jeudi 30 octobre 2008

Vous ne supportez plus ce vingt-cinquième siècle surpeuplé et pollué. Vous êtes chômeur de quatorzième classe, la plus basse ?
Une seule solution, fuyez dans le temps. Grâce à l'invention de Lanoy, devenez un déserteur temporel.
Au risque des paradoxes.
J'ai toujours bien aimé les romans et nouvelles de Robert Silverberg. Ses récits allient avec bonheur l'aventure avec la réflexion. La psychologie des personnages est souvent très fouillée et on peut même parler parfois de philosophie dans certaines oeuvres de l'écrivain. Il faut absolument lire des romans comme LE LIVRE DES CRÂNES, MONADES URBAINES ou L'HOMME DANS LE LABYRINTHE par exemple qui sont devenus des classiques.
Ce petit roman est sans doute une oeuvre mineure de l'écrivain mais c'est un livre qui se lit avec grand plaisir. On y retrouve des thèmes chers à l'auteur comme la surpopulation et les voyages dans le temps. Voyage temporel qui ici n'est que le prétexte à décrire une société orwellienne « soft »située en 2490 dont beaucoup aimeraient s'échapper.
Un mystérieux « Lannoy » propose à ceux-ci de s'établir dans le passé.
Le gouvernement (invisible) à connaissance de cette situation mais ne veut surtout pas intervenir de peur de provoquer un paradoxe temporel qui pourrait éventuellement changer la société ou pire... toucher les dirigeants.
Quellen, fonctionnaire de septième classe est chargé de l'enquête. Mais lui-même a en horreur ce monde surpeuplé....
Comme d'habitude, ce roman mélancolique donne la part belle à la psychologie et tout en offrant au lecteur un beau petit roman d'aventures, pose quelques questions intéressantes dont certaines restent d'ailleurs sans réponses.
Le style de Robert Silverberg est toujours aussi efficace et ce livre se lit avec grand plaisir. Toutefois j'aurais peut-être souhaité qu'il soit plus développé, l'histoire l'aurait méritée. Mais en l'état, LES DÉSERTEURS TEMPORELS est un bon bouquin à conseiller. Il me donne en tout cas, l'envie de lire (ou relire) d'autres romans et nouvelles de ce grand écrivain de science fiction et ça tombe bien, j'en ai quelques uns sous le coude.
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mardi 28 octobre 2008

Belleville !
Belleville-taudis, Belleville-temps-des-cerises, Belleville-ghetto, Babel-ville, Belleville qui s'écroule, s'émiette, s'accroche. Belleville qui crève sous les assauts des bulldozers. Maisonnettes rasées, jardinets retournés, rues effacées, c'est maintenant Belleville-béton-crasse-et-confort-confondus qui mène la danse.
Des femmes sans histoires retrouvées assassinées, un hachoir leur tranchant la tête, une mystérieuse croix celtique en chêne aux pointes fléchées, symbole de l'extrême droite hongroise... un homme au prise avec un chien qui ne laisse aucune traces dans la neige... tout cela aurait dû nous offrir un superbe roman policier.
Hélas le livre n'est qu'un fouillis de digressions diverses sur la politique (Didier Daeninckx fait cela bien mieux) et de descriptions humoristiques à la San Antonio (n'est-pas Frédéric Dard qui veut) qui noient ce qui pourrait être une bonne intrigue. D'ailleurs on devine le coupable dès le début. Le récit est décousu, fatigant et l'auteur passe complètement à côté de son sujet (Belleville). Les descriptions de ce quartier populaire sont loupées et n'évoquent pas grand chose. Ce qui aurait pu donner une passionnante enquête sur le milieu des sectes ésotériques et sur l'extrémiste est totalement noyée dans une histoire mal ficelée et assez pénible à lire.
BABEL-VILLE n'est pas un vrai polar. C'est un bouquin mal structuré et totalement raté que je vais m'empresser d'oublier.
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dimanche 26 octobre 2008

Bastos, le chat philosophe et pédant, parvient à échapper au fusil de Raymond. N'empêche qu'il le nargue ce chat ! Et il faut encore s'occuper du môme, un peu nul en foot, qui n'a rien trouvé de mieux que de choper de l'eczéma sur le visage... Sans compter son imbécile de père qui se fait encastrer par un cerf de deux cents kilos. Il y a franchement de quoi devenir allumé dans cette famille !
Barbara Constantine, romancière, céramiste et scripte - elle a travaillé avec Cédric Klapisch - vit en région parisienne. Elle est également l'auteur d'A Méli, sans mélo, son second roman.
