou même abracadabrants comme toujours avec cet auteur. Dans l’ensemble et ce malgré quelques incohérences, le bouquin tient la route et, une fois n’est pas coutume, la fin, ouverte, est plutôt réussie. Une belle réussite et en tout cas un bonne lecture de détente.
Je viens encore de commander deux livres de cet auteur incroyablement prolifique.
Cette petite chronique est dédiée à mon ami d'enfance Bruno qui vient de mourir à presque 52 ans.



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dimanche 28 janvier 2007

Armée des morts (L').

Personne ne peut expliquer comment tout cela est arrivé, mais ce matin, le monde n'est plus qu'un immense cauchemar. La population de la planète se résume désormais à une horde de morts vivants assoiffés de sang et lancés à la poursuite des derniers êtres humains encore en vie. Après avoir miraculeusement réussi à s'échapper de son quartier, Ana Clark se barricade avec un petit groupe de survivants dans un centre commercial. André et sa femme enceinte, Michael et Kenneth, officiers de police, vont tout faire pour rester vivants. Alors que dehors, la situation est de pire en pire, à l'intérieur, il faut aussi faire face aux peurs et aux démons de chacun...

L’ARMÉE DES MORTS est l’habile remake du célèbre ZOMBIE de George A Romero. C’est un bon film. Nettement plus spectaculaire que ZOMBIE , il est aussi beaucoup moins poétique. Plus violent, plus rapide, c’est un bon spectacle mais sans la dimension politique que savait donner Romero à sa trilogie consacrée aux « Morts vivants ».Le rythme du film est soutenu et aucun temps mort ne vient gâcher ce spectacle d’action. Les scènes gore sont particulièrement réussies. Mais cette cadence élevée se paye par une moindre réflexion sur le fond. Du coup le film se révèle beaucoup plus manichéen. Il ne faut pas bouder son plaisir et franchement on passe un sacré bon moment à visionner ce DVD. La fin (aussi pessimiste que celle de l’original) est un petit peu gâchée par l’incroyable mutation d’un « méchant » en « gentil » avec sacrifice de sa vie pour ses nouveaux amis. Par contre le générique de fin est un pur chef d’œuvre d’habileté. En effet, pendant le déroulement de ce générique, l’action continue obligeant le spectateur à « subir » la totalité du défilement du texte jusqu’à la dernière des maquilleuses. Très efficace, ce film d’horreur marquant et spectaculaire est donc une réussite de Zack Snyder, mais qui ne fait pourtant pas oublier ZOMBIE de Romero.


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vendredi 26 janvier 2007

Abbé Pierre : Testament... (Bayard Éditions)

Depuis l'âge de vingt ans, l'abbé Pierre note et garde précieusement ses réflexions, ses questionnements; ils sont réunis dans ce livre, le seul qu'il ait écrit à la première personne.
A plus de quatre-vingt-dix ans, l'abbé Pierre n'a rien perdu de sa colère. C'est cette capacité à se révolter, encore et toujours, qui ressort de cet itinéraire comme une invitation, " Pour vaincre le malheur, osons ouvrir les yeux et combattre. Le monde est malheureux. Ceux d'entre nous qui ne sont pas affamés, ni sans travail, ni sans logis, saurons-nous vivre ce que la détresse implacable des autres réclame de nous ? Le monde est malheureux. Probablement plus que jamais. Oui, il faut le crier; assez d'indifférence ou d'aveuglement! Agissons tous, où que nous soyons."

Le premier appel de l'Abbé Pierre date de 1954. Quarante ans après, il est toujours d'actualité. L'abbé Pierre continue son combat: il est l'homme le plus populaire de France. Ses réflexions, ses questions notées précieusement depuis l'âge de vingt ans donnent naissance à Testament..., le seul livre qu'il ait écrit à la première personne.
«Avant de nous quitter, dis-nous ce que tu sais ». Car on m'interroge beaucoup. Peut-être parce que je me suis trouvé au coeur de circonstances exceptionnelles et que je me suis efforcé de ne jamais me dérober. Le Bon Dieu a joué son jeu; j'ai accepté de jouer le mien. Avec des joies et avec des larmes. Témoin d'un siècle qui s'achève, il décrit son itinéraire d'homme de foi: «La vie, c'est apprendre à aimer ».

