jeudi 28 janvier 2010

Bouissoux, Julien : Chute du sac en plastique (La). (Pocket)

Du temps plein les poches et l'inspiration en berne, Tristan Poque, jeune auteur de La Pulpe, regarde sa vie s'effriter le sourire aux lèvres. Armé d'une douce folie et d'un solide sens de la dérision, il promène son regard désœuvré sur la ville, les gens, le vaste monde et l'immeuble d'en face. Mais à mesure que l'été s'installe, Sophie s'éloigne, Paris se vide et son compte en banque aussi. Alors pour combler son estomac, Tristan se jette à l'eau. D'obscurs trafics de paillassons en subites passions pour l'ethnologie ou la botanique, de jobs improbables en aventures féminines incertaines, la vie de Tristan Poque épouse la trajectoire aléatoire, douce et légère, d'un sac en plastique qu'on aurait lâché dans le vide, du haut du sixième étage, un soir d'automne.

voilà le type même de petit bouquin très plaisant qui fait passer une ou deux bonnes soirées. C'est à la fois drôle, intelligent et facile à lire. Peut-être trop facile d'ailleurs. Les tribulations de Tristan sont certes plaisantes et donnent une image assez féroce de notre monde mais il faut bien avouer que tout cela est un peu prévisible et assez vain. Introspection et humour désespéré, c'est bien la recette du roman français de base. Il ne faut pas se priver d'un tel bouquin, très bien écrit et vraiment divertissant tout en offrant une assez fine observation de la société qui nous entoure.
Alors LA CHUTE DU SAC EN PLASTIQUE est un bon bouquin que je recommande sans restriction tout en pensant qu'il ne restera peut-être pas longtemps dans ma mémoire. Un livre sympathique et divertissant mais pas forcément très original.


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lundi 25 janvier 2010

Dardaunet, François : Retour du Taxidermiste (Le)

Les 5 Fous ont déserté la nouvelle bibliothèque du cinquième arrondissement parisien pour l'église Saint-Sulpice. Leur but est simple quoique dément : ils veulent ressusciter Jacques Marioton alias le Taxidermiste, celui que les journalistes surnommaient "l'empailleur de ces dames".
Dans l'ombre du Quartier Latin, Albert Cziffram, l'illuminé prof de maths à tête de boxeur chauve, veille sur LE RETOUR DU TAXIDERMISTE!

Prix Virtuel (Ex Prix Rompol) du roman policier 2008.

Décidément, quand je dis que Rivière Blanche recèle des trésors, je n'exagère pas. Ce livre au titre bizarre contient en fait deux romans. LE TAXIDERMISTE écrit par Dardaunel en collaboration avec Daurel publié à l'origine en 1985 et sa suite LE CLUB DES CINQ FOUS du seul Dardaunel. Planqué vicieusement dans une collection de science-fiction, LE RETOUR DU TAXIDERMISTE est un diptyque que l'on pourrait qualifier de « policier déjanté ».
Le premier roman est en effet un polar étrange et glauque. Nous assistons à la singulière et sanglante folie d'un cinglé qui empaille ses victimes ou se livre sur elles à d'incroyables expériences. Assisté d'un groupe de psychopathes, il va semer la terreur dans un Paris automnale d'une tristesse à mourir.
La chasse de l' ancien flic solitaire et caractériel, Charles Jabert, prêt à tout pour se venger de l'empailleur qui a tué sa maîtresse Hélène peut commencer...
Chaque chapitre est consacré au point de vue d'un personnage. Du commissaire Darland à l'humeur perpétuellement morose au Taxidermiste lui-même en passant par l'ancien flic (révoqué pour bavure mortelle). Chaque partie est une petite perle monstrueuse dans ce roman où aucun protagoniste ne semble vraiment " normal ", ou l'humanité serait comme reflétée par un miroir déformant.
Ce roman se dévore littéralement et l'on arrive au mot FIN (?) totalement troublé ainsi qu'admiratif par la maîtrise de la narration et de l'originalité du récit.
C'est donc en m'attendant à une suite du même tonneau que j'attaquais immédiatement le second roman du livre. (Deux pour le prix d'un donc, je le rappelle). Et là, surprise, LE CLUB DES CINQ FOUS plonge littéralement dans la folie grotesque et effroyable et rejoint, par sa démesure, le fantastique d'un Tardi qui aurait délaissé quelque temps la BD pour le polar.
Des crimes démentiels, un nouvel enquêteur aussi antipathique que le premier, des fous encore plus fous qui essayent de faire revenir le Taxidermiste de l'au-delà (il s'est suicidé avec des calmants homéopathiques) le Club des 5 Fous (qui sont six) prend le nouveau nom de l'association Triste Planète. Ici la verve gaillarde et ironique à la San Antonio fait des ravages , l'humour déjà très noir du premier opus vire au sacrilège et je me suis régalé aux trouvailles de l'auteur qui semble avec ce livre être comme contaminé par les personnages qu'il a créés et n'épargne aucun détails macabres au lecteur. François Dardaunet ne fait pas dans la dentelle mais possède le don de faire rire tout en glaçant son lecteur. Je vous jure que ce roman ne se lit pas, il se dévore !
LE RETOUR DU TAXIDERMISTE est donc un livre à deux facettes, l'une et l'autre passionnantes et formidablement écrites. Deux romans essentiels qui forment un tout finalement pas si déplacé que cela chez Rivière Blanche
N'attendez pas, commandez immédiatement ce bouquin sinon....

