jeudi 28 mai 2009

NOËL, Jérôme. ROBERT Catherine. GERMON, Olivier. MARTIN, Steve. PARACELSE: Lisière.

C'est sur le blog de mon copain Oggy que j'ai découvert cet opuscule. En fait, Oggy ne le conseillait pas, il exigeait son achat par les lecteurs de son blog.
Alors devant cette injonction, j'ai cédé....
Ce petit recueil contient onze petites nouvelles d'un niveau forcément inégal mais toutes sont d'une lecture agréable. Quelques dessins fort sympathiques de Michel agrémentent les textes.
Les sept premiers textes de ce petit livre sont de Jérôme Noël.
GOLDRUSH nous raconte l'histoire de Greedfull, un à l'époque mythique de la fameuse ruée vers l'or au Klondike. Sa rapacité va l'amener à sa perte. Texte classique à la fin assez prévisible, il reste cependant bien sympathique.
LA DERNIÉRE FOLIE DE CHI-CHI LARUE se déroule pendant le tournage d'un film pornographique gay. C'est assez drôle mais je doit dire que le final me laisse assez dubitatif. C'est, à mon avis le texte le plus faible du recueil.
SNACKYCOOKIE est un texte de fiction parodique« à la Jacques Sternberg » dont l'intrigue est basé sur l'appétence des américains pour les produits sucrés. L'auteur ne maitrise visiblement pas les mécanismes de l'économie ni de la politique mais le but de cette réjouissante nouvelle n'est sûrement pas la crédibilité.
APRÈS T est un très bon récit où l'on apprend comment s'affrontent les forces du bien et du mal avec pour enjeu le monde. Texte très original et j'ai beaucoup aimé.
LISIÈRE qui donne son nom au recueil est très bien écrit et énigmatique à souhait. Il faut noter, et ceci est valable pour toutes les nouvelles de Jérôme Noël, que l'écriture, précise et riche participe pour beaucoup au plaisir de la lecture.
LES SQUATS – N°16-LA RUE DES DOUVES est superbe. Le récit monte en puissance pour atteindre une rare intensité vers la fin. Le dénouement de l'histoire est d'une brièveté percutante. J'ai beaucoup aimé.
TANGRAM est tout simplement génial. Cette histoire est à la fois captivante, originale et terrible. Franchement elle est la meilleure (avec la précédente) de cette partie de l'opuscule.
L'ARME de Catherine Robert est un court texte assez classique sur la fascination envers les armes à feu. Son traitement en fait tout l'intérêt.

DANS LE COULOIR d'Olivier Germon est une superbe petite nouvelle d'épouvante. La fin est glaçante. J'ai adoré !
DANS LE MIROIR de Steve Martin est un très bon récit également. En quelques lignes, il décrit un monde effroyablement désespérant.
JÉSUS REVIENT de Paracelse est un texte parodique sur le monde médiatique. C'est tout à fait drôle, acide et vraiment sympathique. Je me suis régalé.
Voilà. J'ai passé un très bon moment à lire ce petit livre. Tous les textes (à l'exception peut-être de la deuxième nouvelle dont la fin m'a laissé perplexe) sont de très grande qualité Je pense qu'ils ne seraient pas déplacés dans une anthologie publiée chez un grand éditeur.
J'espère bien pouvoir rapidement lire une deuxième livraison de cette « revue /fanzine ».
En tout cas je vous engage chaleureusement à vous procurer ce petit livre.

Acheter LISIÈRE sur le site de l'auteur.

lundi 25 mai 2009

Un tag de Soie

Je viens d'être gentiment tagué par Soie .
Il s'agit d'un petit questionnaire sur mes habitudes et manies de lecteur et j'y réponds volontiers.




- Plutôt corne ou marque-page ?
Jamais de corne ! Je respecte trop le livre pour ça. Par contre, malgré une belle petite collection de marques-pages tous très beaux, je trouve plus commode de me servir d'une carte postale ou d'une image de taille équivalente. J'en change régulièrement pour varier les plaisirs.