Tout le monde bien sûr connaît l’Abbé Pierre, son action et l’œuvre de sa vie : Emmaüs. Mais pour ma part, c’est le premier livre de lui que je viens d’achever. C’est un beau livre à la fois simple dans ses termes et profond dans son dessein et sa réflexion. Je ne savais pas l’Abbé Pierre aussi cultivé, aussi philosophe. Pour l’athée convaincu que je suis, les certitudes de l’auteur de ce livre sont assez mystérieuses. Pourtant, l’Abbé Pierre est aussi un révolté permanent et son regard critique sur l’église est assez étonnant. Il fait ici le point sur l’église justement mais aussi sur l’humanité et le monde en général. Toujours aussi passionné à son âge, il dénonce sans relâche les égoïsmes et les injustices, mais apporte aussi des pistes pour améliorer les choses. Un livre d’humanité, et de pensées qui donne à réfléchir.
Au passage il faut noter son surprenant appétit pour la mort qu’il appelle de ses vœux depuis l’âge de… six ans !
En lisant ce livre, on imagine entendre sa belle voix chevrotante si reconnaissable.
Un chouette bouquin en tout cas.
Je reprends ce billet pour dire que j'ai terminé ce livre deux jours avant d'apprendre la mort de l'Abbé Pierre. :pleure:



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mercredi 24 janvier 2007

Vuillemin : Les sales blagues de l'Echo : tome 14. (L'Echo des savannes/Albin Michel)


Le Vuillemin nouveau est arrivé !
Que ceux qui aiment les plaisanteries sophistiquées et les cocasseries intellectuelles passent leur chemin !
Les Sales blagues de l’Echo sont tout le contraire de ce genre d’humour.
C’est sale, graveleux, féroce, sombre… sordide même. Les blagues comme les dessins sont crades.
Bref c’est du vulgaire de chez vulgaire.
Mais c’est tellement bon !
Mais c’est si drôle !






Achetez-le !
:green: :boing: :green:

lundi 22 janvier 2007

Gearino, Dan : J'ai tout entendu. (Liana Levi)

" Je n'ai pas prononcé un seul mot depuis le matin où je suis descendu du car à Barrington, il y a cinquante-deux ans. J'avais dix ans, et ma mère venait de se volatiliser au beau milieu de la nuit. Depuis, elle n'a plus jamais donné signe de vie [...]. Tout le monde ici vous dirait que je suis sourd-muet. Rien de plus faux. En réalité, j'ai entendu tout ce qui en valait la peine dans cette ville. "
Les confidences qui vont suivre dévoilent une ville du sud des Etats-Unis pourrie par l'argent, l'ambition et la xénophobie.
Dan Gearino, après des études de cinéma et des collaborations à différents journaux, rejoint le News & Observer en 1993. Puis il embrasse une seconde carrière de romancier. J'ai tout entendu est son premier roman. Il continue son auscultation du Sud dans De toutes pièces. Sa vision de la littérature ? " Le roman doit être une enquête, pas une confession. "

Voila ce que j’appelle un bon bouquin ! Sur une idée originale, Dan Gearino bâtit une histoire forte, passionnante et inventive. Cet observateur critique des coutumes et perversions d’une petite ville, simule depuis son arrivé. Faux sourd-muet, il est le témoin de tout ce qu’il y a de mauvais dans la société d’une petite ville du sud des États Unis.
Le coup de génie de l’auteur est d’avoir fait de son « héros » un être guère plus sympathique que ceux qu’il observe et critique. En fait, rien ne trouve grâce aux yeux de Gearino. Il s’en prend même au lecteur !
La justesse du ton de l’ouvrage est étonnante. Des petites bassesses jusqu’aux dépravations les plus graves, tout est disséqué avec une réjouissante cruauté, sans complaisance mais sans excès non plus.
L’intrigue est captivante, le style vif et l’écriture énergique. Bref, l’exemple parfait du bon livre dont on ne peut se détacher avant d’avoir lu la dernière ligne.
C’est le premier livre de cet écrivain. Je sais qu’il y en a un deuxième de disponible et je ne vais pas tarder à me le procurer.