C'est en lisant le billet Qu'Argantel a consacrée à ce livre sur son blog Plaisir de lire! que l'envie de lire ALLUMER LE CHAT s'est imposée.
Barbara Constantine, dans une écriture vive et enlevée, nous offre un bouquin très agréable et bon pour le moral. Cette histoire ou plutôt ces multiples petites histoires forment la chronique d'un village, au premier abord assez banal, mais qui en fait bouillonne de passions, haines et fiévreux amours que l'on découvre au fur et à mesure de notre lecture. C'est frais, tonique et plein d'un humour particulier, parfois noir mais toujours dans un climat permanent de folie tout à fait réjouissant.
Le rythme endiablé - soixante-dix chapitres de quelques pages seulement - où les destinées s'entrecroisent génère parfois une certaine confusion mais on suit avec jubilation la vie de ces multiples personnages attachants, dingues, parfois franchement caricaturaux mais toujours présentés avec tendresse, même pour les plus affreux d'entre-eux.
ALLUMER LE CHAT, à travers des protagonistes quelquefois peu reluisants nous transporte dans un univers de folie jubilatoire. Un livre presque épuisant mais à conseiller absolument.
Merci pour le tuyau Argantel.
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vendredi 24 octobre 2008

Elle introduit la clef dans la serrure.
Alors c'est le silence psychique autour d'elle. Plus rien... Plus de perception affective ni corticale, plus d'effluves mentaux. Savent-ils sa froide détermination ? Sans nul doute. C'est la raison pour laquelle « ils » ont renoncé.
Elle tourne la clef d'une main ferme. Une fois. Deux fois.
Elle sent que la voie est libre, qu'elle n'a qu'à pousser le battant.
Bouleversée, elle fait pivoter la lourde porte qui démasque lentement ce qu'il y a derrière. Elle voit un étroit couloir, très court, comme un boyau. Tunellaire.
Une salle métallique, au fond, qui apparaît progressivement, vaguement éclairée.
Et soudain elle voit !
Elle voit CE qu'il y a dans la cellule.
Alors elle pousse un hurlement d'épouvante, porte ses poings serrés à ses lèvres, le regard halluciné... Elle défaille, ses jambes ne la portent plus.
Tout tourne autour d'elle comme dans un vertigineux carrousel. La vision de la chose est insupportable.
Continuant d'explorer ma propre bibliothèque contenant ma collection de Fleuve Noir « Anticipation », « Angoisse » et autres , je suis tombé sur ce bouquin que certains internautes, amateurs de ce genre de littérature avaient l'air d'apprécier.
Et c'est effectivement un livre assez bizarre. Le premier quart du livre est assez ennuyeux. Les descriptions des divers services secrets mis en cause dans cette affaire et le portrait de l'héroïne sont assez laborieux. L'écriture, dans cette première partie est curieuse, pleine de lieux communs, de mots employés à mauvais escient et pour tout dire donne une impression poussiéreuse assez pénible. Heureusement, après une petite quatre vingtaine de pages, le récit décolle et l'histoire devient vite passionnante avec l'enquête de Joyce dans le manoir inquiétant du professeur Home, son ami d'enfance. Les découvertes de la jeune femme, les mystères angoissants entourant les expériences du savant, l'ambiance générale assez gothique font de cette partie très réussie la meilleure du bouquin. Puis vient l'explication des événements. Et là, pendant quelques pages nous avons droit à un charabia pseudo scientifique ou l'oeuvre du philosophe Pierre Teilhard de Chardin est appelé à la rescousse dans un galimatias assez pénible de discours confus, embrouillés et de fadaises indigestes. Quelques pages vraiment fatiguantes pour ne pas dire insupportables. Bon, heureusement, l'action repart très vite pour un final inattendu et assez convaincant. Peter Home, le savant coupable de modifications génétiques faisant côtoyer le 40. 000 siècle avec le nôtre subira un juste (et terrible) châtiment, les Horlocks, habitants du futur regagneront leur époque. (Clin d'oeil je suppose à l'espèce des Morlocks de H.G. Wells dans LA MACHINE Á EXPLORER LE TEMPS.) La propriété maudite sera détruite et Joyce trouvera un destin assez incroyable que je ne vous dévoilerai pas mais qui donne un très bon épilogue.
LA TERRIBLE EXPERIENCE DE PETER HOME est un livre plutôt bon hormis la première partie et les quelques pages délirantes d'explications des phénomènes. Un bouquin qui peut aider à passer une bonne petite soirée de lecture de délassement sans prétention.
