mardi 30 septembre 2008

Harrison, Jim : Un bon jour pour mourir. (10/18)

La merveilleuse histoire d'une virée fantastique à travers l'Amérique des années 60 ! Un trio inoubliable, très Jules et Jim, prend la route, entre un joint, deux cuites et trois parties fines, pour s'en aller faire sauter un barrage du côté du Grand Canyon du Colorado. Selon Michel Lebrun, si cela avait été un polar, cela aurait été le meilleur de l'année. En tout cas, on n'oubliera pas de sitôt les aventures savoureuses et les portraits tendres de ces trois héros que Jim Harrison dépeint dans le style flamboyant qui est sa marque.

La lecture d' un roman de Jim Harrison est toujours un moment privilégié dans la carrière d'un lecteur passionné. C'est une expérience littéraire complète avec de l'aventure, des grands espaces, des sentiments, de l'humour... un véritable concentré de tout ce que devrait apporter un roman digne de ce nom.
UN BON JOUR POUR MOURIR nous offre tout cela. Un trio improbable décide une action symbolique assez stupide. Mais l'épopée d'abord joyeuse devient vite légèrement angoissante pour finir logiquement très mal. L'histoire ressemble à une bonne cuite qui finit par une épouvantable gueule de bois. Et pourtant, même si le final est dramatique et le désenchantement total, le ton inimitable de Jim Harrison rend ce roman à la fois picaresque et léger.
Comme d'habitude, avec les oeuvres de l'écrivain américain, on déguste avec un immense plaisir ce livre qui dégage une poésie subtile ainsi qu'une réelle tendresse tout en contenant un humour assassin.
Passionnant ! :boing: :top:



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dimanche 28 septembre 2008

Reporters sans frontières : 100 photos de Reza pour la liberté de la presse. (Reporters sans frontières)

Reza parcourt le monde depuis plus de vingt ans. Véritable "pèlerin de l’authenticité", il sait capter les regards, la lumière et la mémoire des destins qu’il croise au fil des pays traversés. Collaborateur du prestigieux National Geographic, il est aussi le fondateur de Aina, une association d’entraide aux médias afghans. Iranien en exil basé à Paris, Reza a passé trois années en prison, arrêté par la Savak, la police politique du Shah pour ses images. En 1981, il est condamné par les mollahs de la République Islamique au nom de ses photographies dénonçant les exactions du nouveau régime.
Reza s’associe à Reporters sans frontières en offrant cent de ses plus belles photos pour la liberté de la presse.
L’argent recueilli grâce à la vente de cet album permettra à Reporters sans frontières de mener des actions concrètes : financement de matériel informatique pour relancer une rédaction, paiement d’un avocat lors de procès, aide financière à la famille d’un journaliste emprisonné...

Pour 9,90€ un bel album de splendides photographies, un dossier sur les prédateurs de la presse et des textes de Frédéric Mitterrand et Alain Genestar... et c'est pour une bonne cause !
Donc, pas d'hésitations.

:D


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Site de Reporters sans Frontières.

vendredi 26 septembre 2008

Hage, Rawi : De Niro's game. (Denoël)

Liban, début des années 1980. Campé dans un Beyrouth dévasté par les bombes, De Niro's Game est une odyssée chaotique, écorchée et haletante, une plongée vertigineuse au cœur de la guerre civile et de ses folies. A Beyrouth-Ouest, Bassam et Georges, deux amis d'enfance, tuent leur ennui et leur mal de vivre à coups de petits boulots minables, de maigres larcins et de soirées trop arrosées. Les jours se suivent et avec eux les alertes, les morts, les immeubles en ruine. Les filles sont inaccessibles, muselées par les traditions et les couvre-feux. Entre deux visites aux copains de lycée engagés dans la milice, les deux jeunes gens s'imaginent coulant des jours meilleurs : Bassam rêve de fuir à l'étranger, et Georges, lui, se sent de plus en plus attiré par les discours belliqueux de la milice chrétienne.
Dans un ultime défi, les deux amis décident de détourner la recette de la salle de jeu où Georges travaille. Mais l'argent seul suffira-t-il à les éloigner de la guerre et à sauver leur amitié ?
Porté par une écriture sans concessions, le premier - roman de Rawi Hage annonce, au-delà de la puissance du récit, l'avènement d'une nouvelle voix.

Rawi Hage est né au Liban, à Beyrouth, qu'il quittera après la guerre civile, en 1992. Il vit depuis à Montréal. Curator, il partage ses activités entre les arts visuels et l'écriture. De Niro's Game, son premier roman, a obtenu de nombreuses récompenses, en particulier le prix des Libraires du Québec.