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samedi 20 janvier 2007

Attaque des crabes géants (L).

Film américain de 1957 en noir et blanc, Version française : son 5.1, Version originale sous-titrée français : son mono
Réalisé par Roger Corman

Partie étudier les effets des retombées radioactives sur un atoll du pacifique, une équipe de scientifiques américains disparaît mystérieusement.
Une seconde expédition est alors dépêchée sur l’île, mais à leur arrivée ils découvrent un endroit désert et trace de vie à l’horizon.
Brusquement, le petit groupe se trouve confronté à l’horreur lorsque des crabes géants dotés de pouvoir télépathique les attaquent afin d’absorber leurs connaissances.
Fruit des essais nucléaires pratiqués sur l’île, ces créatures mutantes sanguinaires sont prêtes à tout..

Poursuivant mon exploration, un peu perverse, des nanars de science-fiction et fantastique des années 50, je viens de dégoter un modèle du genre. Une petite merveille qui fait passer un bon moment de franche rigolade.
Dès le début, le ton est donné. Une chaloupe amenant le matériel de la seconde expédition tangue dangereusement, un marin tombe à l’eau et… le corps est ramené sans tête ! (Et sans sang si j’ose me permettre). Ce drame ne traumatise guère d’ailleurs le reste de l’expédition, quelques hommes et une femme, tous très décontractés. Une belle scène aussi que celle de l’héroïne accompagnée d’un des scientifiques en plongée dans l’océan. Océan qui visiblement est un aquarium avec une bonne centaine de poiscailles au mètre cube. C’est là que nous observons notre premier crabe géant. Où plutôt notre première pince puisque dans la première partie du film c’est tout ce que nous apercevrons des monstrueux crustacés. (Mon royaume pour une citerne de mayonnaise !) Le cri des crabes est aussi un instant inoubliable et surtout ce mystère de leur démarche lente qui leur permet toutefois de rattraper et d’étriper leurs victimes. Je ne vous raconterai pas l’histoire, assez nébuleuse, et vais aller directement à la fin. Sachez que les crabes sont remplis d’énergie positive. Alors les scientifiques inventent un piège qui est lui bourré d’énergie négative. (C’est évident non ?). Au passage, un des « héros » se fait amputer d’un avant bras (toujours sans saigner bien sûr) avant de se faire boulotter. Il faut dire qu’il l’a bien cherché aussi. A force de courir lentement devant un crabe qui se traîne à toute vitesse !
Bref, les crabes déjouent le piège et commence à bouffer l’île avec la ferme intention de faire de même avec tous les continents. (Oui, oui, je sais…) A ce stade du film, je vous demande toute votre attention. Il ne reste que sur ce bout d’île (battu par les vents) que l’héroïne, son preux chevalier (c’est une image) et un autre scientifique sans intérêt face aux crabes envahissants et sanguinaires. Le suspense est à son comble et la partie paraît perdue quand (soudain) le gars (sans intérêt) grimpe sur une espèce d’antenne et en gigotant parvient à s’abattre avec elle sur les grosses bestioles. Aussitôt, un grand éclair et hop, plus de crabes (ni du mec sans intérêt). Le héros (le preux chevalier, il faut suivre un peu quoi…) dit (en mettant subrepticement son bras autour des épaules de la gonzesse) : » Il s’est sacrifié pour nous »
Et hop les mots « The end ».
Plus de budget ? Le metteur en scène avait une envie urgente ? Nous ne le saurons jamais. Je pense que l’antenne tueuse de crabes devait être farcie d’énergie négative. Ce serait une explication non ? Mais bon, je ne suis pas un scientifique alors…
J’ai vraiment bien rigolé avec ce film qui a le mérite d’être très court. (Une heure à tout casser). Il faut remarquer que la bande annonce reprend toutes les scènes intéressantes (3 ou 4 quoi) et donc permet de regarder le film en encore moins de temps.
Un must !
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jeudi 18 janvier 2007

Straub, Peter : Ghost story. (Fleuve noir / Thriller fantastique)

Les quatre vieux messieurs respectables passaient leurs soirées à se raconter de fabuleuses histoires de fantômes.
Depuis la disparition d'un des membres de leur club dans des circonstances étranges, ils se sentaient menacés, perdaient le sommeil: ils allaient bientôt se trouver impliqués dans la plus hallucinante histoire de réincarnation Qu'un puisse imaginer...