A noter la curieuse haine de l'auteur pour le rock'n'roll et la musique pop en générale qui nous offre quelques paragraphes assez hilarants totalement hors sujet. Acheter ce livre chez PriceMinister
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mercredi 22 octobre 2008

Quelques malheureux élèves, qui n'ont personne chez qui passer les fêtes, restent, la veille de Noël, dans le grand lycée où ils sont pensionnaires. Et il leur arrive le pire qu'ils puissent imaginer : ils seront surveillés par Merlusse, le méchant répétiteur borgne à la grosse barbe noire. Mais la nuit de Noël n'est-elle pas celle de tous les miracles ? Avec Merlusse, moyen métrage de 1935, Pagnol choisit de s'adapter lui-même :il reprend l'infâme Truc, un récit publié en 1922 dans la revue Fortunio, et en tire le plus beau conte de Noël de l'histoire du cinéma. Le dialogue du film est une de ses grandes réussites, et ses adolescents parlent avec un naturel admirable. Quant au personnage de Merlusse, il offre à Henri Poupon, qu'on a souvent vu en père outragé, son rôle le plis nuancé. Un chef d'œuvre trop souvent sous-estimé. " Si ton père était roi, d'abord tu aurais tout le temps des vacances. C'est connu. Les fils de roi, ils ne font rien. Ils se promènent dans les jardins, et ils font fouetter les esclaves. "
Après CIGALON je me suis jeté sur MERLUSSE, autre merveille de Marcel Pagnol. C'est un conte d'un réalisme saisissant, mais c'est aussi un cri, une dénonciation. Quel que soit son âge, on peut être en butte aux moqueries à cause de son physique, de sa condition ou de sa fortune. En cela, MERLUSSE est toujours d'actualité. Mais bien entendu Pagnol ne serait pas Pagnol s'il ne glissait pas dans ses dialogues d'un humour savoureux, une tendresse omniprésente.
MERLUSSE est un chef d'oeuvre intemporel. Il nous offre, comme d'ailleurs pratiquement toute l'oeuvre de l'écrivain-cinéaste, un récit plein d'espoir, une histoire qui se termine bien mais qui pose de vrais questions et, au-delà d'un conte qui s'adresse à tous, un texte qui donne manière à réflexion. Le tout dans une bonne humeur communicative. Lire un livre de Pagnol remplace avantageusement n'importe quel anti-dépresseur.
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lundi 20 octobre 2008
Je dois vous confesser une autre de mes petites perversions. Je suis un fan des films de Laurel et Hardy.
C'est sans doute dans mon enfance que j'ai attrapé ce virus, ce goût immodéré pour ces deux comiques. En effet dans les années 50, alors que la majorité des français ne captait qu'une seule chaîne de télévision, dans les Ardennes nous avions la chance de pouvoir regarder aussi Télé Luxembourg qui programmait des émissions pour enfants le jeudi après-midi. Et dans ces programmes, les Courts et moyens métrages de Laurel et Hardy avaient la part belle.
Il est normal qu'un enfant soit enthousiasmé par les petits films de ces deux acteurs et peut-être moins qu'un adulte continue à aimer, mais bon... j'assume sans complexes !
Je possède 12 DVD qui s'ils ne forment pas une intégrale, contiennent quand même le meilleur des courts, moyens et longs métrages des deux compères.
Hier j'ai donc visionné (pour la deuxième fois) LES COMPAGNONS DE LA NOUBA.
Afin qu'ils puissent se rendre à la convention annuel des "Compagnons de la Nouba", Hardy feint d'être malade et demande au docteur de lui prescrire un voyage à Hawaï.
Bien sûr les deux comiques se font filmer à Los Angeles en train de faire la bringue, leurs femmes respectives découvrent au cinéma l'imposture et préparent un accueil « musclé » à leurs maris....
Bon, c'est de l'humour basique, presque simpliste mais très efficace. Les gags s'enchaînent sans qu'aucun temps morts ne laissent souffler le spectateur. Tout le monde connaît Stan Laurel (le grand maigre) naïf, l'ébahis aux actes presque surréalistes et Oliver Hardy (le gros), le « chef » du duo, au tempérament sanguin et éternel victime des gaffes de leur association. Certes c'est de l'humour « tarte à la crème » (combien de portes dans la figure dans un seul court métrage ?) mais ce burlesque de répétition fonctionne à merveille.
J'ai passé une très bonne soirée à regarder ce formidable petit film que j'ai d'ailleurs fait suivre d'un court-métrage : LES DEUX FLEMMARDS : Le jour du mariage de Hardy avec la fille de son patron, Laurel offre un puzzle au futur marié. Le jeu va monopoliser toute l'attention des invités au détriment de la cérémonie de mariage.