Ce livre, à travers la voix de Bassam, nous montre le Beyrouth des années de guerre civile. La vie de deux jeunes libanais à la fois insouciante et pleine de danger, une vie joyeusement amorale, faite de rapines et trafics divers, une vie dans une ville où les gens comme les immeubles ravagés par la peur,les bombes et les tirs croisés essayent de rester debout.
L'alternance de phrases et dialogues vifs et incisifs et de longues digressions très orientales avec souvent une pointe de surréalisme fait merveille et rend très bien la démence et le climat morbide régnants sur la ville martyre.
Ici, l'ennemi, le temps d'un trafic, se change provisoirement en camarade et l'ami de toujours peut, pour un affront réel ou supposé se muer en ennemi mortel.
Georges et Bassam verront leur amitié se dégrader de plus en plus jusqu'à se que Bassam jette le gant et décide de quitter définitivement la partie.
La puissance et la richesse du langage décrivent parfaitement cette tragédie qui paradoxalement regorge de beaux et fugaces moments de gaieté.
Le contraste entre le récit de la folie meurtrière de tout un peuple et la dernière partie du récit, se situant à Paris, est assez étonnante et le lecteur a d'ailleurs un peu de mal à s'adapter au changement. On peine à suivre l'épilogue de cette histoire devenue plus conventionnelle sinon plus banale.
La fin, ouverte, laisse Bassam seul devant son destin que l'on devine très très mal engagé.
J'ai bien aimé ce livre malgré une baisse de rythme dans la troisième partie d'ailleurs nettement moins crédible que le reste de l'ouvrage.
Je trouve personnellement le titre de ce bouquin absolument détestable voir même grotesque mais ce premier livre est très bon et je garde en mémoire le nom de Rawi Hage en espérant prochainement un nouveau roman de cet écrivain.

:bouquin2:


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mercredi 24 septembre 2008

Barker, Clive : Cabale. (J'ai Lu)

Indices monstrueux d'une vie secrète... Douze personnes massacrées, mutilées ! Images d'une folie à l'œuvre. La sienne ? Terrifié, Boone contemple la liasse de photos que Decker, son psychiatre, lui a lancée. Oui, tout laisse à penser qu'il est bien ce tueur sanguinaire qui terrorise la région. Accablé de tourments, car il ne se souvient d'aucune de ses actions meurtrières, Boone tente de mettre fin a ses jours, mais échoue.
C'est à l'hôpital où il est soigne qu'il entend parler de Midian, ville fantôme, refuge des enfants de la nuit, nécropole souterraine cachée du monde qui rassemble les exclus de la société humaine. Un havre d'exil dont Lori, Eurydice passionnée, va devoir affronter les ténèbres. Et l'enfer ne fait que commencer...

Après LE LIVRE DE SANG et ses cinq suites, j'ai fait une petite pose avant de me plonger dans ce petit roman, le premier de l'auteur je crois.
Clive Barker sait formidablement bien décrire l'indicible, les monstres et autres horreurs. Il excelle à écrire des scènes de meurtre ou de tortures diverses. Il est un peu moins bon dans le dosage de ses effets. Une fois l'action commencé, il n'y a pas de pauses. C'est peut-être le défaut de CABALE. L'écrivain ne nous laisse pas souffler.
Autrement, le récit est original et une fois le postulat de base accepté, on adhère facilement aux délires de l'auteur.
CABALE est tout à fait le genre de bouquin que l'on ne lâche plus une fois commencé. Mais une fois la dernière page tournée, on se prend à regretter que l'histoire ne soit pas plus développée. Ce roman aurait mérité quelques chapitres de plus. Je n'affirmerai certes pas que CABALE est bâclé mais au bout du compte le lecteur ressent une certaine frustration et aurait aimé en savoir un peu plus.
Un bon livre, vite lu, qui recèle quelques bons moments, quelques scènes assez « gore » mais sans excès et qui, dans l'ensemble, est assez réussi. Suffisamment en tout cas pour me donner envie de lire d'autres romans de l'auteur.



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lundi 22 septembre 2008

Claudel, Philippe : Quelques-uns des cent regrets. (Folio)

" Elle portait des cheveux un peu plus longs que par le passé. Sa blondeur s'était mêlée d'argent. Son visage gardait la beauté simple qui en était la marque. A peine les rides l'avaient-elles tissé d'un mince réseau de blessures. Le temps s'était déposé en elle, avec sa fatigue et son poids, comme une poussière. Etaient-ce les années vécues sans la voir qui me faisaient la croire plus jeune qu'elle n'était en vérité ? "
A la mort de sa mère, le narrateur revient sur les lieux de son enfance, dans une petite ville du Nord inondée par la crue d'une rivière. Durant les trois jours qu'il passera là surgissent les figures disparues, celle de la mère bien sûr, jadis aimée plus que tout, et celle plus inquiétante du père absent dont la légende dit qu'il est mort dans une guerre lointaine. Roman poignant où, par petites touches, Philippe Claudel explore l'amour filial avec une extrême délicatesse et une surprenante réserve.