" Un livre dévastateur à la progression inexorable... Ghost Story vous transporte d'effroi... La peur vous envahit et vus submerge... Du grand fantastique, de la grande aventure : un roman éblouissant. " Stephen King.

J’avais lu ce livre il y a une vingtaine d’années et j’en avais gardé un souvenir éblouissant. Il y a quelques mois, j’ai saisi l’occasion de l’acheter dans une édition de poche. Il prenait doucement la poussière sur une étagère quand mon ami Damien me fit parvenir le DVD du film tiré de ce roman. Plutôt que de regarder ce film tout de suite, j’ai choisi de relire d’abord le bouquin.
Autant le dire tout de suite, je n’ai absolument pas été déçu par cette deuxième lecture. C’est sans doute le meilleur livre de Peter Straub. (Même si mon affirmation n’est peut-être pas très valable car il est vrai que je n’ai pas lu tous les bouquins de cet auteur). Le livre est construit remarquablement. C’est une sorte de puzzle dont les pièces s’ajustent au fur et à mesure du déroulement du récit. Récit d’ailleurs assez complexe puisqu’il se développe à travers plusieurs histoires bien distinctes, sur plusieurs plans temporels et concerne un nombre assez important de protagonistes. Le fil conducteur de toute l’histoire est une mystérieuse femme à l’apparence et aux noms divers. Les quatre vieux messieurs bien respectables qui se réunissent pour se raconter des histoires terrifiantes ne sont pas réunis par hasard. On découvre petit à petit qu’ils étaient impliqués dans une affaire assez nébuleuse et douteuse lors de leur jeunesse. Le thème de la vengeance maléfique devient vite évident. Le livre est truffé d’apparitions, d’hallucinations et de fantômes. Les allusions à la sexualité sont toujours présentes mais à la façon « victorienne » du terme, comme dans le célèbre DRACULA et le final dans la ville de Milburn isolée par la neige se révèle à la fois traumatisant et libérateur puisqu’il donne les clefs du récit.
Peter Straub a réussi avec ce livre un grand roman à la fois classique dans la grande tradition gothique du genre est moderne dans sa forme avec quelques scènes de terreur habilement distillée tout au long de l’histoire. Les derniers chapitres ne sont pas sans rappeler le style imagé de Stephen King, son ami, avec qui il écrira d’ailleurs deux forts mauvais romans. La construction du livre, avec ses différentes étapes, sa montée en puissance et ses personnages secondaires aux traits bien affirmés, est parfaite. Le récit oscillant entre monologue et action est passionnant et l’intrigue est complexe tout en restant intelligible. Bref vous l’avez compris, GHOST STORY est un modèle de roman fantastique. Il faut le lire et ensuite le placer à côté de ses pairs : DRACULA, ÇA, LE CAS ÉTRANGE DU DR JEKYLL ET DE M. HYDE ou encore LE GOLEM, LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY, FRANKENSTEIN… bref avec les classiques du genre car je pense que GHOST STORY en est devenu lui-même un magnifique représentant.



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mardi 16 janvier 2007

Jaouen, Hervé : Les ciels de la baie d'Audierne. (Presses de la cité)

De nos jours, en Bretagne, Mélodie, quinze ans, raconte la descente aux enfers de sa famille, prise dans les filets d'une justice arbitraire.
Tout allait bien pour les Mérour. Un quotidien paisible et heureux, jusqu'à ce terrible matin où Mélodie voit son père quitter le domicile familial encadré de policiers. Accusé du pire des crimes. L'incrédulité cède rapidement la place à l'angoisse, la douleur puis la colère... Sur la foi d'un témoignage improbable, l'existence de Mélodie et des siens sombre dans le chaos déménagement dans un quartier sordide, travail de nuit de la mère, mutisme inquiétant du petit frère, nouveau lycée, père emprisonné.
Après avoir touché le fond, la jeune fille trouvera-t-elle la force de renouer avec la vie, de retrouver sa dignité et de pardonner ? Un roman qui résonnera longtemps dans les mémoires, par la force de son propos, par l'émotion brute qui se dégage de ses pages. Un tour de force.