- As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?
J'en reçois sans arrêt ! Tous mes amis connaissent ma passion pour la lecture. Alors du plus simple bouquin de poche d'occasion au « beau » livre à la splendide reliure, je suis la cible idéal pour ce genre de cadeaux.

- As-tu déjà pensé à écrire un livre ?
Quel est le lecteur passionné qui n'y a jamais songé ? Mais quelques essais dans ma jeunesse m'ont permis de vite comprendre que je n'ai strictement aucun talent. Je suis un lecteur et je me cantonne à ce rôle.

- Lis-tu dans ton bain ?
Ni dans mon bain, ni sous la douche, ni aux toilettes, ni en roulant à moto. C'est un principe.

- As-tu un livre culte ?
Pffffff pas un, des tas ! Les Misérables de Victor Hugo ou Chroniques Martiennes de Ray Bradbury sont les deux premiers qui me viennent à l'esprit.

- Aimes-tu relire ?
Oui et c'est un de mes problèmes. J'aimerais relire plus souvent. Et non seulement j'ai une « pile à lire » mais de plus une pile, virtuelle celle-là, à relire. Cela fait deux ou trois ans que je me promets de relire « Crime & châtiment », « Le comte de Monte-Cristo »ou mes vieux « Bob Morane » par exemple...

- Que penses-tu des séries en plusieurs tomes ?
Pas grand chose. J'évite seulement de commencer une série de romans dont j'imagine que je pourrais me lasser. C'est pour cela que je ne lis pratiquement pas d'Héroïc fantasy. En général le récit devient gonflant vers le troisième ou quatrième tome d'une histoire qui en comporte quinze ! Mais je n'ai pas peur des gros livres.

- Rencontrer ou pas les auteurs de livres qu'on a aimé ?
Non, je n'en rêve pas. Ou alors j'aimerais une longue, très longue conversation avec l'écrivain en question. Mais soutirer un autographe et obtenir deux mots polis d'un auteur ne m'intéresse pas vraiment. Je n'ai pas l'esprit « Fan ».

- Comment choisis-tu tes livres ?
Critiques sur des blogs ou dans des revues, bouche à oreille, coup de cœur pour une couverture, conseil d'un libraire... tout est bon pour me faire craquer.

- Une lecture inavouable ?
« Il n'y a pas de mauvais livres mais de mauvais esprits », je n'ai aucun tabou et je peux très bien lire un livre pour enfant, un roman à l'eau de rose ou au contraire un livre pornographique. Je ne rejette rien.

- Un livre idéal pour toi ce serait ?
Il est très courant. C'est juste un livre passionnant qui abolie le temps. Qu'il laisse un souvenir impérissable ou qu'il s'oublie rapidement, ce n'est pas vraiment important. Le livre idéal est celui que l'on dévore.

- Aimes-tu parler de tes lectures ?
Bien évidement. Il m'arrive souvent, je le sais, de saouler mes amis avec mes conseils insistants.

- Des endroits préférés pour lire ?
MON CANAPÉ ! Je bouquine allongé avec un tas de coussins sous la tête, un verre de bière ou de Perrier à porté de main. C'est LE bonheur !

- Télé, Jeux vidéo ou livres ?
Un bon petit film ou un DVD de temps en temps (pas plus de deux fois par semaine) mais ma vraie passion est bien la lecture. Jeux vidéo ? Non ou alors pendant les heures de boulot. Mais je ne suis ni doué ni passionné alors...
Je suis définitivement un lecteur fanatique !

- Lire en musique ou en silence ?
En silence. Quelques essais n'ont pas été concluants. Soit cela m'agace, soit tellement plongé dans ma lecture je n'entends rien. Je laisse donc ma chaîne au repos.

- Lire par dessus l'épaule ?
Non, ou alors juste le titre par curiosité.

- Lire un livre électronique ?
Je n'ai pas encore eu cette occasion. Mais cela m'étonnerait que l'on puisse remplacer le plaisir de la vue, l'odeur, le toucher du papier. Je pense que le livre électronique à un bel avenir dans les études ou le domaine professionnel mais pour la lecture d'agrément, je ne suis pas persuadé de l'utilité du bidule. J'ai déjà du mal à lire sur mon PC, j'imprime le texte.