Encore un livre de Philippe Claudel, encore une magnifique lecture. Au risque de me répéter, je trouve que cet écrivain maîtrise la langue française comme personne. Ce livre raconte une histoire simple, presque ordinaire. Mais elle est traitée avec une délicatesse, une justesse de ton et une tendresse jamais mièvre, assez extraordinaire. Le récit est passionnant et cette histoire toute simple donne l'occasion à Philippe Claudel de décrire une petite ville de province et de brosser les portraits d''une humanité qui subit le poids du destin. Le cafetier malade et alcoolique, sa femme faussement handicapée, le pilier de bistrot, le curé qui ne croit guère en dieu, le fossoyeur... tous ployant sous le poids du temps implacable et des petits renoncements qui petit à petit défont l'espoir. L'atmosphère est lourde mais jamais menaçante. C'est ainsi et puis c'est tout ! Et le récit s'achemine doucement vers une fin attendue. Beaucoup de non-dits, une grande réserve, une élégance et une tendresse évidente n'empêche pas l'écrivain de nous raconter une histoire banalement tragique. L'ombre de l'inceste plane sur le roman mais Claudel laisse au lecteur le choix de son opinion.
QUELQUES-UNS DES CENT REGRETS est un beau roman admirablement écrit. Une grande réussite. Je crois que je suis fan de cet écrivain !



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samedi 20 septembre 2008

Siné Hebdo

Le numéro deux de Siné Hebdo vient de paraître ! :boing:
Après la lamentable affaire où Siné était accusé d'antisémitisme pour s'être gaussé d'une supposée conversion de Jean Sarkozy au judaïsme et viré de Charlie Hebdo par un Philippe Val devenu curieusement politico-correct, le dessinateur vient donc de répliquer en lancant son propre canard.
SINÉ-HEBDO ressemble curieusement à Charlie (et toc dans la gueule) mais avec une nouvelle équipe et et un ton radicalement plus « hard » qui rappelle le Charlie Hebdo du début. 16 pages qui réjouiront les fans de l'ancien Hara-Kiri et de Charlie Hebdo même si ses dirlos deviennent un peu... chiants. (Cavanna vieillit mal je trouve.)
Bref précipitez-vous pour acheter ce canard bien réjouissant.
Pour 2€ seulement, on y trouve les signatures de Michel Onfray, Didier Porte, Jackie Berroyer, Delfeil de Ton, Dror, etc.
J'ai eu aussi la bonne surprise de trouver un dessin (bien crade) de Vuillemin. Que du bonheur donc !
Avec ce nouvel Hedo, Siné prouve qu'à 80 berges on n'est pas forcément un vieux con !
Achetez-le ou mieux, abonnez-vous pour le soutenir.
LE BLOG OFFICIEL DE SINÉ :fou:

jeudi 18 septembre 2008

Mishima, Yukio : Martyre précédé de Ken. (Folio)

Comment qualifier les sentiments ambigus qu'éprouvent l'un pour l'autre Hatakeyama et Watari ? Les deux adolescents hésitent entre haine, désir, fascination et cruauté. Jusqu'où leurs jeux troubles peuvent-ils les conduire ?
L'équipe de kendô a pour capitaine Jirô, l'un des meilleurs sabres (ken) du Japon. Tous lui envient sa force, sa beauté et son talent. Lorsque le club part faire un stage d'une dizaine de jours, les ambitions et les rivalités entre les membre de l'équipe s'exacerbent…