Je n'ai pas trop de chance avec mes lectures en ce début d'année. :boude:
Ce livre n’est qu’une façon à peine romancée de tirer partie de l’affaire Outreaux. Mais il est tellement mal écrit qu’il n’en est qu’un mauvais pastiche. Rarement j’ai lu un aussi mauvais bouquin. Méprisable dans son fond, il est de plus totalement grotesque dans sa forme.
Je ne vous engage pas à le lire. Ce serait pour vous une perte de temps comme cela l’a été pour moi. Vraiment un bouquin nul de chez nul. :nonnon: :diable:



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dimanche 14 janvier 2007

Échelle de Jacob (L').

Jacob Singer (Tim Robbins) est un blessé de la guerre du Vietnam rapatrié aux États-Unis. Depuis son retour au pays, il est obsédé par les images de cette guerre qui hantent son esprit. Il se sent pourchassé par des démons sans visages et sent autour de lui des forces hostiles qui cherchent à le tuer. Plus étrange encore, lorsqu’il revoit ses compagnons d’armes, ces derniers lui confessent qu’ils semblent souffrir des mêmes troubles que lui…

Quel film ! Rarement j’ai pu voir une telle paranoïa au cinéma ! Dès le début nous suivons avec angoisse les hallucinations de Jacob Singer, employé des postes tourmenté par des flashbacks de sa guerre, de la mort de son fils, de sa vie avec sa première femme et qui s’enfonce dans la folie. Des cauchemars le poursuivent incessamment. Des hommes aux visages grotesquement déformés le traque et, Jacob bascule sans arrêt d’une réalité à l’autre. Il faut dire que les nerfs du spectateur sont mis à rude épreuve et les différentes possibilités ou explications à ces délires (folie, complot…) sont tour à tour exploitées puis rejetées. Et les abominations montent crescendo au fil de ce magnifique film bourré de métaphores. Les scènes chocs se succèdent et pourtant la poésie est souvent présente. Le scénario, assez complexe, est un modèle d’intelligence et l’action se déroule jusqu’au final surprenant et dérangeant. Les acteurs sont tous très bon, et la réalisation est parfaite.
Il est impressionnant de voir comment on peut verser sans cesse d’un monde banal, d’une vie quotidienne parfaitement ordinaire à une perception totalement schizophrène de la situation. Les scènes, comme le balancement d’un pendule, alternent constamment entre normalité et folie. A la fois film de guerre, film d’horreur et en définitive formidable réalisation fantastique, c’est une superbe création. Impossible bien sûr de dévoiler la fin mais il faut voir ce film.



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vendredi 12 janvier 2007

Grimbert, Philippe : Un secret. (Grasset)

Souvent les enfants s'inventent une famille, une autre origine, d'autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s'est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu'il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas... Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c'est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu'il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l'Holocauste, et des millions de disparus sur qui s'est abattue une chape de silence.
Psychanalyste, Philippe Grimbert est venu au roman avec La Petite Robe de Paul. Avec ce nouveau livre, couronné en 2004 par le prix Goncourt des lycéens et en 2005 par le Grand Prix littéraire des lectrices de Elle, il démontre avec autant de rigueur que d'émotion combien les puissances du roman peuvent aller loin dans l'exploration des secrets à l'œuvre dans nos vies.

L’histoire est émouvante et le récit est amené tout doucement jusqu’à la révélation finale. C’est un livre qui raconte l’imaginaire d’un enfant, ses questions, ses doutes qui se changeront bientôt en soupçons. Les rêveries du narrateur enfant se métamorphosent vite en interrogations sournoises puis, petit à petit vient la révélation d’un lourd secret familial.
C’est un petit bouquin intimiste bien dans la tradition française actuelle. Pas ou peux de dialogues et un style assez sec. Le bouquin se lit sans déplaisir certes, mais on aurait aimé un développement plus important. Ce témoignage que l’on peut imaginer autobiographique l’aurait mérité.
Car même si les révélations sont distillées par petites touches, le final est assez prévisible. Ce qui aurait pu être un roman bouleversant souffre d’une écriture trop froide, sans émotion. Au final nous avons un petit roman plaisant mais sans grande surprise et un peu trop nombriliste ce qui le rend parfois agaçant.