- Livres empruntés ou livres achetés ?
Les deux mon général ! Seul problème, si j'ai adoré un livre emprunté à un ami, je ne peux lui rendre qu'avec grande difficulté. Pour un qui vient de la bibliothèque et que j'aime vraiment... je file l'acheter !

- Quel est le livre que tu lis actuellement et quel sera le prochain ?
BAR 2000 de Stefano Benni. Le prochain sera sans doute LE COMPTE À REBOURS A-T-IL COMMENCÉ d'Albert Jacquard. J'ai aussi un bon tas de chouettes livres de science-fiction à lire d'urgence.

- As-tu déjà abandonné la lecture d'un livre ?
Oui mais rarement. Il faut vraiment qu'il me gonfle. J'ai toujours l'espoir que je tirerai quand même quelque chose d'une lecture. Quand je lis un livre vraiment nul, il m'arrive de sauter des pages et /ou de lire en diagonale. Mais c'est très exceptionnel.

- Quel est le premier livre que tu as adooooooré d'amour ?
Sans doute le premier ! Mais c'est si loin !
Grand souvenir quand même pour la clé du bahut , un formidable petit roman pour la jeunesse et aussi pour mon premier livre de lecture scolaire. Mais je pense sincèrement que toutes mes premières lectures ont été marquantes et ont changées ma façon de voir le monde. Elles ont sans doute été déterminantes pour mon parcours de vie. Je ne me suis jamais remis de la découverte des livres.

Voilà je passe le relais à qui le veut. Mais je serais curieux de lire les réponses de Sybilline, Constance Calepin , Argentel , Sentinelle Claudius et d'Oggy sur leurs blogs respectifs.

jeudi 21 mai 2009

Welsh, Irvine : Ecstasy "Trois contes d'amour chimique". (Points)

« On est tous des déjantés et nos yeux ne sont plus que de grandes flaques noires d'amour et d'énergie. »

Des handicapés montent une organisation terroriste. Un auteur de romans sentimentaux s'adonne soudain à la pornographie. Un couple d'accidentés de la vie fusionne dans l'amour absolu. Tous conjuguent trois addictions : vengeance, amour et drogue. Que se passe-t-il lorsque les fantasmes envahissent le quotidien ?

LORRAINE À LIVINGSTON
Le début de la première nouvelle de ce recueil est prometteur. Avec cette femme auteur de roman à l'eau de rose qui, par vengeance envers son mari qui la trompe et conseillée par une infirmière, fait déraper ses écrits vers une pornographie bien cradingue. On y croise des personnages assez ignobles comme cet ami adepte de la nécrophilie et des paumés plus ou moins sympathiques.
Mais ce récit semble bâclé et ne tient pas vraiment ses promesses. C'est le plus court des trois et curieusement il comporte des longueurs (comme par exemple de trop longs extraits de l'œuvre sentimentale de Rebecca Navaro, l'héroïne de cette histoire). Mais l'humour y est omniprésent et fait passer les défauts et l'invraisemblance des situations.


LE BONHEUR SE CACHE TOUJOURS
La deuxième nouvelle est passionnante. C'est une intrigue policière totalement délirante et très cruelle. Les courts chapitres se succèdent et, petit à petit, les pièces du puzzle intrigant du début se mettent en place. Les protagonistes de ce récit sont presque tous d'infâmes individus. C'est très bon, très prenant et j'ai beaucoup aimé cette histoire déglinguée.


LES INVAINCUS
La troisième partie du livre est consacré à une nouvelle qui n'en est pas vraiment une. On pourrait plus parler de reportage sur un trentenaire dont la vie ne tourne plus qu'autour de l'ecstasy, LSD, et autres substances chimiques. Mais pratiquement tout le monde dans ce récit est atteint de « blues urbain » et ne vit que pour et par la drogue, l'alcool et la musique du samedi soir. Les chassé croisés amoureux n'arrivent pas à masquer une totale et sans doute irrémédiable incommunicabilité. Le récit très haché paraît léger mais nous présente une société en décomposition où l'individualisme se cache derrière des amitiés que l'on devine plus que fragiles. Une histoire désenchantée ou la drogue est le véritable sujet.