J'ai déjà écrit tout le bien que je pense de Yukio Mishima à l'occasion d'un billet consacré au recueil de nouvelles LA MORT EN ÉTÉ. Dans ma « pile à lire » il me restait ce petit livre à 2€ que je viens de dévorer littéralement.
KEN, la première nouvelle, la plus longue aussi, décrit dans un Japon contemporain, la vie dans une école de Kendô (sorte d'escrime japonais) et plus précisément celle de Jirô un jeune capitaine de ce sport rituel. C'est un texte d'une sobriété et d'un raffinement assez extraordinaire. Les émotions, les rivalités et les états d'âmes y sont rendus d'une façon prodigieusement limpide et poétique. En quelques pages nous avons l'impression de comprendre ce sport, cet art de combat tellement différent de ce que nous connaissons. Dans un style épuré mais convaincant, Yukio Mishima nous fait pénétrer dans le mental torturé d'un jeune japonais obnubilé par le sens de l'honneur.
La seconde nouvelle, MARTYRE, nous décrit en quelques pages l'histoire troublante de la relation sado-masochiste de deux adolescents. L'écrivain nous décrit le monde terrible d'un pensionnat et la méchanceté totale d'un groupe. Le récit se déroule implacable vers un final très cruel mais le dénouement sauve ce qui sinon, deviendrait une histoire d'épouvante.
Deux magnifiques nouvelles qui me confortent dans ma bonne opinion vis à vis de Yukio Mishima.
Sa vision du monde est très pessimiste mais la beauté de son écriture, le style elliptique, le sens du détail et les descriptions minutieuses offrent des écrits superbes, pleins de sens et donnent manière à la réflexion. Je suis bien certain d'acheter d'autres livres de l'auteur en commençant sans doute par PELERINAGE AUX TROIS MONTAGNES, recueil d'où sont tiré ces deux belles nouvelles.
Il faut noter que l'illustration de couverture, de très mauvais goût, ne reflète nullement l'esprit de ces deux textes même si dans le deuxième on assiste à des violences physiques.


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mardi 16 septembre 2008

Langelaan, George : Nouvelles de l'anti-monde. (Marabout)

 L'anti-monde de George Langelaan est un univers où le temps prend des formes surprenantes et où le lecteur est saisi à la gorge par des souvenirs oubliés dans les tréfonds de la conscience. Cette exploration de l'homme compose un évangile de l'invisible, à ne lire qu'avec prudence : le seul danger est de rester prisonnier de l'anti-monde !

Cela m'a prit comme un coup de fusil ! Juste le souvenir d'une nouvelle que tout à coup j'ai eu envie de relire. Mais je ne me souvenais plus ni du titre de cette nouvelle ni de son auteur. J'ai cherché pendant près d'une heure et au moment où j'allais renoncer, j'ai retrouvé ce livre et cette fameuse nouvelle qu'il contient.
Il s'agit de TEMPS MORTS : un accident se produit dans un laboratoire et Yvon Darnier, cobaye humain volontaire, se trouve projeté dans un temps différent où le reste de l'humanité semble comme paralysé. J'ai relu cette nouvelle qui s'est révélée aussi bonne que dans mon souvenir. Et puis, dans la foulée, j'ai repris tout le bouquin depuis le début.
- LE MIRACLE : Un récit qui a visiblement inspiré Jean-Pierre Mocky pour son film LE MIRACULÉ.
- CHUTE DANS L'OUBLI :Un faux meurtrier mais vrai coupable échappera-t-il au juste châtiment ?
- LA MOUCHE : La plus célèbre nouvelle du recueil. Elle est littéralement glaçante. Une adaptation cinématographique tout à fait honnête fut tournée (je l'ai en DVD) ainsi que deux « suites » (que je possède également mais que je n'ai pas encore trouvé le temps de voir) et deux « remakes » de bonne facture mais très différents de la nouvelle originale. LA MOUCHE est un chef d'oeuvre de récit horrifique et concis.
- LA DAME D'OUTRE NULLE PART : Une formidable nouvelle qui met en scène un homme amoureux d'une femme morte dans l'explosion nucléaire d'Hiroshima et qui fera tout pour la rejoindre dans l'univers parallèle où elle est emprisonnée. La chute finale, comme d'ailleurs dans la plupart des récits de ce livre, est éblouissante et surprenante.
- RECESSION : La mort... la vie... et si tout était lié dans un cycle perpétuel ? Encore une belle nouvelle étonnante.
- LE TIGRE RECALCITRANT : Une histoire à la fois drôle et terrifiante. Un régal !
- L'AUTRE MAIN : Une belle variation sur le thème de la main indépendante de son propriétaire. Dans la lignée des MAINS D'ORLAC et autres...
- TEMPS MORTS : L'autre grand récit du livre avec la mouche. C'est de la bonne, très bonne science fiction avec une fin très noire.
- LA TOURNÉE DU DIABLE : Quand l'amour de son chien vous fait pactiser avec le Diable... très belle variation sur ce thème classique.
- LE FAUTEUIL EN DÉDUCTION : Une petite nouvelle policière où l'enquêteur est... un chien. Sympathique.
- LA DERNIÈRE TRAVERSÉE : Quand on a de la chance, c'est pour toujours...
- ROBOTS PENSANTS : une nouvelle horrifique aux multiples rebondissements. Formidable !
- SORTIE DE SECOURS : Une histoire d'aventure policière extrêmement prenante, digne des classiques de Maurice Leblanc et autres Conan Doyle. Beaucoup de rythme, et de suspense. Ce récit haletant clôture admirablement ce recueil.