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mercredi 10 janvier 2007

Chronique de l'année 2006. (Éditions Chronique/Dargaud)

Bon, voila mon premier « coup de gueule » de l’année ! D’habitude et cela depuis 1998 paraît vers fin février le volume CHRONIQUE DE L’ANNÉE consacré aux événements de l’année précédente.
Cette année, ce livre périodique était disponible dès le début du mois de décembre. Alors bien évidemment, l’année 2006 s’arrête au mois d’octobre !
Je me doute bien que cela permet de vendre ce bouquin pour les fêtes de fin d’année mais il n’empêche que cette façon de faire est assez agaçante. C’est général d’ailleurs. Au mois d’août, alors qu’une bonne moitié des français essaient de passer des vacances tranquillement, les journaux télévisés présentent des reportages sur la rentrée scolaire. Dès le mois de novembre les illuminations de Noël sont installées dans les rues des villes et les catalogues de vente par correspondance sortent avec une saison d’avance. Que devient le présent ? A ce train là, il va bientôt être obligatoire d’acheter son cercueil avant trente ans !
C'est une évolution de notre société assez détestable. :diable:
Bon, autrement le bouquin résume assez bien les événements divers de l’année écoulée. Dans tous les domaines, sports, politiques, faits de société, artistiques, sciences et techniques… l’iconographie est largement présente et le volume présentera un intérêt certain lorsqu’il sera besoin de se documenter sur 2006. En le feuilletant rapidement, je suis d’ailleurs étonné de me rendre compte combien des faits importants et récents se sont déjà estompés de la mémoire. Noyés sous un océan d’informations diverses, nous ne retenons pas forcément de ces renseignements les plus notables et significatifs.
Sinon ce livre est bien conçu et est un bon aide-mémoire.



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lundi 8 janvier 2007

Despentes, Virginie : Teen spirit. (J'ai Lu)

" Deux versions bien distinctes d'elle-même se disputaient dans un seul corps et se partageaient le temps d'action. Entre la montre Kitty et le bracelet clouté, elle n'avait pas encore choisi son camp. "
Nancy a passé treize années chez sa mère, Alice, une dame branchée fric et névroses. Bruno a passé trente ans enfermé chez lui, devant sa télé, à ne pas faire grand-chose. Nancy est la fille de Bruno, mais ni l'un ni l'autre ne sont au courant. Un jour, pourtant, Bruno voit Nancy débouler dans sa vie.
Soudain papa, le punk rocker va affronter toutes les épreuves de l'adolescence... avec une nouveauté de taille : les " conneries ", ça n'est plus lui qui les fait... quoique ?

Née en 1969 à Nancy, Virginie Despentes est l'auteur de Baise-moi, traduit en vingt langues, Les chiennes savantes, Mordre au travers et Les jolies choses, prix de Flore 1998.

L’idée de départ est plutôt bonne et pourrait donner, avec un bon écrivain, une comédie bien enlevée, prétexte à une piquante étude de mœurs. Oui mais voila, c’est Virginie Despentes qui s’y colle. Donc le bouquin, sans être un ratage complet, n’est qu’une occasion pour l’auteur d’écrire dans trop se fouler une vague clownerie sans, il faut le dire, grand intérêt. Le récit démarre assez bien avec la description, un peu outrée, d’un vieux punk misanthrope. Mais très vite l’histoire patine et le bouquin ronronne tranquillement jusqu’à son terme prévisible. Quelques métaphores curieuses font sourire comme : « La virilité japonaise » ou encore mieux « la finesse viking » !
Dans ce livre virginie Despentes essaie moins de choquer que dans ces précédents petits ouvrages. Moins de gros mots et d’insanités diverses. Mais du coup on s’ennuie un peu….
Que dire d’autre ? Que TEEN SPIRIT est meilleur que BAISE MOI et moins bon que son petit recueil de nouvelles MORDRE AU TRAVERS.
Bon, ce n’est pas un naufrage total. L’histoire est gentille et le livre se laisse lire sans trop d’efforts. Mais ce n’est quand même pas une lecture indispensable.