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jeudi 21 janvier 2010

Mondolini, Jacques : Je suis une herbe. (J'ai Lu)

L'hexagone en 1989...
Quand on a trente-huit ans et qu'on est depuis pas mal de temps journaliste à la T.V. nationale, ballotté de pressions en disgrâces, on se sent blasé, fourbu même. Du moins, c'est le cas de Bernard Oziard...
...quand deux faits divers le réveillent soudain, le passionnent. En Provence, un avion largueur d'insecticides, fongicides et autres sulfures s'écrase au sol et, non loin de là, un incendie ravage Fos-Chimie. Le pilote n'est que blessé mais le gardien de l'usine a été étranglé. Bizarre, si bizarre qu'Oziard a envie d'y aller voir.
Ce qu'il découvre sur le terrain est incroyable, terrifiant, grandiose aussi en un sens. Il faut que les gens sachent !
Seulement, à la T.V., on aimerait bien qu'Oziard se taise et garde pour lui son histoire de chardons...

En lisant le texte de présentation de ce roman au titre prometteur, on pense immédiatement aux classiques de la science fiction « catastrophe ». Je me suis donc plongé dans ce livre avec avidité en attendant une belle histoire à la Edmund Cooper, à la John Wyndham ou à la Ballard. Mais c'est presque immédiatement une grosse déception qui attend le lecteur. D'abord l'action se traîne lamentablement pendant la majeure partie du bouquin. Ensuite les situations sont caricaturales et peu crédibles (c'est le moins que l'on puisse dire) mais surtout l'écriture est vieillotte et même ennuyeuse. Ce livre édité en 1982 décrit un futur proche puisque l'action est sensée se dérouler en 1989. Et bien l'auteur réussi à le rendre totalement invraisemblable ! Vers le dernier tiers du bouquin les choses bougent un peu tout en restant improbables voire extravagantes. Une curieuse (mais bien sage) histoire d'inceste pimente un peu la narration par ailleurs bien plate.
Le dénouement par contre est plus original tout en versant dans le grotesque (quand un chien appelle à la résistance par exemple).
Je n'ai pas aimé du tout ce roman, trop long, mal foutu, mal écrit et qui, alors que l'idée de fin devient alléchante, sombre dans le saugrenu et le ridicule.
Une lecture à oublier très vite.


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lundi 18 janvier 2010

Le Roux-Iraci, Nadia : Mauvais Jeux



JOUR DE SOIR
Je te médaille d'honneur
J'épingle cœur au cœur
J'écris en vers et contre toi
Des fois
Je me résigne aux sillons
Mon sang impur
Ton sexe dure
Toujours
Mon silence
Mon amour
J'offre mille fois mes mois pour un
dernier regard
Désarme cet émoi
Qui s'abreuve de toi
Allons !