NOUVELLES DE L'ANTI-MONDE est un livre presque parfait. Il mêle avec bonheur le fantastique, la science-fiction et le policier. Et si le ton est parfois léger ou même humoristique, les épilogues sont presque tous très pessimistes. Les nouvelles sont variées, originales et superbement écrites. C'est un vrai bonheur et je crois bien m'être encore plus régalé à la lecture de ce livre que la première fois.
Ce bouquin est hélas épuisé mais vous pouvez le trouver facilement sur des sites de livres d'occasions. De plus un recueil réunissant les deux nouvelles principales : LA MOUCHE et TEMPS MORTS est disponible. Je ne saurais trop vous le conseiller, c'est du tout bon !



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dimanche 14 septembre 2008

Flynn, Nick : Encore une nuit de merde dans cette ville pourrie. (Folio)

« J'ai travaillé auprès des sans-abri de 1984 à 1990. En 1987, mon père s'est trouvé à la rue, est resté sans-abri près de cinq ans. »
Nick Flynn n'avait pas connu son père. Ce dernier, écrivain sans œuvre un brin mythomane. menait une vie de bohème, tandis que son fils, lui-même apprenti poète, traversait une jeunesse instable. Jusqu'à leur rencontre dans un asile pour SDF de Boston. Les souvenirs affluent alors, en désordre, à l'image d'un roman familial chaotique mais aussi d'une méditation poétique sur la filiation. Sans apitoiement, dans une langue fulgurante, Nick Flynn use tour à tour de toutes les formes littéraires pour cerner enfin la mythique figure paternelle, dans l'espoir de donner ordre et sens à sa propre vie. Cette entreprise héroïque, à la portée universelle, devient ainsi un acte de foi dans la grandeur de la littérature.

Ce livre, contrairement à ce que j'avais cru en l'achetant n'est pas un roman mais bien une autobiographie.
Le récit est, au début, assez décousu et il faut quelques pages pour prendre ses marques avant de se plonger dans cette histoire chaotique à la narration assez déconcertante. Mais une fois passé les premières pages, on adhère totalement à l'écriture singulière de Nick Flynn et on découvre avec effarement sa vie en parallèle avec celle de son père, vagabond, écrivain raté, taulard, ivrogne, menteur et mythomane. Curieuse famille que celle de l'auteur ou les membres se côtoient sans pratiquement jamais avoir de rapports. Les grands parents ignorant superbement la mère de l'écrivain qui elle-même a une façon assez curieuse d'élever ses enfants. Quand au père, Jonathan, il se sauve vite de l'emprise familiale pour vivre sa vie de poète raté.
Nick Flynn raconte, sans cynisme mais avec un détachement désenchanté, ses rapports épisodiques avec son père, sa mère et son frère. Il est étonnant de voir combien, malgré une réelle proximité géographique, cette famille se moque presque totalement du destin des uns et des autres. Peu ou pas de liens, une indifférence déconcertante qui plonge le lecteur dans un abîme de perplexité. Et, petit à petit, on est séduit par cette biographie étonnante et on se passionne pour cette histoire ou le fils n'est pas si éloigné de ce père qu'il connaît si peu et si mal.
C'est l'histoire très prenante d'un homme et de ses interrogations et méditations sur sa famille mais aussi sur lui-même, surnageant avec peine entre petits boulots, drogue et alcool et manifestement toujours sur le fil du rasoir prêt à basculer comme son père dans la clochardisation.
:top:


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vendredi 12 septembre 2008

Péju, Pierre : Petite Chartreuse (La). (Folio)

Sous une pluie froide de novembre, la camionnette du libraire Etienne Vollard heurte de plein fouet une petite fille en anorak rouge qui, affolée, courait droit devant elle après avoir vainement attendu sa mère, jeune femme fuyante et transparente.
Désormais, cet homme va devoir vivre avec les conséquences de l'accident. Affublé d'une paternité d'emprunt, Vollard, jusque-là introverti et solitaire, commence à réciter à l'enfant plongée dans le coma des textes littéraires contenus dans sa mémoire fabuleuse. Lorsque l'enfant s'éveille, elle a perdu l'usage de la parole. Alors, fuyant ses insomnies et ses angoisses anciennes, le libraire emmène Eva marcher dans les paysages de la Grande Chartreuse, lieu sauvage et splendide où vivent des moines qui ont fait vœu de silence. Un gros homme, encombré de lui-même, une mère bien trop jeune, et une fillette précocement fracassée par la vie forment un étrange trio : le triangle des solitudes. Le narrateur de cette histoire, témoin de l'enfance et de la jeunesse de Vollard, exprime sa fascination pour ce libraire inoubliable. Mais ce roman-conte est aussi un hymne inoubliable à la littérature, une méditation sur le fragile pouvoir des livres.