Dans l'ensemble j'ai apprécié ses trois récits (parfois un peu décousus cependant). Si les protagonistes de toutes ces histoires sont tous des êtres incultes, bêtes et souvent méchants, L'écriture particulière est assez séduisante. J'ai encore deux romans de cet écrivain en attente dans ma PAL. J'en suis heureux.



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lundi 18 mai 2009

Koja, Kathe : Extrêmes. (Flammarion)

Une femme délaissée prend racine dans le jardin de son compagnon... Un homme rescapé d'un accident d'avion se découvre le pouvoir de voler... Un thérapeute fasciné par les dessins obscènes d'une de ses patientes sent vaciller ses certitudes... Une jeune vendeuse épie à travers la cloison les ébats de sa voisine avec un amant mystérieux. Uri jour, elle décide de séduire celui-ci... Un couple recourt à un masque en cuir SM pour pimenter sa vie sexuelle. Mais ce troisième partenaire acquiert peu à peu une inquiétante autonomie... Quand le sordide bascule dans le cauchemar, l'esprit enfante des monstres et les obsessions grandissent jusqu'à l'extrême. Seize tableaux des enfers de la folie, de la perversité et de l'autodestruction où l'on reconnaît la patte d'un maître de l'horreur moderne, entre Clive Barker et William S. Burroughs.

Kathe Koja est l'auteur des romans Brèche vers l'enfer (couronné du Prix Bram Stoker), Décérébré, Corps outragés, Le Sang des anges, ainsi que de nouvelles parues dans nombre de magazines et d'anthologies depuis 1988. Elle vit dans la banlieue de Detroit avec son mari, l'artiste et photographe Rick Lieder, et son fils Aaron.

Je ne dirai pas que le texte de quatrième de couverture est malhonnête. Par contre il est incomplet et oublie une dimension essentielle du monde très personnel de Kathe Koja : la poésie.
Il est vrai que les textes qui composent ce livre sont souvent dérangeants. Kathe Koja écrit très « crûment » . Le corps humain et ses sécrétions diverses sont décrits sans concessions. L'univers de l'auteur est obsessionnel et fissure une société qui paraît bien ordonnée.
Mais presque toujours, au moment où on ne l'attend pas, l'écrivain nous offre de beaux moments de tendresse, de poésie cachée.
Certes les nouvelles d'EXTRÊMES sont sombres, parfois même sales, mais elles sont toujours passionnantes et posent toujours des interrogations captivantes. Certains d'ailleurs seront, je pense, rebutés par le côté obscur, difficile voir même abscons de la plupart des textes.
Pour ma part, j'aime beaucoup ce genre de nouvelles. Non seulement la fin des récits est ouverte mais souvent elle est plus qu'énigmatique. Kathe Koja laisse son lecteur interpréter ses textes. Cela peut s'avérer agaçant mais toujours enrichissant.
Je crois sincèrement que l'on adore ou on déteste ce livre. Pas de milieu !
J'AIME ! :danse:
De Kathe Koja, j'ai déjà lu et aimé le roman BRÈCHE VERS L'ENFER



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jeudi 14 mai 2009

Delecroix, Vincent : Chaussure sur le toit (La). (Folio)

« Dans cette époque, ai-je dit à voix haute, le sacrifice d'une chaussure vaut bien le sacrifice d'une vie n'est-ce pas ? »
Au centre du roman, une chaussure abandonnée sur un toit parisien. Tous les personnages du livre fréquentent le même immeuble, à proximité des rails de la gare du Nord. On rencontrera un enfant rêveur, un cambrioleur amoureux, trois malfrats déjantés, un unijambiste, un présentateur vedette de la télévision soudain foudroyé par l'évidence de sa propre médiocrité, un chien mélancolique, un immigré sans papiers, une vieille excentrique, un artiste (très) contemporain, un narrateur au bord du suicide... et une chaussure pleine de ressources romanesques, tour à tour outil de vengeance, objet philosophique, support amoureux...
L'imbrication des histoires les unes dans les autres à l'intérieur du roman permet à Vincent Delecroix d'aborder des registres très différents, du délire philosophique à la complainte élégiaque en passant par la satire de mœurs et par la peinture drolatique de la solitude – thème de prédilection de l'auteur.

C'est par hasard que j'ai acheté ce livre, attiré par le titre mais aussi par l'énigmatique illustration de la couverture. Bien m'en a pris.
Ce livre est un petit bijou d'intelligence et les dix récits qui le composent sont à la fois drôles et profonds. Dix nouvelles pleines d'imagination, dix petites fantaisies imbriquées les unes dans les autres qui forment un roman à tiroirs tout à fait réjouissant.
Chaque récit tourne donc autour d'une chaussure (jamais la même) énigmatiquement posée sur le toit d'un immeuble. Et chaque nouvelle est joyeusement délirante.
Romantique, léger voire faussement naïf, ce livre nous montre en fin de compte les multiples visages de la solitude. La philosophie n'est pas absente, de même qu'une surprenante revisite du mythe de Philoctète. Sophocle s'en retournerait dans sa tombe !
Mais rassurez-vous, LA CHAUSSURE SUR LE TOIT est un véritable bouquin de détente. Un jeu sur les variations d'un thème qui donne le tournis et force l'admiration. Vincent Delecroix (qui enseigne la philosophie, tiens tiens...) nous offre avec ce livre un chouette moment de lecture. Intelligent mais très ludique.
Je vous conseille chaleureusement ce très bon petit bouquin.


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lundi 11 mai 2009

Shaffer, Mary Ann & Barrows, Annie : Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates (Le). (Nil)

«Je me demande comment cet ouvrage est arrivé à Guernesey. Peut-être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu'à leur lecteur idéal...»

Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet pour son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre un monde insoupçonné, délicieusement excentrique ; celui d'un club de lecture au nom étrange inventé pour tromper l'occupant allemand : le «Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates». De lettre en lettre, Juliet découvre l'histoire d'une petite communauté débordante de charme, d'humour, d'humanité. Et puis vient le jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey ...

Fantasque, drôle, tendre et incroyablement attachant...

Bienvenue dans Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates !

Encore un cadeau de mon amie PFCK/Cavalier, encore un merveilleux moment de lecture !
Ce livre est un roman épistolaire absolument délicieux. On devrait le déguster et on ne peut s'empêcher de le dévorer plutôt que de le lire posément.
On plonge avec bonheur dans les destins croisés de Juliet, le personnage principal et de ses nouveaux amis insulaires de Guernesey. En toile de fond, la guerre ou plutôt l'occupation allemande de l'île. En vedette les habitants de Guernesey, personnages simples mais terriblement attachants et formidablement vivants. On se régale des anecdotes, histoires et récits qui parsèment les lettres des différents protagonistes. De la tendre évocation de « l'avant-guerre » au terrible destin d'Elizabeth, on devient les témoins de la vie de toute une communauté. Des histoires simples donc qui vont du burlesque au pathétique mais qui ne sombrent jamais dans le manichéisme. De l'antipathique prétendant de Juliet, Markham Reynolds au discret et timide Dawsey Adams en passant par la pétillante Isola Pribby, c'est tout une galerie de personnages hauts en couleurs qui nous est offerte avec ce livre.
Oscar Wilde vient même ajouter une pointe de mystère (cocasse) dans ces correspondances croisées.
LE CERCLE LITTÉRAIRE DES AMATEURS DE PATATES est un bouquin qui allie avec bonheur l'humour et l'émotion et qui, avec intelligence, nous transporte, le temps de près de quatre cents pages dans un petit monde extraordinairement attachant. Jamais mièvre, ce livre est pourtant écrit tout en délicatesse.
Il FAUT lire ce livre ! :boing:
Encore merci Frédérique.
:etreinte: :coucou:


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jeudi 7 mai 2009

Hostel - Chapitre 2.

Alors qu'elles sont en vacances en Europe, trois étudiantes rencontrent la superbe jeune femme qui leur sert de modèle pour leur cours de dessin. Celle-ci leur propose de l'accompagner pour un week-end-end dans un établissement de cure où elles pourront se reposer et s'amuser. Attirées par son offre, les trois jeunes femmes la suivent et tombent dans son piège. Livrées à de riches clients associant l'horreur au plaisir, elles vont vivre un cauchemar absolu...