Nadia écrit. Chose banale. Griffonner le papier est pratique aisée. Mais le cas de Nadia est intéressant: elle écrit bien, c'est plus rare et même très bien, ce qui est inédit. J'ai l'impression en la lisant de découvrir ce qu'on appelle chez nous un auteur: une personne qui a un langage propre et ne plagie pas, une sensibilité qui fait des mots ces assemblages qui portent l'émotion, la vraie mais aussi ce rythme indispensable à la véritable poésie...
Philippe Deleval (poète)

Le texte « Scène et Marbre » inclus dans ce recueil a reçu le Grand Prix de poésie libre du XIII concours international de poésie de langue française POESIE SUR SEINE.>br/>
Mauvais jeux est un recueil de textes courts, des souvenirs en vrac qui se posent sur un coin de mémoire.
Mauvais jeux traverse sa route solitaire jusqu’à son but ; le souvenir.
Comme dans les yeux des clochards on y lit ce qu’ils furent avant de ne plus être, ce qu’ils savaient avant d’oublier, on y brasse des sentiments, quelques témoignages d’autres temps, quelques signes d’impudeur que seule la sagesse permet.
A la différence des ouvrages précédents ce recueil est beaucoup plus "engagé".

Merci Nad. :etreinte:

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jeudi 14 janvier 2010

Vailland, Roger : 325 000 Francs

Parce qu’il veut « vivre aujourd’hui », Bernard Busard, un garçon de vingt-deux ans, est poussé à se battre : la course cycliste, la conquête d’une jeune femme, l’épreuve de force avec une machine. Cet employé d’une usine de jouets jurassienne choisit de fabriquer sans discontinuité, pendant six mois, des carrosses-corbillards en matière plastique. La presse à injecter, avec laquelle il lutte, doit d’abord lui permettre d’acheter et la liberté (un snack-bar, au bord d’une route nationale) et l’amour (Marie-Jeanne Lemercier, « lingère trop bien poncée »).
Il les lui faut, ces 325 000 francs qui l’imposeront... Mais sera-t-il assez fort pour suivre jusqu’au bout l’engrenage mécanique dont l’obsédante cadence rythme ses jours et ses nuits ?

Écrit pendant la période communisante de Roger Vailland, 325 000 francs, paru chez Buchet-Chastel en 1955, est un roman sur le monde ouvrier d’un écrivain au sommet de sa forme. En prise directe sur la vie, aussi sec et rapide qu’un récit d’Hemingway, 325 000 francs possède une véritable force de frappe - dûe à une maîtrise et une sobriété qui en imposent.

Ce livre est un témoignage formidable sur le monde ouvrier des années cinquante doublé d'une histoire humaine passionnante. Mais surtout il sonne « vrai » et l'on pourrait presque croire à un documentaire. De plus l'auteur a l'intelligence de ne pas décrire des personnages stéréotypés (méchant patron et gentil ouvrier) et ce roman-témoignage n'est en aucun cas manichéen.
Dès le début on sent que Bernard Busard court à la catastrophe, que son amour est unilatéral, que son but est trop ambitieux et que son courage sera vain. Le récit de la course cycliste du début du roman résume en l'imageant tout le livre.
Mais quelle belle écriture, quel style vif et rapide, quelle histoire ! On se régale en lisant 325 000 FRANCS, roman qui raconte bien le quotidien de l'ouvrier de la moitié du XX° siècle et qui montre la vanité de vouloir sortir de sa condition seul, sans l'aide des autres. Il dépeint aussi parfaitement les mécanismes qui obligent les salaires de rester en dessous du seuil qui permettrait au prolétaire de s'émanciper de la tutelle patronale.
Une histoire édifiante et passionnante. Un livre à lire absolument..