PRIX DU LIVRE INTER 2003.

Voici un livre que, sans doute à cause de la couverture que je trouve un peu mièvre, je n'aurais jamais acheté de moi-même. Mais comme d'une part c'est un cadeau et d'autre part il a obtenu le Prix du Livre Inter, je me suis attelé à sa lecture.
Le texte de quatrième de couverture résume bien cette histoire triste où la solitude est le véritable sujet, trois solitudes vont se croiser sans vraiment se rencontrer. Et l'immense pouvoir de la littérature n'empêchera pas l'isolement de ses trois destins. Une lourdeur immense pèse sur ce livre et sur le lecteur. On sent dès le début que l'inexorable est en route. C'est un roman, très beau mais terriblement pessimiste comme s'il pleuvait dans ses pages. L'écriture est parfaite, le personnage étonnant du libraire marque profondément l'esprit par son côté baroque mais aussi par la colère rentrée qu'il dégage. LA PETITE CHARTREUSE est un livre où le mal de vivre, la souffrance et le sentiment de culpabilité sont omniprésents. C'est un récit troublant où la littérature échoue à créer un lien entre trois douleurs, entre trois vies ratées.
Une belle et triste histoire. Ce livre a été adapté au cinéma. Je ne vois pas trop comment un film pourrait rendre l'émotion qui sourd tout au long du roman. En tout cas, je ne le regarderai pas car je suis presque certain d'être déçu.



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mercredi 10 septembre 2008

Brussolo, Serge : Crache-béton. (Éditions Vauvenargues)

Avez-vous songé à ce que peut devenir une station balnéaire lorsque les animaux chargés de distraire les touristes se sont transformés en monstres, à la faveur d'une mystérieuse mutation, et harcèlent la ville, changeant progressivement un charmant coin de plage en une annexe de l'enfer ? Non ? Vous avez raison, il y a des cauchemars qu'il vaut mieux éviter !

Les « Brussolo » se suivent et ne se ressemblent pas...
Avec Crache-béton nous avons un livre qui, dès le début, se révèle totalement invraisemblable. Une ville se trouve assiégé par des baleines (extraterrestres) qui génèrent des calculs biliaires et les lancent sur les bâtiments, ensevelissant ainsi la cité sous des tonnes de rochers.
Alors bien sûr on a du mal à accepter toutes les péripéties suivantes ! Le héros (et sa gonzesse) doivent faire un tour dans les égouts où survivent quelques parias puis est embauché d'office à la construction de galères qui vont servir à tuer les vilains cétacés-mortiers. Ensuite, bien sûr, il se retrouve sur cette galère (on galère d'ailleurs beaucoup à lire ce bouquin) pour la chasse finale.
Quelques trouvailles habituelles de l'écrivain n'arrivent pas à rendre CRACHE-BÉTON plus passionnant. Des arbres explosifs, des chats albinos destinés à servir d'ardoise aux enfants, des serpents géants et herbivores...
Le final est mal ficelé avec une ultime pirouette assez téléphonée.
Bref cette réédition de 1984 n'est pas une réussite. C'est lisible certes mais sans plus.
Brussolo signe avec ce bouquin un récit bancal et l'achat de CRACHE-BÉTON ne s'impose qu'aux passionnés - ils sont nombreux - de l'écrivain. Dans ce cas je pense que les collectionneurs préféreront l'édition originale du Fleuve Noir.



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lundi 8 septembre 2008

O'Connor, Flannery : Braves gens ne courent pas les rues (Les). (Folio)

Dix nouvelles de la grande romancière américaine. Tout le monde prend vie en quelques secondes, et s'impose à nous : tueurs évadés du bagne, un général de cent quatre ans, une sourde-muette, une jeune docteur en philosophie à la jambe de bois, un Polonais que la haine des paysans américains accule à une mort affreuse, et, grouillant à l'arrière-plan, les petits fermiers, les nègres paresseux et finauds.
Les braves gens ne courent pas les rues, telle est la morale assez pessimiste qui se dégage de ces récits. Flannery O'Connor possède, comme Dickens, le don de la caricature mais aussi un humour implacable, une fantaisie grinçante jusque dans le tragique et l'horreur.