Au premier abord, HOSTEL- CHAPITRE 2 ressemble comme un frère au premier film de la série. Ici, les garçons sont simplement remplacés par des filles. Aussi connes que leurs homologues masculins du premier film, elles décident de suivre une quasi inconnue dans un ex pays d'Europe de l'Est qu'elles ne connaissent pas. Terrible erreur !
Mais on est vite frappée par une différence. L'esthétisme, déjà assez soigné du premier opus est ici encore plus développé. L'image et les décors sont superbes. Pour l'amateur qui a déjà vu HOSTEL, il n'y a donc aucune surprise. Même l'énigmatique bande de gamins voleurs et tueurs est ici encore une fois présente. Mais les dialogues sont moins niais, les personnages plus fouillés et ce film d'épouvante est nettement plus aboutit que le premier. Le décalage entre les scènes de fête (avec une superbe musique folklorique) et celles de l'usine à tortures est saisissant.
Quelques clins d'œil au premier HOSTEL sont les bienvenus.
Quand aux parties « gore », peu nombreuses, elles sont à la fois dantesques, gothiques parfois et les tortures sont presque insupportables. Le film ménage quelques surprises et la fin laisse envisager un troisième opus.
HOSTEL-CHAPITRE 2 est un film qui va au-delà du simple film d'horreur sadique. Il est certes glauque, gore, sanglant mais il se démarque des autres du même genre par son intelligence et le soin apporté à sa réalisation. Les scènes violentes, toujours très traumatisantes, ne sont jamais gratuites et je me demande si il ne serait pas judicieux de conseiller de voir ce film avant le précédent. C'est en tout cas une véritable réussite, un film éprouvant, très dur mais très esthétique et psychologiquement parfait.
:diable2: Comme le premier, il est fortement conseillé aux âmes sensibles de s'abstenir de visionner ce DVD. :diable2:



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lundi 4 mai 2009

Brussolo, Serge : Mange -Monde (Folio SF)

Un jour Mange-Monde sortit de la mer. Mange-Monde, l'ogre qui dévorait un pays entier à chaque repas et dont la légende allait terrifier des millions d'enfants... Toutes les cartes, tous les relevés géographiques n'avaient plus aucun sens...
Alors il fallut retailler la Terre, donner un nouveau visage à cette planète défigurée par une guerre dévastatrice. Alors sonna l'heure des sculpteurs de continents, ces chirurgiens esthétiques sillonnant des océans sur des vaisseaux bourrés de dynamite. L'un d'entre eux, dans le compte à rebours d'une mémoire en train de s'effacer, nous livre les souvenirs d'un monde qui a fini par s'autodévorer...

Quel bon Brussolo que celui-ci ! :top:
Dire que ce bouquin était dans ma PAL (Pile à lire) depuis plus de quatre ans !
Avec MANGE-MONDE, l'écrivain témoigne de son habituel créativité. Il imagine une histoire totalement déjantée mais arrive, c'est assez rare, à dompter son délire pour nous offrir un récit cohérent qui déroule son intrigue jusqu'au final en évitant les digressions dont il est habituellement un peu trop prolixe.
Bref, avec ce livre, Serge Brussolo fait preuve d'une rigueur peu commune dans son œuvre tout en écrivant un roman bien extravagant pour notre plus grand plaisir. Et pour ce bouquin, l'écrivain montre même une certaine retenue (si si) dans ses trouvailles bizarres et surréalistes.
Rassurez-vous, la démesure et l'étrange sont bien au rendez-vous. D'un océan assez épais pour que l'on puisse marcher sur sa surface à l'artiste de la dynamite qui sculpte des îles en forme de France, les fans de Brussolo ne seront vraiment pas dépaysés
Mais encore un fois, quelle imagination !
Un roman dont je conseille la lecture à tous ceux qui n'ont pas peur de laisser de côté pour un moment leur esprit cartésien pour plonger dans un univers baroque et fou.
:fou:


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