Ce DVD contient donc LE COMPAGNON DE LA NOUBA plus six courts métrages. Les films ont été réalisés entre 1928 et 1933.
Je vous conseille ce DVD pour une bonne soirée de rigolade, sans prétention mais de qualité. (Je vous jure que ces films sont en général bien meilleurs que la plupart des films d'aujourd'hui qui se veulent comiques). D'ailleurs je vous conseille les douze DVD de la collection qui, une fois réunis, forment, une image bien sympathique représentant les deux chapeaux de Stan Laurel et Oliver Hardy.Acheter ce film chez Amazon
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samedi 18 octobre 2008

Cigalon est le propriétaire d'un restaurant dans un petit village de Provence. Depuis des années, il refuse catégoriquement de servir les clients. Un beau jour, Mme Toffi, son ancienne blanchisseuse, vient ouvrir un autre restaurant dans le village. Cigalon piqué au vif se remet aux fourneaux...
Haaaa le bon livre que voilà ! C'est du théâtre bien sûr mais cela se lit d'une traite comme un roman « classique ». Mon Dieu que Marcel Pagnol est agréable à lire ! Cigalon est une petite perle, une farce (ce n'est pas péjoratif) qui met en joie. Je l'ai lu très jeune, j'ai vu le film tiré du livre (à moins que cela ne soit l'inverse et que le livre ne soit le scénario du film) puis, dans les années 70 je crois, un téléfilm tout aussi bon et je reviens maintenant à la source, ce merveilleux petit livre bourré d'humour mais aussi de tendresse et d'émotions. Cigalon comme presque toute l'oeuvre de l'écrivain nous montre la Provence telle qu'on la rêve.
Pagnol est un de rares de l'Académie française dont on lit encore les livres. Il devait vraiment dénoter parmi les vieux barbons rabougris qui font l'ordinaire de la prestigieuse mais poussiéreuse institution. Écrivain, dramaturge, historien (Le secret du masque de fer), cinéaste, scénariste, dialoguiste... Pagnol s'est imposé comme un grand dans des disciplines différentes. Il faut absolument lire ou relire « L'EAU DES COLLINES » (JEAN DE FLORETTE et MANON DES SOURCES), ses merveilleux SOUVENIRS D'ENFANCE et la trilogie MARIUS, FANNY, CÉSAR ainsi que TOPAZE, et ... en fait toutes ses oeuvres tellement elles sont plaisantes.
J'ai une grosse envie de relire MERLUSSE tout à coup !
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jeudi 16 octobre 2008

Dix remarquables nouvelles, dix héros. Des héros qui ont des caractéristiques en commun mais pas exactement le même nom: il y a Leo, Lonnie, Leroy, Louis, Lawrence, Leon. Tous ont les mêmes initiales: L. B. Tous vivent au fin fond du Mississippi, aiment conduire des pick-up dans des rues mal famées avec des glacières remplies de bières à portée de main. Ils fréquentent les bars locaux, ont raté leur mariage. Ils parlent peu, ont une faiblesse fatale pour l'alcool, les pick-up et les femmes faciles. Tous pensent trouver une sorte de salut dans une quête intrépide de l'amour.
C'est encore un billet de Daniel Fattore sur son blog Fattorius qui m'a donné l'envie d'acheter ce livre. En fait il conseillait 92 JOURS, nouvelle parue dans cette collection à 2 euros si propice à de splendides découvertes. Comme il était enchanté de sa lecture, je me suis dit qu'il valait mieux m'offrir directement le recueil complet de nouvelles dont était tiré ce récit.
La première partie de DUR COMME L'AMOUR contient huit courtes nouvelles racontant quasiment la même histoire, celle d'hommes subissant la vie plutôt que de se la construire. Ici la bière joue le premier rôle. Aux comptoirs des bistrots, assis sur une marche d'escalier ou au volant d'une voiture, les « héros » de ces récits descendent des cannettes avec une admirable et opiniâtre constance. Souvent sans plaisir d'ailleurs. Ici la bière sert à faire passer le reste, les femmes que l'on a perdues ou que l'on désire sans espoir, les boulots minables ou absents, le fric toujours manquant et en fin de compte la vie elle-même. Un vie écrasante qui ressemble à un éternel présent. La bière peut être un suicide...
La deuxième partie du livre, heureusement très brève ressemble à une petite pièce de théâtre. Des dialogues peu convaincants au service d'une histoire que je qualifierais de brouillonne et sans intérêt.
La troisième partie est uniquement composée de la longue nouvelle : 92 jours qui avait fait l'objet de la chronique de Daniel Fattore sur son blog.
Elle résume à elle seule les huit récits de la première partie. Peu d'actions, une ambiance pesante et une fatalité très perceptible.
J'ai beaucoup aimé ce livre de Larry Brown que je ne connaissais pas et je pense que je me procurerai d'autres de ses oeuvres.
En attendant, je vous le conseille celui-ci. C'est du tout bon !Acheter ce livre chez Amazon
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mardi 14 octobre 2008

Pas facile pour Marie-Anne, jeune institutrice convaincue de son rôle, de s'apercevoir qu'absolument tout le village de Normandie où elle vient d'arriver est dédié à la distillation clandestine d'eau-de-vie ! Curé comme gendarmes se bouchent le nez et ferment les yeux. Calva pour les gosses aux récrés de huit, dix et douze heures ! Rien ne se perd, tout se consomme et le pommier gouverne. Des hommes pour cela veillent, dans l'intérêt général, à ce que la loi ne fasse surtout pas son travail. Car qui dit perquisitions dans les fermes, dit mobilisation générale des fourches et émeute dans l'heure. Mais rien à faire ! Marie-Anne a vingt ans, le regard noir, et n'est pas près d'accepter qu'on lui saoule ses petits élèves. Les familles peuvent hurler, la guerre est ouverte. Et derrière la farce se trouve aussi le drame des filles de ferme trouvées noyées dans les mares...
C'est le billet de Daniel Fattore sur son blog Fattorius qui m'a donné l'envie de lire ce livre. Honte à moi qui ne connaissait pas cette facette du talent de Jean Meckert ! (Jean Amila étant un pseudonyme utilisé pour des romans policiers).
Ce livre, très plaisant, est étonnant à plus d'un titre. Il oscille constamment entre le burlesque (une course poursuite d'anthologie entre policiers et contrebandiers digne de FANTASIA CHEZ LES PLOUCS) et le roman noir avec ses passages à tabac, tueries et autres règlements de compte qui font de ce livre un véritable polar de Série Noire. Mais il ne faudrait pas oublier en plus de ces deux aspects, une dimension sociologique avec la description minutieuse et assez effrayante d'un pays normand totalement sous l'emprise de l'alcool. Il faut lire ces pages qui montrent les écolières d'une classe primaire ayant toutes dans leurs cartables une bouteille de « goutte » juste teintée de café. La jeune institutrice qui essaye naïvement de lutter contre cette tradition se voit désavouer par sa directrice, les parents des élèves bien sûr mais aussi le curé et le député du coin.
On se croirait parfois dans une nouvelle de Maupassant avec son lot de suicides et de ruses sournoises.
Mais tout l'intérêt du livre tient justement au passage du drame à la farce, du roman policier à l'étude de moeurs tout en gardant un ton presque optimiste. Et l'institutrice militante anti-alcoolique et cousine du policier tombe évidement amoureuse du beau contrebandier...
JUSQU'À PLUS SOIF est un très bon roman qui outre son aspect policier décrit, souvent avec humour (le livre se termine sur la description d'un canard... ivre mort), une époque guère lointaine où en Normandie l'alcoolisme était la norme et où il ne faisait pas bon lutter contre elle.
Je me suis régalé à la lecture de ce très bon bouquin et, à peine terminé, j'ai commandé deux autres livres de Jean Amila/Jean Meckert.
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dimanche 12 octobre 2008
ATTENTION FILM CULTE !
Des démêlés avec la censure, une ambiance sinistre et terrifiante, une interprétation prodigieuse de Joe Spinell :MANIAC a renouvelé le film de psychopathe et s'est imposé au fil des ans comme l'une des références du genre.
Un couple d'amoureux est sauvagement assassiné par un tueur en cagoule. Une prostituée est agressée à son tour, puis scalpée. Sa chevelure finira sur la tête de l'un des mannequins ornant la chambre du psychopathe. Hanté par l'image d'une mère trop autoritaire, Frank Zito, le criminel, ne peut réfréner ses pulsions meurtrières. Seule la mort pourrait le délivrer...
Je n'avais vu ce film qu'une seule fois et il y a très longtemps et je me demandais si, avec le temps, je n'allais pas être déçu en le visionnant de nouveau.
Ancêtre du genre « slasher », ce film très « gore » de 1980 est devenu un incontournable du cinéma d'épouvante.
L'acteur principal, Joe Spinell est tout simplement hallucinant et incarne parfaitement un tueur dément. Le scénario, très simple, tient certes sur trois lignes mais est totalement efficace. C'est juste l'histoire d'un malade mental qui chasse, tue et scalpe ses victimes... mais il faut avouer que l'atmosphère glauque et malsaine, le climat permanent de terreur presque traumatisant et le mauvais goût assumé (la jaquette du DVD n'est pas mal non plus dans le genre !) arrivent à glacer le sang du spectateur. Une violence extrême totalement trash rend la vision de MANIAC impressionnante et si quelques scènes sont un peu ridicules (les victimes ont un comportement souvent invraisemblable et ont l'air parfois de « chercher » les ennuis mais il semble que ce soit la loi du genre) et d'autres qui sont un peu bâclées, l'ensemble dégage quand même un climat d'épouvante assez dérangeant.
La scène de poursuite – de chasse pourrait-on dire- est un modèle du genre et se révèle totalement terrifiante. (dommage quand même que dans cette scène la dernière image montre un quai bondé alors que le métro est sensé être désert !) C'est hallucinant de réalisme !
Le final ou l'on assiste au délire du tueur psychopathe est devenu une référence du cinéma "gore" et je ne pense pas que l'on ait fait mieux depuis cette scène culte.
MANIAC est une perle noire du film d'horreur. Il reste très efficace plus de vingt cinq ans après sa sortie et on peut je crois le ranger avec EVIL DEAD, MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE, HALLOWEEN et quelques autres dans les classiques du film d'épouvante. William Lustig a signé avec MANIAC un film fondateur du « gore ».
Une pure réussite à voir et revoir absolument (pour les amateurs de cinéma sanglant bien sûr). 
:diable2:
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vendredi 10 octobre 2008

Éperdu, en fuite après un grave incident, un soldat se réfugie chez la timide servante à laquelle il est fiancé. D'abord partagée entre son sens du devoir et son amour, la jeune fille finit par s'abandonner...
L'auteur de L'Amant de lady Chatterley nous offre trois portraits de femmes prisonnières des convenances, mais aussi de leurs désirs.
De D.H. Lawrence j'avais lu (il y a très longtemps) L'AMANT DE LADY CHATTERLEY, bien sûr, mais aussi LE SERPENT À PLUMES et je n'en ai gardé que des souvenirs plutôt bons mais assez vagues, je dois l'avouer.
A la faveur d'une commande, j'ai donc ajouté ce petit livre pour redécouvrir cet écrivain et éventuellement renouer avec ses écrits.
Trois courtes nouvelles, trois textes passionnés, profonds et surtout très esthétiques. L'ÉPINE DANS LA CHAIR, la première nouvelle qui donne son titre au recueil, est très belle et, dans sa concision, va à l'essentiel. J'ai beaucoup aimé ce récit qui montre l'affolement moral d'une jeune domestique à l'arrivée de son fiancé, soldat en fuite.
COULEURS DU PRINTEMPS et L'ODEUR DES CHRYSANTHÈMES sont également de délicates petites nouvelles agréables à lire, j'allais écrire « à déguster ».
Au final, je suis content d'avoir lu ce petit livre mais je pense que D.H. Lawrence est un peu trop « féminin » pour moi. Il y a un côté « fleur bleue » qui, malgré d'indéniables qualités littéraires, m'empêche d'aimer vraiment ce genre.
Tout en reconnaissant son intérêt, je ne pense pas lire d'autres ouvrages de cet écrivain. En tout cas je ne commanderai pas LES FILLES DU PASTEUR, livre dont sont tirées ce très bon petit recueil mais sans doute un peu trop éloigné de mes goûts en littérature. Cependant je conseillerais, ce livre qui donne une bonne idée du talent de l'auteur, à ceux qui voudraient le découvrir pour un prix très modique.
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mercredi 8 octobre 2008

Un cadavre en morceaux artistiquement répartis est retrouvé aux environs de Paris. La victime a été décapitée et son corps martyrisé a fait l'objet d'une mise en scène défiant l'imagination.
Le commissaire Franck Sharko est dépêché sur les lieux. Les ténèbres, il connaît : sa femme a disparu depuis six mois. Aucun signe de vie, aucune demande de rançon. Et cette nouvelle affaire, en réveillant le flic qui dormait en lui, va l'emmener au cœur de la nuit, loin, beaucoup trop loin...
Il y a déjà plus d'un an (le 17 mai 2007) que j'ai lu et beaucoup apprécié LA CHAMBRE DES MORTS de Franck Thilliez et à la suite de cette lecture j'avais acheté deux autres livres de l'écrivain puis... je suis passé à autre chose.
Et puis j'ai donc enfin renoué avec cet auteur en lisant TRAIN D'ENFER POUR ANGE ROUGE qui, chronologiquement, est antérieur à LA CHAMBRE DES MORTS . Déjà, à l'époque j'avais été frappé par le côté macabre et cruel de ce livre, mais celui-ci bat largement le précédent sur ce point.
TRAIN D'ENFER POUR ANGE ROUGE allie avec bonheur un thriller haletant avec une enquête policière tout à fait palpitante et convaincante. Mais attention, cette plongée dans le monde particulier du sado-masochisme se traduit par un livre très « hard », très dur. Le récit est stressant et les descriptions sont souvent dérangeantes et frôlent l'impensable. Mais que cet aspect terrible ne vous décourage pas d'entamer ce formidable bouquin. Franck Thilliez est un conteur très habile et il excelle à entraîner son lecteur dans un tourbillon de fausses pistes, d'aventures et de rebondissements incroyables, le tout entrecoupé de scènes particulièrement macabres qui nous empêchent de poser le livre avant d'en avoir connu le dénouement.
TRAIN D'ENFER POUR ANGE ROUGE vaut largement les grandes réussites anglo-saxonnes du genre « Thriller horrifique ». Il faut, certes avoir le coeur bien accroché mais ce livre est tout simplement captivant et je vous le conseille. Je ne vais certainement pas attendre très longtemps avant de lire un autre bouquin de Franck Thilliez. J'en possède un autre : « LA FORÊT DES OMBRES » et je viens à l'instant de commander « DEUILS DE MIEL ». Je n'en ai donc pas terminé avec cet écrivain !
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lundi 6 octobre 2008

LA SOLUTION SE TROUVE DANS L'OEIL DE LA MORT.
CHERCHEZ-LÀ.
MAIS PRENEZ VOS PRÉCAUTIONS.
LA MORT VOUS GUETTE.
Cela fait plusieurs années maintenant que je collectionne (entre autres) les livres du Fleuve Noir « Anticipation » . Mais sauf exception, il est assez rare que j'en ouvre un. C'est plus le contenant (les couvertures) que le contenu souvent insipide qui m'intéresse. Mais en fréquentant certains forums, je me suis aperçu que certains de ces bouquins valaient la lecture. J'ai aussi vu que je possédais quelques-uns (j'ai fait une liste) de ces livres recommandés.
Alors j'ai décidé d'en lire un de temps en temps.
J'ai commencé par une valeur sûre, Joel Houssin que je connaissais déjà à travers certains de ces écrits. D'ailleurs, dernièrement, j'ai lu, et apprécié BLUE de cet écrivain ainsi que LE TEMPS DU TWIST, véritable petit chef d'oeuvre de science fiction que j'ai racheté pour une prochaine relecture. Mais il est vrai aussi que j'avais totalement détesté L'AUTOROUTE DU MASSACRE .
En ce qui concerne CITY, il s'agit d'un bon cru.
Dans un futur sans doute assez proche, une ville, City, se trouve dans un état de décomposition avancé. Ses quartiers sont infestés de mutants divers et il est pratiquement impossible de sortir après le couvre-feu. Un scénario classique donc et en partant de cette base, Joël Houssin bâtit un petit roman, il est vrai assez confus, bourré de rebondissements divers où l'on assiste aux aventures de Patrick Stanton, un « nettoyeur » chargé de la protection du président devant venir séjourner dans cette ville. Je serais bien incapable de résumer ce petit bouquin tellement l'action et les péripéties sont nombreuses mais on suit sans ennui les multiples coups de théâtre qui parsèment le récit jusqu'à un final très cinématographique. On regrette que l'histoire ne soit pas plus développée (mais pour cela il aurait fallu que le livre sorte du cadre des 180 pages imposé par le Fleuve noir pour cette collection.
En fait je suis certain que CITY aurait pu faire une très bonne bande dessinée.
Ce livre est très loin d'être un chef d'oeuvre mais il offre un bon petit moment de détente.
J'ai déjà transféré dans ma « pile à lire » quelques autres Fleuve Noir « Anticipation » et « Angoisse » que l'on m'a conseillé. A petites doses et en les sélectionnant en fréquentant des forums spécialisés, ce sont des lectures tout à fait convenables.Acheter ce livre chez PriceMinister
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samedi 4 octobre 2008
Depuis plusieurs mois déjà, j'ai dans l'idée de relire ce chef d'oeuvre qu'est CRIME ET CHÂTIMENT. Alors l'autre jour j'ai fouillé dans le rayon « Littérature russe » de ma bibliothèque et là, surprise ! Je retrouve un livre de poche de Dostoïevski acheté il y a une dizaine d'années et que je n'avais pas encore lu !
C'est génial, j'arrive à faire des découvertes dans ma propre bibliothèque !
Ce recueil de nouvelles réunis cinq formidables nouvelles de ce génie de la littérature russe.
Une sale histoire : cette nouvelle qui donne son titre au livre est une véritable merveille d'une force étonnante. Un haut fonctionnaire, un peu éméché à la suite de quelques libations chez un supérieur hiérarchique, en rejoignant son domicile s'avise de rendre visite à un petit fonctionnaire qui fête son mariage. Cette visite qui se veut amicale tourne vite à la catastrophe. Sa présence modifie l'ambiance de la noce en gênant les convives intimidés par son rang. Puis, Pralinski, à force de boire, se ridiculise et s'empêtre dans une fausse bienveillance qui sème la confusion parmi les invités du marié.
Honte, sentiment de culpabilité, communication impossible entre deux mondes radicalement différents, Dostoïevski décrit admirablement les barrières sociales de la Russie du XIX° siècle.
Un coeur faible commence comme une comédie. Toujours dans l'univers des fonctionnaires Vassia et son ami Arkady tout à la joie du nouvel amour du premier, font des projets d'avenir et oublient un peu vite un travail urgent que doit rendre Vassia à un supérieur. Ce travail devient de plus en plus obsédant jusqu'au terrible dénouement.
Monsieur Prokhartchine montre l'hallucinante pauvreté d'une grande partie de la population russe de cette époque. Ici la misère est montrée sans fioritures. Une nouvelle percutante et tragique et une critique sociale assez désespérante.
Un honnête voleur : ce titre est un bel oxymore et le récit au ton plus léger que les trois précédentes et encore un exemple de description de pauvreté et une peinture poignante de la vie des humbles.
Le crocodile qui clôt ce recueil de nouvelles est à première vue une farce, une plaisanterie littéraire se révèle une critique féroce presque nihiliste des valeurs occidentales. Un récit assez déconcertant.
Ce livre est prodigieux d'intelligence, d'une grande profondeur et donne un plaisir de lecture inouï. Il faut absolument lire ou relire Dostoïevski qui est sans doute un des plus grands écrivains de tous les temps.
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Par Fantasio,
samedi 4 octobre 2008 à 00:00 :: Mes lectures
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jeudi 2 octobre 2008

Trois histoires très différentes, une pléiade de vedettes, et vous avez une trilogie sur la vie dans la mégalopole. C'est le fruit de la collaboration de trois des metteurs en escène américains les plus célèbres. Martin Scorsese, Francis Coppola et Woody Allen.
APPRENTISSAGES de Martin Scorsese. Nick Nolte est la vedette de cette histoire passionnée d'un peintre célèbre déchiré entre son art et son amour pour son assistante.
LA VIE SANS ZOE de Francis Coppola. Talia Shire et Giancarlo Giannini incarnent, dans cette époque satirique, les parents infantiles de Zoé, une fillette de 12 ans, très éveillée, qui apporte une touche de charme et de magie à la vie new yorkaise.
LE COMPLOT D'OEDIPE de Woody Allen. Woody Allen met en scène et interprète, dans cette comédie hilarante, le rôle d'un avocat névrosé incapable d'échapper à l'emprise de la femme de sa vie... sa mère (Mae Questel). Mia Farrow et Julie Kavner sont « les autres femmes ».
Un DVD sympathique qui nous offre trois moyens métrages inégaux mais de qualité.
APPRENTISSAGES, le premier est de loin mon préféré. Cette histoire tout à fait convaincante d'un artiste enfermé dans son art, tourmenté et déchiré entre un amour et son oeuvre mais qui se révélera plus roublard que l'on ne pouvait le deviner est vraiment très bonne. Patricia Arquette est fantastique dans son rôle.
LA VIE SANS ZOE est un conte. Dans une ambiance irréel, ce sont les enfants qui dirigent les adultes. Bien mais un peu trop sucré, trop « Walt Disneyien » pour moi.
LE COMPLOT D'OEDIPE est un film désopilant. Un Woody Allen déchaîné nous offre une histoire déjantée, drôle et sympathique. Cette mère qui harcèle son fils dans le ciel de New York est tout simplement énorme et totalement dingue.
Ce DVD, sans être génial,est bien plaisant et fait passer une bonne soirée. Même le deuxième sketch, à mon avis le moins réussi, est tout à fait regardable.Acheter ce film chez Amazon
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Par Fantasio,
jeudi 2 octobre 2008 à 00:00 :: Films (DVD)
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