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samedi 6 janvier 2007

Tillieux : tout gil Jourdan tome 5 & 6. (Dupuis)

Suite et fin (pour l’instant) de ma période « Lectures des BD de jeunesse ».
Je viens donc d’acheter les tomes 5 & 6 De « Tout Gil Jourdan » par Tillieux.
J’ai déjà, bien entendu les quatre premiers tomes de cette série plus les deux tomes de « César », série humoristique du même auteur. Ces aventures comico-policières sont un régal. Le côté policier est amené par des enquêtes originales au scénario consistant et le côté comique par les protagonistes, en particulier Libellule, l’adjoint de Gil Jourdan, ancien cambrioleur aux calembours ravageurs, à l’inspecteur Crouton, policier aussi énervé qu’incompétent, ainsi qu’à Queue de Cerise, l’assistante-secrétaire-à tout faire du détective. Les méchants sont très souvent caricaturaux. Le mélange des genres donne une bande dessinée savoureuse qui n’a rien perdue de ses qualités au fil des années.
Dans ces deux tomes sont réunies les aventures suivantes :
- Carats en vrac
- Gil Jourdan et les fantômes
- Sur la piste d’un 33 tours
- Deux contes (inédit)
- Les trois taches
- La rue perdue
Ainsi que deux aventures de Marc Jaguar : Contrebande et Le lac de l’homme mort et une aventure de Félix : L’Affaire des bijoux)
Grâce au formidable site BD OUBLIÉES , vous pouvez lire ICI une courte aventure (4 pages) de Gil Jourdan : La Bouteille.



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jeudi 4 janvier 2007

Roba : La Ribambelle. (Dargaud)

Aujourd’hui, je continue de flâner dans les Bd de ma jeunesse. C’est aux aventures de « La Ribambelle » que je m’attaque avec jubilation. Dessinée par Roba, le créateur de Boule & Bill, La Ribambelle est une bande de gamins prénommés Phil, Grenadine, Dizzie, Archibald, Atchi et Atcha. Un seul adulte, James, le majordome stylé, y est admis de temps à autre. Ce petit monde coulerait des jours heureux dans un terrain vague interdit aux parents, si d’affreux « Caïmans », dirigés par l’ignoble Tatane, à l’âme assortie à son blouson noir, n’avaient pas pour obsession de s’emparer de ce coin de paradis…
Nés au début des années soixante, cette mignonne bande dessinée est typique du style de Spirou de la même époque. Sympathique et légèrement impertinente.
Les deux tomes que je viens d’acquérir rassemblent les six albums d’origine.
- La ribambelle gagne du terrain
- La Ribambelle en Écosse
- La Ribambelle s’envole
- La Ribambelle enquête
- La Ribambelle contre attaque
- La Ribambelle aux Galopingos
Plus quelques courtes histoires.
Une saine lecture en tout cas ! :langue: :lol: :langue:



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mardi 2 janvier 2007

Remacle : Le vaisseau du Diable (Les aventures du Vieux Nick tome 2). (Editions du Taupinambour)

Comme chaque année à cette époque, les excès des fêtes de fin d’année me laissent assez hagard et dans l’impossibilité de lire des livres « normaux ». Juste des bandes dessinées, livres de photos et quelques DVD (Je viens de me payer 11 DVD de Laurel et Hardy !)
J’anticipe donc cette « après fête » en achetant à l’avance quelques chouettes BD. Par n’importe lesquelles, celles qui ont bercées mon enfance. Cette année je viens donc de me procurer (entres autres) le tome deux des aventures du Vieux Nick : LE VAISSEAU DU DIABLE de Remacle. Une BD maritime burlesque et réjouissante parue à l’origine dans Spirou en 1958. J’ai bien entendu le tome un : PAVILLON NOIR.
Cela me donne l’occasion de vous donner le lien qui mène à ce site fabuleux qu’est BD OUBLIÉES. Sur ce site, vous pouvez acheter et souscrire à des rééditions d’albums, lire des bandes dessinées et des mini-récits en ligne, vous informer sur la côte des anciennes BD etc…
Un travail admirable. Un site indispensable à tout amateur de bandes dessinées anciennes.
BD OUBLIÉES
Je vous renouvelle aussi mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année.
:hello: :fete: :coucou: