jeudi 26 février 2009

Murakami, Ryû : Miso Soup. (Éditions Philippe Picquier)

Kenji, un jeune Japonais de vingt ans, gagne sa vie en guidant des touristes dans le célèbre quartier louche de Kabukichô, à Tôkyô. C'est en compagnie de Frank, un client américain, qu'il parcourt durant trois nuits les lieux de plaisir de Shinjuku : trois nuits de terreur auprès d'un meurtrier inquiétant avec qui il joue au chat et à la souris. Ce roman court et percutant laisse une sorte d'amertume, un goût métallique pareil à celui du sang qui imprègne ces pages minutieuses décrivant - comme l'auteur l'avait magistralement fait dans son roman Les Bébés de la consigne automatique - l'agonie d'un monde sans âme et voué à la solitude.
" La littérature, nous dit Murakami, consiste à traduire les cris et les chuchotements de ceux qui suffoquent, privés de mots... En écrivant ce roman, je me suis senti dans la position de celui qui se voit confier le soin de traiter seul les ordures. "

Deux livres en un ! Avec MISO SOUP, nous avons à la fois un triller haletant dont on ne peut se détacher avant la dernière page mais aussi une sombre étude psychologique très fouillée. Le début du livre est extrêmement énigmatique. L'étrange touriste américain que guide Kenji est-il vraiment un tueur ou le jeune japonais est-il paranoïaque ? Puis une étrange relation se noue entre ces deux êtres aux cultures si différentes et que tout apparemment devrait séparer.
L'auteur nous promène dans un Tokyo inquiétant très loin des clichés habituels. L'angoisse est permanente et tient non seulement à la situation cauchemardesque du roman mais aussi, surtout à l'ambiance morbide de « fin de civilisation » qui règne tout le long du livre. Les protagonistes sont tous assez antipathiques et résignés devant un destin qui semble inéluctable. MISO SOUP décrit un monde immoral où les gens s'ignorent ou ont des relations ambiguës. Les liens familiaux n'existent plus et même Kenji et son amie, Jun, jeune lycéenne qui se prostitue à l'occasion ont de curieux rapports. On devine que ce couple n'est pas fait pour durer.
Il n'y a que quelques pages de violence dans ce livre mais elles sont très intenses, presque gores, mais contrairement à ce que l'illustration de couverture pourrait laisser envisager, pas de sexe. Pas de chapitres, ce qui donne à ce récit formidablement prenant un caractère d'urgence inouï. La postface de l'écrivain qui décrit son avis sur la civilisation japonaise et occidentale éclaire aussi le lecteur sur l'amoralité assumée du roman qui distille une profonde angoisse et une ambiance de tristesse omniprésente.
MISO SOUP est un roman atypique, mélange réussi de thriller passionnant jusqu'à la dernière page et d'un profond travail de réflexion psychologique sur notre monde et la perte de sens de la civilisation actuelle.
J'ai adoré ce roman.



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lundi 23 février 2009

Donleavy, J.P. : Dame qui aimait les toilettes propres (La). (Folio)

Jocelyn Guenevere Marchantière Jones, quarante-deux ans, milieu huppé, résidence superbe près de New York, est plaquée par son mari, ignorée par ses enfants et nouée par son homme d'affaires, qui dilapide la coquette pension de son divorce. C'est le début d'une implacable spirale. Brièvement serveuse, elle envisage de devenir prostituée ou nonne, puis caresse l'idée du suicide. Elevée par sa grand-mère pour demeurer une " dame " en toutes circonstances, elle est obsédée par l'idée de se soulager uniquement dans des toilettes immaculées. Par une extraordinaire ironie du destin, c'est dans un établissement funéraire aux toilettes divines que sa vie bascule...

C'est un très plaisant petit livre que celui-ci. Sous titré : « Chronique d'une des plus étranges histoires colportées dans les environs de New York » ce récit dénonce sur un mode léger et souvent comique, les travers de la « bonne » société huppée new-yorkaise. Une société où il ne fait pas bon dégringoler l'échelle sociale et où les portes se ferment très vite à celui ou celle qui ne peut plus tenir son rang. Mais encore un fois, la narration sémillante et le ton enjoué font de cette histoire un très agréable divertissement. Ce qui traité différemment pourrait s'apparenter à une descente aux enfers se révèle ici une comédie gaie et sympathique.
La fin, assez surprenante, s'apparente à un conte de fée et achève de donner à ce bouquin, très drôle une dimension cocasse.
Un bon petit livre très plaisant qui fait passer une bonne soirée de lecture.



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vendredi 20 février 2009

Caroff, André : Hallucinations. (Fleuve Noir "Angoisse")

Certes je savais qu'André Caroff était un bon auteur des éditions du Fleuve Noir mais je dois avouer que ce livre, paru en 1961, est une bonne surprise.
Commençant comme un classique livre de terreur, il devient vite, tout en gardant sa dimension « épouvante », un huis-clos tout à fait passionnant.
François Petit, industriel, sort tout juste de l'hôpital suite à une trépanation consécutive à un accident de voiture. Il souffre d'hallucinations diverses, de terribles migraines, fait d'horribles cauchemars et écrit d'étranges messages pendant son sommeil.
En urgence, il doit rencontrer un client allemand, Franck Hinrichsen, et pour cela prend le train. Un mystérieux petit homme le prévient qu'un déraillement est imminent et lui sauve ainsi la vie. Mais était-il vraiment réel ?
Arrivé à destination, François Petit se retrouve coincé par la tempête dans la maison de son client absent, en compagnie de Magda, la femme de celui-ci, de Romy sa petite fille, de sa belle soeur Lore, et de sa mère. Très vite des événements mystérieux apparaissent. La mère de l'industriel allemand est assassinée et tous se soupçonnent mutuellement. François n'est même pas certain d'être innocent à cause de ses absences et hallucinations...
Je passerai sur les innombrables péripéties et bien sûr du dénouement pour simplement affirmer que ce bouquin est tout simplement captivant. Certes il souffre de quelques défauts comme une caricature assez pénible de l'accent et des coutumes allemandes (Magda commence chaque phrase par « ach » et c'est assez lassant) mais le récit est assez haletant pour faire oublier ces quelques travers.
HALLUCINATIONS est un récit sans prétention mais qui fait passer une bonne soirée. Il mériterait même une réédition. Dans cette COLLECTION « ANGOISSE » je possède encore deux livres de cet écrivain que je lirai sans doute sous peu.
Si par hasard vous tombez sur ce livre chez un quelconque bouquiniste, n'hésitez pas. C'est du tout bon !



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mardi 17 février 2009

Pivot, Bernard : 100 expressions à sauver. (Albin Michel)

" Courir le guilledou - Faire la sainte Nitouche - En baver des ronds de chapeau - Se monter le bourrichon - En avoir sa claque - Changer de crémerie - Laisser pisser le mérinos... Nées pour la plupart de la verve populaire, les expressions ont de la couleur, de la saveur, de la tchatche, de l'humour, de la drôlerie, de la cruauté, de la sagesse, de la poésie. Pourtant, certaines vieillissent, passent de mode, paraissent de plus en plus énigmatiques. Pourquoi ne pas en sauver quelques-unes de l'oubli qui les menace comme j'avais réussi à redonner du tonus à certains mots ?
Vous aussi, tirez de votre conversation ou de votre mémoire des expressions en voie de disparition. Rappelez-vous, amusez-vous, inventoriez, fichez, employez, osez, étonnez, ayez de l'expressivité... En route, mauvaise troupe ! Fouette, cocher ! Et que ça saute ! "

Bon, manifestement ce bon Bernard Pivot avait besoin de quelque argent pour boucler ses fin de mois...
12 € pour 140 pages à la typographie très aérée (il est paru en poche depuis) c'est vraiment beaucoup. D'autant plus que les trois quarts de ces fameuses expressions à sauver sont non seulement tout à fait courantes mais employées régulièrement dans les conversations et en littérature.
Ce livre se parcoure en quelques minutes. La plupart du temps on ne trouve pas l'origine de l'expression présentée, pas ou peu d'explications étymologiques et l'on sent que Pivot expédie en vitesse ce bouquin pour passer à autre chose.
Ce petit livre n'est absolument pas indispensable. Il laisse la désagréable impression que l'auteur se sert de sa notoriété pour arrondir ses fins de mois.
Plongez vous plutôt dans
LE PETIT ROBERT ou tout autre ouvrage sérieux.
Pas de lien Amazon pour ce petit bouquin qui frôle l'escroquerie.

samedi 14 février 2009

Pelot, Pierre : Sourire des crabes. (Presses Pocket)

Cath et Luc ont fait quelque chose de défendu. De très défendu. Et les crabes se sont mis à sourire... Alors, ils sont partis tous les deux. Loin de leurs parents. Sur l'autoroute. Direction : le bout de la nuit. Et vite. Vite ! Vite !
Un livre dur, sans concession. Une violence à couper le souffle. Un mépris total des interdits et des tabous. Une explosion de sang et de colère. Et surtout une dynamique, une rapidité qui vous entraînent sans vous laisser un seul instant pour respirer. Livre déconseillé aux personnes sensibles !

Cath et Luc sont frère et soeur. Ils s'aiment, ils rêvent dans une France soumise à une dictature qui leur est insupportable. Ils sont fous... et dangereux.
Dans ce futur proche (1996, le bouquin date de 1977) les deux amants vont changer une autoroute en un enfer de violence. Destruction totale d'une station service, massacre dans un centre commercial, prise d'otage, meurtres gratuits... Leur folie destructrice ne connaît aucune limite. L'écriture presque cinématographique fait irrésistiblement penser à des films comme « Tueurs  nés» ou « Baise-moi », la petite pointe de science fiction n'étant qu'un prétexte permettant à l'auteur plus de libertés. L'action se double d'un réquisitoire féroce envers la (notre) société dans un langage anarcho-gauchiste tout à fait typique des années 70 et, il faut bien l'avouer, un peu daté dans la forme. Le bouquin est passionnant et la fin absolument superbe et inattendue.
Ce livre est vraiment bon. Et si le raisonnement politique qui se dégage du livre semble un peu obsolète, cela n'enlève rien à l'intérêt du livre.
Bref, voici un petit bouquin cruel, plein d'une folie presque gore par moment mais jamais gratuite. Une véritable réussite de Pierre Pelot/Pierre Suragne, LE SOURIRE DES CRABES est un livre que je vous conseille.



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mercredi 11 février 2009

Wharton, edith : Xingu. (Mille et Une Nuits)

Dans le cadre de leur club très fermé, des femmes de la meilleure société américaine ont invité la romancière en vogue Osrine Dane, celle qu'il faut absolument avoir lue.
Précieuses et ridicules, elles y vont de leurs commentaires insipides et ne manquent pas de s'attirer en retour les foudres de l'écrivain. Contre toute attente, l'une d'elles renverse la situation et met à mal l'écrivain en lui demandant ce qu'elle pense de Xingu... Quel est donc ce Xingu que tout le monde semble connaître ?
Auteur du TEMPS DE L'INNOCENCE, Edith Wharton (1862-1937), ironise avec virtuosité sur le snobisme en matière de culture.

Quelle merveille ! Ce petit livre (en fait un simple nouvelle) est un pur moment de bonheur et un bel exemple de littérature intelligente et cruellement drôle.
Tout le monde devrait lire ce texte. D'abord parce qu'il est formidablement bien écrit et ensuite car il nous offre en quelques pages un pur concentré d'un véritable talent littéraire. L'écriture est à la fois raffinée et véritablement féroce.
Un régal ! :boing:
Pour la ridicule somme d'un euros cinquante, offrez-vous un chef d'oeuvre. Je pèse mes mots, ce livre est indispensable.
Après la lecture de XINGU, je SAIS que vous allez me remercier.
Merci aux éditions Mille et Une Nuits de nous offrir de petits bijoux comme celui-ci.
:top:



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dimanche 8 février 2009

Agus, Milena : Mon voisin. (Liana Levi "Piccolo")

Glisser dans la baignoire en changeant le rideau de douche, faire croire à un accident, confier le petit à une famille normale... Pour se délester de la pesanteur de la vie, elle s'amuse à imaginer le suicide parfait. Mais le jour où le voisin entre dans sa vie, son regard sur le monde change. Dans un Cagliari écrasé de soleil, Milena Agus met en scène des personnages hors normes, enfants en mal d'amour, adultes en quête d'un peu de douceur.

Les livres se suivent et ne se ressemblent pas. Après le gros pavé de mon dernier billet, voici un livre minuscule d'une cinquantaine de pages.
Mais heureusement, la valeur d'un récit ne se mesure pas à l'épaisseur du bouquin.
Cette nouvelle fait se rencontrer à travers des enfants une femme suicidaire avec un homme, son voisin, qui lui serait plutôt obsédé par la peur de la mort.
C'est un très beau texte optimiste et lumineux.
Pour moins de trois euros, il serait dommage de ce passer de ce bon petit moment de lecture. Quand à moi ce court récit m'a permit de découvrir Milena Agus et d'avoir envie de lire d'autres oeuvres de cette écrivain.


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jeudi 5 février 2009

Edwards, G.B. : Sarnia (Éditions Points)

Ebenezer Le Page est un drôle d'oiseau misanthrope, misogyne et mauvais coucheur, ce paysan-pêcheur de l'île de Guernesey est, au fond, un grand sentimental. Voyant sa fin approcher, il consigne sur un cahier d'écolier l'histoire de sa vie et celle de son île, de 1880 à 1960. Observateur implacable, Ebenezer nous immerge dans un microcosme insolite et truculent.

Tout d'abord je dois dire un grand merci à mon amie PFCK-Cavalier pour m'avoir offert ce livre. Pour le cadeau bien sûr mais aussi pour la découverte de ce formidable bouquin.
:top:
SARNIA (ancien nom latin de l'île de Guernesey) est un gros pavé de près de 700 pages à la typographie serrée. C'est un roman d'une densité extraordinaire qu'il faut lire assez lentement car sa compréhension exige de bien assimiler l'incroyable nombre de protagonistes présentés par le narrateur, Ebenezer Le Page.
À la fin de sa vie, Ebenezer ressent le besoin de coucher son histoire sur trois gros cahiers d'écolier. Ce paysan-pêcheur au caractère bien affirmé, bougon, râleur et misogyne, farouchement indépendant, raconte donc à travers une multitude d'anecdotes mettant en scène tous ses cousins, grands oncles, beaux-frères, tantes, amis et voisins, bref pratiquement toute l'île, l'histoire de Guernesey de la fin du XIX° siècle jusqu'à l'aube des années 70.
La première partie, celle de son enfance et de sa jeunesse dépeint d'une manière extraordinaire la vie quotidienne des îliens à travers la description des personnages que côtoie Ebenezer. Descriptions souvent peu flatteuses d'ailleurs, le regard que porte le narrateur sur ses contemporains étant assez cruel et en tout cas sans complaisance. Il nous fait partager ses petits bonheurs, ses peines, ses deuils et dessine petit à petit, sur un mode doux-amer, un monde, maintenant disparu et terriblement fascinant, un mode de vie, un art de vivre pourrait-on dire où les conflits et les secrets de famille restaient bien cachés. Un petit monde où l'incroyable diversité des religions et chapelles dressait des murs infranchissables entre des familles que tout pourrait rapprocher.
La deuxième partie, plus mouvementée se déroule pendant la seconde guerre mondiale et Ebenezer dévoile sa véritable personnalité. Le gars simple mais pas forcément sympathique se révèle, malgré sa misanthropie assumée, beaucoup plus humain, honnête homme et courageux que l'on pouvait le supposer. Sa compassion pour son cousin Raymond, son comportement (allant jusqu'au meurtre) pendant l'occupation allemande le rend nettement plus plaisant aux yeux du lecteur. Ce qui ne l'empêche pas de continuer à décrire ses proches avec un art particulier qui consiste à dire du bien de quelqu'un tout en faisant comprendre que le contraire de ce qu'il affirme est sans doute probable.
La troisième partie alternant entre le doux-amer et le presque comique, décrit sa quête d'un héritier potentiel. En effet, outre sa petite maison, il possède un bon paquet de souverain en or dan son « pied du couche » et dans une cassette enterrée dans le jardin au pied d'un arbre. Cette quête lui donne l'occasion de visiter une dernière fois son île et de revoir tous les nombreux membres de sa famille éloignée. Certaines scènes frisent le burlesque et en tous cas le ton et nettement plus réjouissant que dans les chapitres précédents.
Cette dernière partie, assez nostalgique aborde aussi le fossé des générations et l'apparition d'un monde qu'il ne peut et sans doute ne veut pas comprendre.
Ce récit-confession extraordinairement fouillé est un pur bonheur de lecture. L'émotion est toujours présente ce qui n'empêche nullement un humour discret mais omniprésent. On a du mal à croire à une fiction tellement cette histoire paraît véridique !
« Une oeuvre de génie » affirmait le Prix Nobel de littérature William Golding et franchement SARNIA est un livre fantastique et monumental qui se dévore. C' est tout à fait le genre de bouquin qui, après lecture, vous accompagne le reste de votre existence. Un de ces livres qu'on ne peut en aucun cas oublier. Un de ceux que dont on ne supporte pas l'absence de sa bibliothèque.
Un GRAND livre. :boing:
Encore merci PFCK-Cavalier pour ce fantastique moment de lecture ! :fleurs: :bouquin2:
J'en profite pour donner l'adresse de deux de tes magnifiques sites :

- Hauteville House consacré à la maison de Victor Hugo sur l'ïle de Guernesey (tiens, tiens... :langue: )
- Maisons d'écrivains


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lundi 2 février 2009

Yarbro, Chelsea Quinn : Fausse aurore. (Denoël)

L'Apocalypse, c'était hier.
À force de consommation effrénée, de pollution, de catastrophes nucléaires, le système a fini par craquer et la Terre est retournée à l'état sauvage. Pour Théa, qui a réussir à survivre jusqu'à l'âge de ving-sept ans, la civilisation n'est plus qu'un souvenir d'enfance, à écarter définitivement de sa mémoire quand on, jour après jour, à se battre contre le froid, contre les bêtes féroces et surtout contre les hommes qui violent, mutilent, tuent, massacrent.
Jamais peut-être un écrivain de SF n'a donné de cet enfer qui nous guette une image plus réaliste et plus bouleversante.

Voici un roman « post-apocalyptique » que l'on m'avait conseillé sur un forum et que je ne regrette pas d'avoir lu.
C'est l'histoire de Thé, jeune femme de vingt sept ans cherchant à fuir une bande de pirates (modernes) qui tombe nez à nez avec Evan, blessé. Les deux vont cheminer ensemble à la recherche de « Gold lake » une communauté, véritable île de raison dans un monde retourné à la barbarie.
Durant leur périple, ils rencontreront des pirates à la Mad Max, une effrayante communauté de religieux intégristes et la folie sous toutes ses formes. Leur voyage dans un monde hostile et hivernal est ici raconté dans les moindres détails.
Curieusement, si au début du roman l'accent est mis sur le côté science fiction de l'ouvrage (mutations, araignées d'eau devenues mortelles...) au fur et à mesure de la progression du récit, cette facette s'estompe au profit d'une aventure presque classique. (Il faut quand même noter que le bras amputé d'Evan repousse lentement, il y a des avantages à être un mutant !)
Le rythme est lent mais c'est ce qui fait la force et le charme de ce livre et on prend plaisir à suivre nos deux héros dans leur lente et périlleuse avancée ainsi que dans leurs rapports qui passent de la méfiance à l'amour. Les scènes d'action sont entrecoupées de considérations et critiques sur la société de consommation qui ne sont pas sans rappeler celles d'un Barjavel par exemple.
Le roman est classique dans son fond comme dans sa forme. Il est sans surprise pour l'amateur de cette branche de la SF mais ce lit avec un réel plaisir.
FAUSSE AURORE est un bon livre.



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