Alors là je dois dire qu'avec ce livre, encore une fois je viens de faire une grande découverte. D'habitude, avec un recueil de nouvelles je prends mon temps pour ne pas que le souvenir immédiat d'un récit vienne parasiter le suivant mais là, j'ai littéralement dévoré comme un goinfre ses dix histoires sans un seul temps d'arrêt.
Il faut dire que chaque nouvelle est un choc. Flannery O'Connor décrit un Sud profond terriblement arriéré. Ici l'ignorance, la bêtise et la méchanceté se développent dans le terreau de la pauvreté. J'ai rarement lu des récits aussi pessimistes et tragiques. Quelquefois l'humour tempère un peu le terrible réalisme des situations mais même cet humour est très noir et contribue à l'atmosphère lourde et pesante de toutes les nouvelles sans exceptions.
L'écrivain décrit des êtres foncièrement mauvais qui broient sans pitié les rares innocents présents dans les pages du livre. Elle décrit un affrontement entre le bien et le mal où le bien semble avoir perdu d'avance. Mais quelle écriture ! Il y a du Faulkner dans ces récits. Mais un Faulkner ENCORE plus pessimiste, un Faulkner qui du tragique aurait basculé dans une folie dévastatrice.
Ce n'est rien de dire que ce livre est dévastateur. Il est certes terrible mais aussi formidablement écrit.
Cette romancière américaine, morte avant ses quarante ans a réussi, avec LES BRAVES GENS NE COURENT PAS LES RUES, un chef d'oeuvre que je vous conseille ardemment.



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samedi 6 septembre 2008

Wallace & Gromit : Le Mystère du Lapin-garou.

Une "fièvre végétarienne" intense règne dans la petite ville de Wallace et Gromit, et l'ingénieux duo a mis à profit cet engouement en inventant un produit anti-nuisibles humain et écolo, qui épargne la vie des lapins. L'astuce consiste simplement à capturer, à la main, un maximum de ces rongeurs et à les mettre en cage. A quelques jours du Grand Concours Annuel de Légumes, les affaires de Wallace et Gromit n'ont jamais été aussi florissantes, et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, si un lapin-garou géant ne venait soudain s'attaquer aux sacro-saints potagers de la ville. Pour faire face à ce péril inédit, l'organisatrice du concours, Lady Tottington, se tourne vers nos deux "spécialistes" et leur demande d'appréhender le monstre.

Haaaaaa le bon film que voilà ! Rien que du bonheur ! :boing:
Après les formidables et surréalistes courts métrages créés par Nick Park, les studios « Aardman Animations » nous offrent avec ce film le premier long métrage mettant en scène nos deux amis, Wallace, inventeur anglais génial, loufoque, amateur de thé, de crackers et aimant le fromage par dessus tout accompagné de Gromit, son chien extraordinairement intelligent et d'un flegme tout à fait britannique.
Autant le dire tout de suite, LE MYSTÈRE DU LAPIN-GAROU est une réussite même si le format du film se prête peut-être moins aux gags délirants que permet un court métrage.
Pas de temps morts, un scénario léger mais qui tient la route et des trouvailles incessantes offrent donc au spectateur un spectacle endiablé d'une heure vingt environ. Les gags se succèdent à très grande vitesse (la poursuite en voiture, par exemple, est tout simplement géniale) et franchement on a pas le temps de s'ennuyer. C'est un film qui non seulement s'adresse aux enfants mais par ses clins d'oeil, son « intelligence » et sa gentille folie est, je crois, apprécié par tous.
Après CHICKEN RUN et autres L'ÂGE DE GLACE (j'ai aussi le second), il est agréable de constater que les films d'animations peuvent être à la fois drôles et adaptés pour tous publics. En tout cas, personnellement j'ai passé une très très bonne soirée à la vision de ce DVD. (J'ai gardé mon âme d'enfant manifestement !)
:rouge:
LE MYSTÈRE DU LAPIN-GAROU m'a tout simplement donné envie de regarder de nouveau le DVD des INCROYABLES AVENTURES DE WALLACE & GROMIT que je possède et qui contient aussi FOURMIZ, film que je n'ai pas encore vu.

:danse: :fou:


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jeudi 4 septembre 2008

Van Cauwelaert, didier : Rencontre sous X

Elle est la star montante du X.
Il est une gloire déchue du foot.
A dix-neuf ans, ils ont tout connu, tout défié, tout subi. Au milieu des marchands d'esclaves qui transforment les êtres humains en produits dérivés, ils vont se reconnaître, se rendre leurs rêves, leur rire, leur dignité.

D'habitude j'aime bien Didier van Cauwelaert et ses bouquins légers, sympathiques et bien écrits.
Mais là, il faut bien avouer que ce n'est plus du léger mais de l'aérien. Le roman démarre très bien avec la rencontre impromptue sur un plateau de tournage d'un film porno d'un footballeur en disponibilité et d'une starlette du X. Très vite ils deviennent amis et amoureux l'un de l'autre.... et voilà pour l'histoire.
L'auteur a assuré le service minimum pour ce livre avec des personnages principaux attachants mais prévisibles et peu crédibles et des « seconds rôles » à peine esquissés. C'est sympa, jamais vulgaire et par moment assez drôle. On pense au Patrick Cauvin de POURQUOI PAS NOUS ? mais en moins développé. L'écrivain ne s'est pas foulé pour ce petit roman. Une petite tentative sans conviction pour insérer un peu de fantastique dans le récit tourne vite court. Les chapitres s'enchaînent sans grandes révélations et la fin, abrupte, est sans surprise. Bref nous avons à faire avec RENCONTRE SOUS X à un livre sans saveur ni odeur. Le récit s'achemine doucement vers sa conclusion sans que jamais une péripétie n'attire vraiment l'intérêt du lecteur.
Si vous voulez un livre qui se lit d'une traite sans jamais agiter vos neurones... ce bouquin sera parfait. Pour ma part, il me reste à lire L'ÉDUCATION D'UNE FÉE du même auteur et j'espère bien que ce roman m'offrira une lecture un peu plus consistante.



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mardi 2 septembre 2008

Zimmer Bradley, Marion : Sara. (J'Ai lu)

A l'annonce de la mort brutale de ses parents et de son frère, l'univers de Sara Latimer s'écroule. Désespérée, elle part s'installer dans une vieille maison en Nouvelle-Angleterre, héritage inattendu d’une grand-tante.
Un endroit bien curieux, en fait, semblable à un véritable château hanté... Une présence mystérieuse semble s'y épanouir, dont Sara commence à subir l'influence. Envoûtée par d'étranges sortilèges, elle se métamorphose peu à peu, participe à des messes noires, et se laisse entraîner dans des amours dévoyées... Qui est la véritable Sara ? Cette fascinante sorcière qui donne libre cours à ses pulsions érotiques, ou bien une jeune femme ordinaire à l'esprit fragilisé par la douleur ?

Alléchant ce quatrième de couverture non ? :langue:
Hé bien ce roman est absolument raté. Le début n'est pas crédible et assez confus. Ensuite cela s'arrange (un peu) avec le voyage de Sara et son arrivé à Arkham (bonjour Lovecraft). Mais si les descriptions du village puis de la maison sont assez réussies, le récit sombre rapidement dans le ridicule avec des personnages mal dessinés qui apparaissent ou disparaissent au gré des besoins ou envies de l'héroïne et du bon vouloir de l'écrivain qui semble s'ennuyer à mourir à écrire ce livre. Pour nous aussi la lecture en est éprouvante.
À la page 69, on nous affirme que :
« les meubles massifs paraissent encore plus massifs et hostiles que la veille . »
À la page suivante : 
»...tout me paraît plus accueillant et paisible qu'hier. »
Quand aux dialogues !!! On se croirait dans un livre de la collection « Harlequin » Jugez en plutôt.

« - C'est Mattew Hay, dit-elle à voix basse. Vient-il sur place vérifier la noirceur de son forfait ? Maudit soit-il !... Ah si je pouvais lui tordre le cou ! »
« - Cachez-vous Claire. Peut-être, s'il me croit seule, commettra-t-il une imprudence, laissera-t-il échapper une phrase susceptible de prouver quelque chose dans un sens ou un autre. Au moins j'en aurai le coeur net. »
« - Vous n'allez pas rester seule avec ce dément ? » Etc, etc.
Le récit est tout simplement débile, le roman mal construit, les dialogues ridicules et la fin non crédible, mal foutue et pour tout dire totalement grotesque. (Happy end comme il se doit).
Seule quelques descriptions sont suffisamment intéressantes pour montrer que Marion Zimmer Bradley est une véritable écrivain. Sinon je crois que j'aurais laissé tomber ce bouquin et que ce billet aurait eu sa place dans « coups de gueule ». Franchement SARA est une nullité. Je pense à deux ou trois indices que la traduction est également pour beaucoup dans l'impression d'une langue « poussiéreuse »... l''imparfait du subjonctif, utilisé généreusement, n'étant pas non plus l'idéal pour un récit d'action.
Bref un bouquin sans intérêt et décevant à tout points de vue. Je ne vous le conseille évidemment pas.



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