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lundi 11 janvier 2010

Ketchum, Jack : Fils unique. (Bragelonne "L'Ombre")

Lydia Danse croit avoir enfin trouvé le bonheur du foyer. Son mari semble le meilleur des hommes. Leur jeune fils est merveilleux. Pourtant le Mal se cache sous son propre toit. Les années passant, la façade s'effrite, et son mari, sûr de sa toute-puissance, resserre son emprise sur sa famille. Tous les moyens de coercition sont bons, pourvu qu'ils lui procurent l'ivresse du pouvoir.
Prête à tous les sacrifices et à se mettre elle-même en danger, Lydia fera tout son possible pour tirer son fils de ses griffes. Mais Arthur Danse n'est pas homme à renoncer à ce qui lui appartient. Ce qu'il prend par la force, il s'y accroche et ne le lâche pas...
Voici la lutte désespérée d'une femme démunie, épouvantée par la souffrance de son fils, terrorisée par un mari violent, mais qui trouvera la force de s'opposer à lui, alors que toutes les armes finissent par se retourner contre elle.
Sans voyeurisme ni complaisance, Jack Ketchum ne nous épargne rien. Il nous tient, haletants et bouleversés, jusqu'au dénouement du drame.

Ce livre est le deuxième de Jack Ketchum que je lis. Avec MORTE SAISON j'avais été séduit par l'écriture mais resté dubitatif au sujet du réel intérêt de l'histoire et de son déroulement.
Ce roman toujours tiré d'une « histoire vraie » est très différent de MORTE SAISON . Ici l écrivain est plus réservé et moins explicite dans les descriptions des sévices que ce père inflige à son fils. Ce qui n'empêche pas ce livre d'être souvent glaçant. On assiste au combat d'une mère pour arracher son fils aux griffes de son mari, prédateur sexuel. Parallèlement le doute s'installe. Et si cet homme était EN PLUS un impitoyable tueur en série ?
Le roman est passionnant, assez dur mais comme l'affirme le texte de présentation, sans voyeurisme excessif et l'on est tout de suite en empathie avec Lydia qui non contente de se battre contre son mari, doit aussi se bagarrer contre une justice aveugle.
Je ne dévoilerai pas la fin, totalement inattendue mais par contre je suis plus que perplexe devant une postface qui nous affirme que ce récit est peut-être vrai mais que l'auteur n'en est pas vraiment persuadé et que de toutes façons, ce livre n'est qu'une adaptation. C'est il me semble une façon assez peu honnête de présenter les faits.
Reste que ce livre est, soit un témoignage, qui donne une image de la justice américaine qui fait froid dans le dos, soit un thriller captivant. Il est très bien écrit et on le dévore tout en regrettant cette postface qui laisse le lecteur dans l'expectative.
Il ne me reste qu'à lire un troisième livre de l'auteur décidément déconcertant pour essayer de me faire une opinion de cet écrivain.



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jeudi 7 janvier 2010

Oates, Joyce, Carol : Fille noire, fille blanche (Philippe Rey)

Elles se rencontrent au cœur des années soixante-dix, camarades de chambre dans un collège prestigieux où elles entament leur cursus universitaire. Genna Meade, descendante du fondateur du collège, est la fille d'un couple très " radical chic ", riche, vaguement hippie, opposant à la guerre du Vietnam et résolument à la marge. Minette Swift, fille de pasteur, est une boursière afro-américaine venue d'une école communale de Washington.
Nourrie de platitudes libérales, refusant l'idée même du privilège et rongée de culpabilité, Genna essaye sans relâche de se faire pardonner son éducation élitiste et se donne pour devoir de protéger Minette du harassement sournois des autres étudiantes. En sa compagne elle voit moins la personne que la figure symbolique d'une fille noire issue d'un milieu modeste et affrontant l'oppression. Et ce, malgré l'attitude singulièrement déplaisante d'une Minette impérieuse, sarcastique et animée d'un certain fanatisme religieux. La seule religion de Genna, c'est la piété bien intentionnée et, au bout du compte inefficace, des radicaux de l'époque. Ce qui la rend aveugle à la réalité jusqu'à la tragédie finale. Une tragédie que quinze ans - et des vies détruites - plus tard, elle tente de s'expliquer, offrant ainsi une peinture intime et douloureuse des tensions raciales de l'Amérique.

Membre de l'Académie américaine des Arts et des Lettres, professeur de littérature à Princeton, titulaire de multiples récompenses littéraires (dont le prix Femina étranger en 2005), Joyce Carol Oates occupe depuis longtemps une place au premier rang des écrivains contemporains.

Après DÉLICIEUSES POURRITURES , c'est seulement le deuxième roman que je lis de Joyce Carol Oates. Mais ce n'est sûrement pas le dernier. Ce livre est une merveille d'intelligence littéraire. Le genre de roman dont on se souvient longtemps. En se déroulant, le récit nous dévoile petit à petit les problèmes spécifiques de l'Amérique des années soixante dix. Le Viet-Nam bien sûr mais aussi la question raciale qui rend schizophrène une bonne partie de la population, le désenchantement de l'après culture hippie mais aussi les contradictions des adultes comme des adolescents confrontés aux contradictions de l'éducation conventionnelle face aux nouvelles formes de pensées moderne.
On assiste à travers l'histoire de Genna ,toute pétrie de culpabilité et de la descente en enfer de Minette, jeune noire terriblement antipathique, aux rapports malsains avec la religion, à tout un concentré des contradictions et des tensions américaines de ces années là.
Dans ce roman, tous les protagonistes sont pour le moins perturbés et pour certains s'effondrent même dans un état proche de la folie.
La plume de Joyce Carol Oates est d'une finesse rare mais aussi d'une férocité peu commune et l'écriture très littéraire est un régal. FILLE NOIRE, FILLE BLANCHE est plus qu'un beau et terrible roman. C'est un récit d'une profondeur étonnante. L'histoire, passionnante, est aussi un prétexte à des descriptions psychologiques tout à fait déconcertantes.
Ce livre, le dernier de cette écrivain est tout simplement éblouissant. Il procure une lecture d'une qualité exceptionnelle et j'espère bien, avec ce petit billet, vous donner l'envie de le lire à votre tour.


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lundi 4 janvier 2010

Thilliez, Franck : Forêt des ombres (La). (Pocket)

Paris, hiver 2006. Arthur Doffre, milliardaire énigmatique, est sur le point de réaliser un rêve vieux de vingt-cinq ans : ressusciter un tueur en série, le Bourreau 125, dans un livre. Un thriller que David Miller, embaumeur de profession et auteur d'un premier roman remarqué, a un mois pour écrire contre une forte somme d'argent. Reclus dans un chalet en pleine Forêt-Noire, accompagné de sa femme et de sa fille, de Doffre et de sa jeune compagne, David se met aussitôt au travail. Mais il est des fantômes que l'on ne doit pas rappeler, et la psychose saisit un à un tous les occupants de la ténébreuse demeure cernée par la neige...

LA FORÊT DES OMBRES est le quatrième roman de Franck Thilliez que je lis. Dès le début, on plonge dans l'ambiance lourde habituelle de l'auteur mais très vite, le récit se mue en huis clos oppressant. C'est d'ailleurs une erreur à mon avis tellement l'écrivain excelle d'habitude dans les descriptions de décors très glauques comme des usines désertées, péniches rouillées et maisons abandonnées.
Ici c'est un magnifique chalet isolé qui sert de décor, ce qui réduit considérablement les effets visuels qui donnaient un cachet inimitable aux livres de Franck Thilliez. Mais rassurez-vous, l'histoire est très prenante, passionnante même et l'intérêt du roman tient autant au suspense permanent qu'aux caractères ambigus de tous les protagonistes du roman. Certes le dénouement est assez vite prévisible mais les rebondissements sont assez fréquents et la montée régulière de la peur maintiennent l'attention du lecteur.
Certains trouveront peut-être certaines situations invraisemblables et quelques dialogues caricaturaux mais franchement LA FORÊT DES OMBRES reste malgré ces quelques défauts un thriller passionnant avec la « touche » Thilliez qui consiste à faire monter l'angoisse avant de la transformer en terreur pure.
Ce huis clos au rythme infernal entraîne son lecteur dans un univers où la démence et la perversion atteignent des sommets.
Du même écrivain j'ai certes préféré DEUILS DE MIEL mais cela ne m'a pas empêché de prendre un grand plaisir à la lecture de ce roman.
Et il me reste encore deux Thilliez dans ma Pile à lire
:yes: :D


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